Inside the Hive Mind

 

Je me souviens encore d’un temps où lorsque où les idées cheminaient longtemps en moi. J’en écrivais parfois quelque chose sur du papier ou avec un ordinateur, mais c’était uniquement à mon usage personnel. Aujourd’hui, avec le web, et surtout avec le Web 2.0 et les services de micro-blogging à la Twitter, les choses ont totalement changé. J’ai tendance à distribuer l’idée sur les réseaux à partir du moment ou une formulation suffisamment claire s’est fait en moi. Parfois, c’est même à l’occasion du partage que la formulation se précise.

Nos économies psychiques auraient-elles tendance à aller dans le sens d’une économie distribuée ? Vont-elles fonctionner comme des réseaux distribués dans lesquels les ressources ne sont pas centralisées.

Si cela devait être le cas, ce serait alors un grand changement car il touche à la manière dont nous pensons

Une grande partie de notre fonctionnement psychique repose sur le fait que nous avons établi des frontières claires et définitives entre nous et les autres. Ce que nous vivons dans l’enclos de nos pensées, nous seuls le savons, et nous le savons de façon certaine. .

En confiant à d’autres une pensée aussitôt que nous l’avons pensée, nous nous privons du moyen de la digérer à l’intérieur de notre appareil psychique. Les choses se passent comme si nous avions construit un rapport phobique à nos propres pensées. Penser, et penser longuement est devenu dangereux, et il nous faut donc nous débarrasser de nos objets psychiques au fur et à mesure de leur apparition. Qu’une émotion soit ressentie devant une émission de télévision et elle se retrouve  Gomiso. Quelque chose est pensé à propos de son vis à vis dans le métro ? Cela sera dit sur Twitter.

La version optimiste est d’en appeler à l’esprit de ruche ou à l’intelligence collective. Collectivement, nous élaborerions alors … mais quoi ? Le seul exemple que l’on ait pu trouvé à cette intelligence collective est Wikipédia. Mais Wikipédia ne produit pas du savoir : il le collecte et à cela, effectivement, le collectif est efficace. Mais cela n’est fait pas une intelligence.

Par ailleurs, les représentations qui courent sous cette intelligence collective sont bien trop proches de fantasmes pour que je leur porte un crédit autre que celui d’une  d’une représentation fantasmée : celui d’un  .essaim dans lequel les individualités disparaissent au profit de la toute puissance et de l’immortalité. Ce que les individus perdent au niveau du narcissisme, ils le récupère dans les idéalisations grandioses que procurent l’ensemble.

Ensuite parce que tous les groupes que j’ai vu fonctionner en ligne ont été bien plus habiles à mettre en jeu leur malveillance que leur intelligence. Il semble que le cyberespace ait la propriété de solliciter ce que nous avons, individuellement et collectivement, de plus malicieux. Si cela ouvre parfois sur quelques trouvailles, la malice est banalement du coté de la destructivité.

Enfin, parce que la distribution porte rarement des fruits. Ce qui n’a pas été maturé dans un appareil psychique ne le sera pas par n appareils psychiques. Les autres aussi sont tout autant affairés à expulser leurs idées, et sont sollicitées par beaucoup trop de sources d’excitation pour pourvoir se payer le luxe de réfléchir longuement à une situation.

Cette économie psychique distribuée  fonctionne sur des principes très archaïques.

1. L’incapacité à penser longuement une idée et le fait de la confier à d’autres comme on jette une bouteille à la mer fait penser à la situation du nourrisson qui attend que sa mère lui interprète ses états psychiques. C’est cette interprétation qui le sort d’états de confusion et d’angoisse . Mais le réseau n’est pas une mère. Les retours sont rares. Les objets qui ont été expulsé restent tels quels.

2. Les mécanismes de dépôt est aussi une indice d’un fonctionnement archaïque. Il ne s’agit pas seulement d’un espace de dépôt comme quand on gribouille sur une feuille de papier pendant une activité ennuyeuse. L’espace Internet est utilisé comme dépôt, mais aussi les autres êtres humains qui s’y trouvent. Le mécanisme psychologique en jeu est l’identification projective, c’est à dire l’utilisation d’espaces psychiques de l’autre à ses propres fins.

 

Il ne s’agit pas de renoncer à l’usage des réseaux sociaux mais simplement de rappeler que les anciennes façons de penser ont leur richesses. Ils serait dangereux de les abandonner avant d’avoir pu clairement évalué les avantages et les inconvénients des nouvelles façons de penser frayés par le réseau.

 

Crédit photo : Inside the Hive Mind par mumchancegaloot

Vivons nous dans une économie psychique distribuée ?
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20 pesnées sur “Vivons nous dans une économie psychique distribuée ?

  • 16 août 2010 à 1:39
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    Pour ma part, j’avais tendance à parler ouvertement et à dire directement ce que je pensais lors de mes premiers pas sur internet (vers 96, mais en fait plus tard le temps que je trouve des communautés avec qui parler et sur lesquels je me sois plus ou moins intégré, on va dire vers 99) ; le fameux effet “je suis protégé par un écran” (ce qui m’empêchais pas d’être courtois, etc…).
    Puis, parmi les retours des autres personnes des communautés en question, on m’a fait la remarque “tu réfléchis des fois avant de poster?”. Aussi, la plupart des communautés sont hyper modérées, surtout pour ce qui est des forums sur des jeux vidéo ou de la culture qui touche aux jeunes. Maintenant un post doit être à sa place et être utile. Cette tendance va se renforcer au vu du souhait du gouvernement qu’on ne puisse plus dire n’importe quoi sur internet.
    Ainsi au fil du temps, j’ai appris à la fermer et poster uniquement si j’avais vraiment bien réfléchis avant. Sur certains forums je ne suis plus qu’un “Lurker” si on reprend ta catégorisation (ce qui est franchement malsain je trouve).

    Pour ce qui est des réseaux sociaux, je n’ai que facebook, mon degré de liberté s’est réduit à partir du moment où j’ai eu en amis des gens que je connaissais en vrai (collègues de bureau), et encore plus que j’ai eu des gens de ma famille.

  • 16 août 2010 à 8:59
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    Intéressant.
    Pourquoi a-t-on si peur d’une réflexion approfondie?
    Une question à considérer, n’est-ce pas. Mais, …Plus tard, peut-être.

    Quoiqu’il en soit, chacune de ces (micro)-contributions sont donc déposées dans le panier commun (panier percé?) du réseau social.

    Plutôt que d’y déposer “la perle”, résultat de la fermentation puis distillation, d’une réflexion, on y dépose le produit brut.
    Peut-on compter sur notre réseau social pour aider à la fermentation? Difficile.

    Au mieux, sera-t-elle “travaillée de manière “rudimentaire”, comme une patate chaude passant de main influente en main influencée.
    Cette activité a plus de chance de se produire lors d’un “clavardage” (sur ce réseau social d’idées (cela marche moins sur les sites de rencontres, je crois).
    Conclusion : Conversons plus!

    Une idée, aussi rustique, immédiate, incomplète soit-elle, est l’étincelle d’une conversation qui ne demande qu’à allumer les braises des alambics mentaux de ceux et celles qui participent “en direct” à cette conversation, et à ceux qui, par hasard, recréeraient a posteriori cette conversation (quand les interfaces d’accès à ces réseaux sociaux permettent aisément cette reconstruction… Commentaires imbriqués, bonjour! reply to twit id, merci!).

    Bref, si l’on veut que nos pensées se construisent via ces réseaux sociaux “ruches”, il faut créer de l’interaction, il faut “frotter les cervelles”.
    Ces réseaux sociaux sont des pierre de silex, l’étincelle est là, présente à chaque instant. Elle ne demande que la brindille de paille d’une réponse, d’une réaction pour que naisse la conversation.
    Avec la conversation, la réflexion est partagée.
    Donc, recréons ce type de conversation!..

    Recréons la conversation philosophique de comptoir de la vie réelle au travers de ces réseaux sociaux!

    Et peut-être alors que ces pensées brutes, exprimées “telles que”, donneront lieux à un vrai “miel” de Savoir?…

  • 26 août 2010 à 18:26
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    Cette réflexion est très intéressante. Elle pose la question de l’incorporation d’un nouvel outil de communication et des conséquences qu’elle peut avoir sur notre façon de penser. cette question s’est déjà posée lors de la diffusion de l’écriture, qui tranchait avec la tradition orale présente jusqu’alors.
    il y a quelque chose à relever de la temporalité, dans le “jeté immédiatement”, avant toute élaboration plus avancée. où est la maturation, le temps de l’insight?
    Wikipédia collecte du savoir, mais c’est différent de la connaissance qui lui implique une ingestion, une digestion, une appropriation, un échange co-construit.
    L’échange…

  • 9 septembre 2010 à 14:48
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    Bonjour,
    Belle réflexion même si je ne souscris pas à tout ;)

    D’abord, ce que je trouve remarquable dans cet article :un des rares (que j’aie lu) qui pose la question des bouleversations psychologiques induites par la sur-socialisation permanente.

    Ensuite cette idée tout à fait intéressante du rejet phobique des émotions, comme une externalisation du problème sur le groupe. Je trouve cela cohérent avec mon idée d’une matrice rassurante, qui correspond d’ailleurs avec l’image que vous employez du nourrisson vis à vis de sa mère.

    S’agissant de mes objections cependant, vous dites : “Une grande partie de notre fonctionnement psychique repose sur le fait que nous avons établi des frontières claires et définitives entre nous et les autres. Ce que nous vivons dans l’enclos de nos pensées, nous seuls le savons, et nous le savons de façon certaine.”

    Je ne partage pas ce point de vue : notre fonctionnement psychique tient compte de manière permanente de la réceptivité de notre comportements, nos opinions, nos décisions par autrui. Notre pensée n’est pas dissociable des autres, elle est co-construite, avec ou sans les médias sociaux. Et cet apprentissage psycho-social commence avec la mère qui rétribue ou sanctionne les comportements de l’enfant, comme vous le souloignez fort justement.

    Ensuite je distinguerais les messages suivant leur nature : comme dirait le linguiste Jacobson, il y a la relation et le contenu. Les réseaux socaiux fonctionennt surtout sur le second : la communication pour le renforcement symbolique du lien affectif, par pour le contenu de ce qui est dit. C’est le verbiage “inutile” entre ados au téléphone qui agace tellement les parents. Le propos n’est pas important, c’est le lien qui compte.

    Enfin je doiis avouer n’avoir pas tout compris à votre propos :)en particulier ces deux p)assages :

    “une représentation fantasmée […] d’un essaim dans lequel les individualités disparaissent au profit de la toute puissance et de l’immortalité. Ce que les individus perdent au niveau du narcissisme, ils le récupère dans les idéalisations grandioses que procurent l’ensemble.”

    et

    ” Le mécanisme psychologique en jeu est l’identification projective, c’est à dire l’utilisation d’espaces psychiques de l’autre à ses propres fins.”

    Vous pouvez développer ?

    Cordialement

    Cyceron

  • 9 septembre 2010 à 16:22
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    @Cyrille
    Effectivement, à chaque fois que l’on utilise le mot “certain” s’agissant de psychologie, on est certain de se tromper
    Oui, nos pensées ne sont pas seulement encloses dans nos pensées. Nous avons déjà les délires qui nous l’apprennent. Et nous avons aussi la vie de tous les jours : comme vous le dites, notre vie psychique est tissée par et dans la vie psychique des autres. Nous en avons une image avec la figure du porte-parole dans le groupe par exemple : quelqu’un dit, manifeste, éprouve pour plus d’un autre

    J’ai été si radical parce que 1. c’est un penchant que je n’arrive pas toujours à freiner ; 2. j’ai voulu montrer les choses sous un certain angle

    L’intelligence collective est bâtie sur l’image de l’essaim. Le pari est le suivant : chaque personne perd son individualité, chaque personne accepte de se départir de ce qui le distingue des autres, et chaque personne gagne en échange des capacités qu’il n’aurait pas pu avoir seul. Ce que ses yeux ne voient pas, les yeux d’un autre le voient. Ce que ses mains n’atteignent pas, les mains d’un autre peuvent l’atteindre. L’ensemble donne des sensations de puissance extraordinaire

    L’identification projective est un mécanisme psychologique consiste en ceci : s’imaginer pénétrer en totalité ou en partie dans le corps de l’autre pour le contrôler, le détruire, ou voler ses contenus. C’est un mécanisme qui peut être utilisé pour éviter d’éprouver ou de penser quelque chose puisque ce travail est déposé dans le psychisme de l’autre. Mon hypothèse est que cette économie psychique distribuée soit une façon que nous avons d”éviter de penser/d’éprouver puisque les pensées et les émotions sont distribuées dans l’essaim.

  • 9 septembre 2010 à 16:25
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    @Aurélien
    Le “jeté immédiatement” me fait rappeler que c’est avec un affect de plaisir que j’ai pu “jeter” des idées dans la timeline de Twitter, avec en plus le plaisir de la curiosité : qu’est ce que ça va devenir ? Qu’est ce que les autres vont en faire ? Est ce que ca va être retwitté, c’est à dire que quelqu’un aura reconnu que cela a de l’importance, ou est ce que cela sera modifié. Il y a là des strates de fonctionnement différentes
    1. Le jeté comme débarras, avec un affect de soulagement
    2. Le jeté comme partage, avec un affect de plaisir
    3. La reprise par l’autre sans transformation
    4. La reprise par l’autre avec transformation

    On peut faire des combinaisons : 14 et 23 sont très différents.

    Je vais écrire quelque chose !

  • 9 septembre 2010 à 16:27
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    @Zackatoustra Jeter la perle (avec la crainte qu’elle ne soit abîmée) ou le grain sable (avec l’espoir qu’il soit transformé en perle) c’est effectivement toute la question !

  • 9 septembre 2010 à 18:14
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    Pour ma part, dans les réseaux sociaux, on peut y lire effectivement quelque chose de d’éminemment fusionnel, sorte d’écho d’une altérité totale et absolue (prête moi ton bon-sein et je te donnerai l’heure ).
    Selon moi, l’idée (finalement pas si originale) serait qu’au travers de la création collective, l’utopie se réalise et qu’enfin se découvre la “solution une qui vaudrait pour tous”, le modèle ultime qui nous permettrait d’entrevoir le meilleur des mondes possibles.
    Il va s’en dire que se postulat se situe dans le prolongement de l’individu raisonnable, avec tout la cortège de massification qui en découle… (et bien sûr le “point god win” comme substitut de l’angoisse de castration).

    Aussi je crois qu’on a tout bonnement oublié, pour en revenir à un mécanisme biologique de base, qu’un “eco-système” doit sa survie au fait que les uns mangent les autres.

    Enfin, bref pour comprendre les incidences sur le sujet (dans un élan d’euphorie, j’ai presque envie d’évoquer le Parlêtre), il suffirait peut-être simplement d’écouter ce que les anciens maoïstes ont à raconter là-dessus,
    pour découvrir des “fantasmes de communisme primaire” (comme dans avatar à ce qu’il parait).

    En tout cas merci pour cet article… je reviendrai :-)

  • 9 septembre 2010 à 19:00
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    Suite de la conversation,

    Vous dites : “Ce que les individus perdent au niveau du narcissisme, ils le récupèrent dans les idéalisations grandioses que procure l’ensemble”.

    Je pense au contraire que sur les médias sociaux (FB en particulier), ils cultivent plus que jamais leur narcissisme !

    L’intelligence collective, la construction ensemble d’un projet commun, sont des usages très minoritaires du web en général (90% de lecteurs, 5% de commentateurs, 1% de créateurs)

    Les internautes socialisés ne font que se mirer dans l’autre, ils se regardent et mettent en scène leur propre vie pour se valoriser et accroître encore un peu plus leur ego.

    S’il y a un risque psychologique pour moi, il se situe dans la désindividuation progressive au profit du groupe : la neutralisation des opinions contraires, l’anticipation des besoins et des attentes des autres, la conformation de sa pensée, ses goûts, sa vie à la majorité. Effectivement comme dans une ruche, l’individu s’efface, mais pas pour construire ensemble, mais pour flatter son moi profond.

    L’autre n’est qu’un instrument de son propre intérêt, sans doute ce que vous appelez “l’identification projective”

    Je prépare un papier sur ce sujet d’ailleurs :)

  • 9 septembre 2010 à 19:07
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    @cyrille Etre intelligent, cela peut être de choisir de rester silencieux. Si dans une mailing list tout le monde parlait, ce serait impraticable. Les 90/5/1 est une organisation qui est forcée par le dispositif

    Je ne suis pas sur que le narcissisme soit si important que cela sur les réseaux sociaux. Bien sûr, chacun tente de s’y présenter sous son aspect le plus aimable, et il n’y a pas grand chose à dire de cela. Ce qui peut être plus problématique, c’est que des personnes investissent trop dans l’image fragmentée que leur renvoie les réseaux sociaux

    Le risque de la désindividualisation existe ! Vivement votre papier !

  • 9 septembre 2010 à 19:53
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    @YannLeroux vous aurez noté sans nul doute mon erreur arithémtique, la règle est plutôt 90/9/1 pour arriver à 100 :)

    Forcée par le dispositif ? Pas sûr, j’avais les mêmes pourcentages de commentateurs/lecteurs sur les pages web des sites d’info AOL que je manageais…

    Pour ce qui est des créateurs, Youtube constate par exemple que la majorité de ce qui est produit par les utilisateurs est en fait une copie de contenus pro (notamment des extraits tv). Dans le milieu de la prod tv, on parle de “User generated Copy”… Mais je n’ai aps de chiffres.
    Ce que je sais c’est que 90% de ce qui est vu provient de 10% des contenus, très majoritairement professionnel…

    Mais je ne dis pas que les silencieux ou non créateurs sont idiots pour autant !

    Je vais faire presser le pas alors (mais j’ai 3 autres papiers en chantier) !!! :)

    A bientôt !

  • 10 septembre 2010 à 17:49
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    Bonjour Yann,

    je me rends compte (horreur,malor) que mon long commentaire n’est pas passé hier… je v&ais donc le réitérer en plus concis :)

    D’abord tu auras noté mes faibles compétences arithmétiques, le bon rapport semble-t-il est 90/9/1 (pour arriver naturellement à 100)

    Ensuite, je ne suis pas sur que ce soit le système qui organise cette pénurie créative. J’avais les mêmes ratios qd j’étais responsable de l’actu AOL, et il n’y avait qu’une modération a-posteriori et rare.
    90% lecteurs environ, 10% de clics sur sondages et seulement 1% de commentateurs (tjrs les mêmes)

    Ce qui rejoint peu ou prou les chiffres de Rue89 :
    http://www.rue89.com/making-of/2008/07/24/riverains-de-rue89-qui-etes-vous

    Sur Youtube, 80% de l’audience provient de 10% des contenus (essentiellement pro) d’où ce revirement stratégique récent : http://www.abricocotier.fr/4819-youtube-va-mettre-en-avant-le-contenu-pro-au-detriment-de-lugc

    On parle d’ailleurs de User Generated copy pour le reste, sauf exception : enregistrement d’émission tv ou extraits de films, concerts…

    Mais je ne dis aps pour autant que les gens sont idiots !
    Il faut du temps, de l’énergie, des compétences techniques, une confiance en soi suffisants pour franchir le cap de la création et du partage, ce qui reste exceptionnel.

    Les outils ne créent pas nécessairement les usages… c’est une condition nécessaire, mais pas suffisante ;)
    Fichtre, encore un propos à développer pfff

    A bientôt

    Cyrille

  • 11 septembre 2010 à 19:06
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    Ce sujet ayant aiguisé ma curiosité et étant Sans Blog Fixe pour ce genre de note, je me permets d’ajouter mon petit complément de réassurance narcissique ici :

    C’est en fait la prophétie de Wahrol qui se réalise, puisque chacun dispose de ses 15 minutes de gloire mais tout le temps… Finalement, les réseaux sociaux sont une parfaite illustration du mécanisme de la surenchère permanente, qui nous place dans une situation où, selon les mots de Lacan,la jouissance n’est jamais atteinte parce que le désir jamais satisfait.

    Nous nous situons donc dans l’illimité, où autrement dit dans le cadre du contrat selon Jean-Claude Milner, où “tout ce qui n’est pas dit expressément ne vaut pas” mais également un “effort pour donner un statut symbolique au stade du miroir”.

    Les tentatives de relier le sujet au socius sont généralement casse gueule, néanmoins ici se remarque le basculement de la loi qui “suppose le tiers, le grand Autre” vers le contrat (éminemment Anglo-saxon comme modèle soit dit en passant).

    Personnellement j’ai longtemps cru que le net pouvait servir de médiation de ce type, en fonctionnant comme un “contenant de projections signifiantes”, mais avec Twitter par exemple on remarque que ce n’est pas le cas. Il s’agirait plutôt d’une multitude de contrats perpétuellement réécrits. Il manque alors, la constante du “silence de la loi qui la fait fonctionner” pour se retrouver dans quelque chose “d’humanisant”.

    Pourtant l’illusion opère, c’est la phase de projection de bons objets dans le contenant pour les protéger, les mettre à l’écart des mauvais qui restent refoulés… (ex : déferlante de poke, envoi de cocktails, de cadeaux dans facebook, etc.)

    Aussi pour le sujet, il y a ce caractère compulsif et fragmenté, une sorte de réassurance permanente. C’est ce besoin de réassurance qui donne cet effet de sur-valorisation narcissique, une sorte d’exacerbation de l’ego… alors que dans le fond la demande adressée reste sans réponse (encore plus que dans une communication “normale”).

    Compulsif donc usant… absence de réponse donc frustrant… d’où risque de craquage sous forme de déferlante du pathos, libération d’affects, projection des mauvais objets, fantasme de destruction, attaque contre cet grand Autre qui ne répond pas et finalement identification projective sur le petit autre à l’autre bout du tuyau qui plus est fonctionne à l’identique : la pression monte, le débat se transforme en deux monologues distincts fleuris d’insultes avant de bifurquer vers un salutaire nouveau contrat. De tout façon il y en a tant à écrire…

  • 12 septembre 2010 à 11:12
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    @Vincnet_B Brillante démonstration même si je ne suis pas sûr d’avoir tout bien saisi :)

    Je partage totalement votre point de vue sur cette “réassurance”, je prépare un papier plus général sur ce sujet.

    Votre point de vue sur la frustration de l’absence de feedback et la violence qui en découlerait est intéressante. Je la trouve tout à fait crédible. Mais la violence n’a pas besoin de cette frustration suplémentaire pour jaillir. La vie, les difficultés de chacun y suffisent déjà amplement (si j’en crois les commentaires que j’ai modéré des années durant sur les pages actualité d’AOL)

    Je n’ai pas bien saisi la différence que vous faites entre loi et contrat dans les relations Twitter ?

    Très bon dimanche :)

  • 12 septembre 2010 à 11:43
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    L’absence de feedback et la colère que cela peut suscité est documenté en psychologie avec l’expérience du “still face”. Devant un visage impassible, le bébé s’angoisse peu à peu. Ses réactions dépendent alors du type de maternage dont il a bénéficié. Ne pas avoir de feedback en ligne nous confronte cette situation angoissante : un étranger nous regarde, et ne régit pas à nos actions. La tentation est alors de répéter l’action ou d’avoir un acte un peu plus appuyé. C’est là que s’enracinent les “flame wars” à mon avis

    @cyrille : le commentaire était bien passé. Tant mieux, cela nous donne l’occasion d’un second commentaire intéressant :-) (et moi aussi je ne sais pas compter)

    @vincnet_b Je ne suis pas certain pour le coté wahrolien du net. Il faut vraiment beaucoup de travail pour pour recevoir quelques (fragiles) bénéfices narcissique sur le réseau. Et pour peu que vous en ayez quelques uns, il faut encore davantage de travail pour les maintenir.
    Je ne comprends pas pourquoi Twitter ne pourrait pas être un contenant ? On le voit avec les tweet du matin ou les rêves sont déposés dans la timeline. On le voit aussi avec les tweet énervés qui ont sans doute valeur de décharge, ou les tweet idiosyncrasiques qui ne sont adressés qu’a soi même.
    J’aimerai bien un développement sur la mise à l’abris des bons objets dans Facebook. J’en étais resté au poke comme un équivalent du jeu de coucou du tout petit, ou encore comme fonction phatique

  • 13 septembre 2010 à 9:09
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    Dans quoi, je ne me suis pas lancé encore :-D

    Pour commencer, la prophétie Wahroliene (@Yann) : Effectivement, il faut beaucoup de travail et tous y travaillons. La prophétie serait plutôt du côté du contenant, du côté de la promesse qui nous est faite… à l’internaute de s’escrimer à y arriver.

    Ensuite (@Yann encore)le Poke comme jeu du “Fort-Da”, jeu de la bobine, jeu du coucou. C’est une belle image. Sauf qu’il s’adresse à tes tous petits pas encore entrés dans le langage (le web n’est pas un espace de projection des signifiants, élément 1. Par contre c’est un contenant bien sûr).

    La mise à l’abri des bons objets (@yann toujours) : En fait, c’est votre phrase “chacun tente de s’y présenter sous son aspect le plus aimable” qui a fait écho chez moi et j’ai eu “quelque chose à en dire” :
    Chez Winnicott nous parlerions de faux-self.
    Chez Freud nous verrions un enfant qui est tout fier d’offrir un beau caca dans le pot à ses parents (les poke et autres applications, chacun dira à que c’est débile, mais tous les utilisent au moins une fois pour essayer).
    Du coup, ça m’a fait penser d’avantage à la position dépressive qu’à la position schizo-paranoïde
    @Cyrille : là nous sommes chez Mélanie Klein :
    – Position schizo-paranoïde : L’enfant n’a pas de représentation unifiée de sa mère. Sa représentation du corps est morcelée et pendant l’absence du sein :
    – il hallucine sa présence (sucer son pouce pour stimuler les lèvres et réactiver la zone érogène orale).
    – pour se venger il fantasme qu’il pénètre le corps de la mère pour le dévorer (aussi parce qu’il a faim). C’est le mécanisme d’identification projective, mécanisme de défense privilégié de la position schizo-paranoïde.

    – Position dépressive : Vers 6 mois lorsque l’enfant se reconnait dans le miroir comme une personne unifiée et qu’il reconnait également sa mère comme tel (objet total). Il ressentirait une forte culpabilité parce que cette mère est aussi le sein qu’il a attaqué lorsqu’il avait faim et qu’elle était absente.
    Le jeu de la bobine, ou jeu du coucou apparait à partir de ce moment là : faire (ou voir) apparaitre et disparaitre un objet, c’est se rassurer que :
    – l’absence de quelque chose (autrement dit la mère) ne veut pas dire qu’on l’a détruit.
    – Mais aussi que lorsqu’il réapparait, il ne se venge pas. C’est la loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent).

    On pourrait voir ici la matrice des aspects compulsifs, parce que ce jeu fonctionne comme le comique de répétition : apparait/disparait =>rire… apparait/disparait =>rire… apparait/disparait =>rire… ,etc.

    Accessoirement ceci est une des causes de rejet de la psychanalyse (par les tenants de la “raison pure”), parce qu’elle fait de la culpabilité un moment inaugural de la construction de la personnalité.

    Ainsi si l’enfant est gentil, obéissant et qu’il devient propre, c’est aussi parce qu’il a peur que l’objet se venge parce qu’il a été attaqué dans un premier temps.

    Raisonner ainsi, donne une fort jolie représentation du fonctionnement de l’internaute vu les ages auxquels on le situe.

    Maintenant, il faut envisager le fonctionnement des mécanismes de défenses. Chez Bergeret (élaboration de la lignée dépressive-limite)on trouve l’idée (pas partagée par tous, je le sais) qu’en temps normal, le psychisme fonctionne dans son registre le plus élaboré :
    – Aux mieux nous sommes tous des névrosés, fonctionnement alors oedipien, mécanisme de défense le refoulement.
    – Lorsque face à une situation donnée les défenses les plus élaborées ne suffisent pas à faire front, il y a régression et recours à des mécanismes plus anciens, mieux maîtrisés mais aussi plus archaïques, le plus archaïque étant l’identification projective parce que le plus tôt éprouvé.

    Sur le net l’autre (le petit au bout du tuyau) finalement lorsque je l’agresse (ou qu’il m’agresse), il ne risque ou (je ne risque) pas grand chose. Nous sommes dans le virtuel, l’intégrité physique n’est pas directement menacée… du coup, il y a possibilité de laisser aller ses fantasmes les plus primaires.

    Du coup, on peut y rejouer cette scène fantasmatique de l’attaque du seins, de l’objet d’amour (la mère)à qui l’on ne pardonne jamais vraiment de nous avoir à certains moments abandonnés.
    On peut surtout la rejouer à loisir et à moindre frais. En plus, il faut bien reconnaitre que c’est jouissif de se laisser aller à ses instincts les plus primaires (demandez à Sade)

    Mais vu que nous sommes des êtres civilisés (un peu des fois quand même) et que l’on est jamais vraiment sûr que l’objet (externe et/ou interne) ne va pas se venger, la plupart du temps on se protège (aussi nos objets internes), on offre nos bons objets au contenant, on offre des caca-cadeaux…

    Et surtout on ne dit rien (@yann) en terme d’élaboration d’une pensée qui s’apparentait à du “Parlêtre” ou de la “Lalangue”.
    (Cela dit en ces temps d’obscurantisme et de retour de la chasse aux sorcières, on ne dit plus grand chose nulle part)

    Voilà ma réticence 2 à parler d'”espace de projection de signifiants”.
    Chez Gibelo on parlerait de contenant de pensée,qui n’élabore pas de contenus…
    Contenu en tant qu’expression d’un sujet singulier…

    Peut-être là faudrait-il aller voir chez Bion avec les éléments alpha, la fonction béta et la capacité maternelle primaire.
    Et aussi du côté de l'”arraisonnement du monde par la technique” Voilà, j’en arrive à Jean Claude Milner, la loi le contrat, aux armes et cetera …

    [@Cyrille : désolé le second opus, long développement qui s’annonce, ça sera pour plus tard !)

  • 13 septembre 2010 à 10:52
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    @Vincnet_B: je plussoie cyrille frank sur l’évocation un peu trop rapide (du fait de son intérêt!) de la différence faite entre loi et contrat dans les relations établies via/sur Twitter. En quoi est-ce que les apparitions répétées et toujours amusantes du coucou et du twitt peuvent-elles s’apparenter?

    Selon vous, peut-on appliquer l’échelle des âges d’évolution du petit de l’Homme au petit de l’Internet? Si oui, quel âge a l’internaute “LOL”? Quel âge vous donneriez-vous?

  • 14 septembre 2010 à 12:36
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    Bon voilà, j’ai essayé… ouf ! En fin de note, je mets des indications bibliographiques. J’espère avoir été clair, j’ai l’impression d’avoir été un peu en roue libre sur le coup là (j’espère que les auteurs incriminés m’excuseront)

    “La Loi suppose le tiers, le grand Autre alors que le contrat, c’est finalement un effort pour donner un statut symbolique au stade du miroir”.

    C’est cette phrase qui a fait écho chez moi et qui permet l’articulation entre les mécanismes psychiques en jeu et la représentation du fonctionnent de l’ensemble (un peu comme si on l’observait vu du haut) du fait du stade du miroir (la perception de l’autre comme objet total).

    “La loi permet ce qu’elle n’induit pas expressément, le silence de la loi c’est ce qui la fait fonctionner”.
    Il y a encore quelques années, notre société était régie sur le mode de la loi. Cette sorte d’invariant silencieux et intériorisé… l’épée de Damoclès, avec qui mine de rien j’entretiens un rapport individuel : “la loi est là, si je transgresse, ouh la la ! Attention menace de castration”.
    (mais en même temps qu’il est doux de transgresser cette loi).
    Il faut alors signaler, que ce fonctionnement est particulièrement manifeste dans les sociétés sous influence de l’église de Rome. (ça ce n’est pas Jean-Claude Milner qui le dit, je fais une digression par les travaux de Véronique Hervouët)
    La gestion de la culpabilité est en cause, puisque dans cette organisation sociale la culpabilité se distille au goutte à goutte (aider son prochain, tendre la seconde joue, la confession, etc).
    D’ailleurs c’est assez amusant de constater que l’effondrement de la Loi du père (pas que papa, mais l’autorité parentale en général, celle des instituions, etc.) s’accompagne de la montée d’une gestion sur le mode contractuel (après les parents copains, les éducateurs copains, on revendique aussi un pape copain – dans une société laïque c’est un comble – qui transigerait sur les règles établies, avec qui l’on pourrait négocier :l’avortement, le préservatif,etc – alors que la castration étant une autorité absurde qui justement présente l’avantage d’être absurde… c’est un peu comme si on demandait la permission de transgresser).

    C’est le propre du cadre contractuel où chaque partie définit ses objectifs, ses obligations. JCM dit :”dans le contrat ce qui n’est pas dit expressément ne vaut pas”.
    Comme TOUT ne peut pas être définit (à moins de graves restrictions totalitaires – cf le relativisme politique et la recherche de la solution définitive) on ajoute des avenants, on écrit des trucs en tout petit en bas de page et on finit perpétuellement à l’affut d’une nouvelle version, d’une éventuelle arnaque parce que TOUT ne peut pas être lu.
    En plus chacun passe un contrat avec :
    – chacun (chez les adolescents par exemple : “je te respecte alors tu dois me respecter” au lieu d’un principe qui ferait loi :”il est interdit de manquer de respect à un Homme” – le pire étant que beaucoup d’éducateurs se prêtent à ce jeu de “Je” à “Je”),
    – pour un temps donné (facilement repérable dans les dispositifs d’insertion que je connais bien)…
    – Avec le point culminant dans les méthodologie d’évaluation où le sujet pose ses propres critères, autrement dit va dans la foret couper le bâton qui va le battre.

    Du coup, je pense que les réseaux sociaux participent du même. On y butine… (@Yann Leroux jolie image que celle de l’essaim). On prend chez l’un, on dépose chez l’autre… On signe des contrats de l’un à l’un mais qui donnent l’impression d’un ensemble, mais qui n’est qu’un fourmillement qui au mieux fait masse mais ne fait pas Autre, d’où mon hypothèse : le net créerait des traces et non des inscriptions. Et le risque le plus imminent serait la censure par noyade

    Ainsi les réseaux sociaux seraient à l’exact reflet de notre société parce que dirigé par la même technique (attention pas technologie !). Une méthode (inspirée du management, et pour Véronique Hervouët organisé sur la gestion de la culpabilité héritée de la réforme) ainsi que sur le mode de l’arraisonnement du monde par la technique (JCM : « l’arraisonnement du monde par la technique, c’est l’excroissance de cellules cancéreuse de l’état », voir aussi les déboire d’Heiddegger avec la croyance au progrès).
    Ceci est encore plus pattant si l’on considère que les entreprises qui mettent en place les solutions sont elle même dirigée par ce mécanisme c.f. :
    – La roue de l’efficience dans les procédure ISO, sorte de cercle vertueux qui débouche dans l’illimité… la qualité absolue
    – La modélisation UML, façon d’organiser un process et d’entrevoir un langage qui serait une couche évoluant au dessus différents langages.

    Aussi pour répondre @Zackatoustra, je ne pense pas que l’on puisse envisager un parallèle entre le développement humain et celui d’internet. Là je pense que le langage fonctionne comme pour l’entreprise où l’on remarque des représentations anthropomorphiques (je pense à un endroit où l’on parlait de LA BANQUE comme s’il avait une personnalité propre). Du coup parler D’internet comme INTERNET c’est sans doute trop chercher à le personnifier au détriment des mécanismes qui le dirigent et des dogmes qui le constituent (pas si éloigné de la société comme je viens d’essayer de le démontrer).

    Voulez-vous être évalué?
    Essai.
    Jacques-Alain Miller & Jean-Claude Milner
    Coll. Figures – Grasset& Fasquelle éditeurs
    mai 2004

    Jean-Claude Milner, Les penchants criminels de l’Europe démocratique, Verdier 2003.

    Véronique Hervouët
    L’ENJEU SYMBOLIQUE
    Islam, christianisme, modernité
    Interprétation psychanalytique des fondements religieux et idéologiques et de leurs conflits
    L’Harmattan, 2004
    (ou voir l’article “Mutations dans le champ symbolique occidental” sur http://www.contrepointphilosophique.ch)

  • 14 septembre 2010 à 15:23
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    @ vincnet_B merci pour cette belle explication. j’ai saisis cette fois la différence que vous faites entre loi et contrat dans les relations humaines modernes, c’est tout à fait juste !

    En revanche, le rapport aux réseaux sopciaux ne m’est tjrs pas clair, notamment cette phrase : “qui au mieux fait masse mais ne fait pas Autre, d’où mon hypothèse : le net créerait des traces et non des inscriptions. Et le risque le plus imminent serait la censure par noyade”.

    Puis-je vous demander de vulgariser encore un peu plus, je ne comprends pas ce vocable “ne fait pas Autre”, traces et non inscriptions” et “censure par noyade” ?

    J’ai l’impression que le propos est puissant, mais je ne peux encore le saisir… Imaginez que vous l’expliquiez à un enfant ;-)

  • 15 septembre 2010 à 18:32
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    (@Yann Leroux Si je vous ennuie, faut me le dire et promis j’arrête :-) )

    Pour saisir ma troisième tentative, pourrait dire que le grand Autre ressemble à un “”dieu”” qui n’apporterait aucune réponse.
    (Il laisse le soin l’individu de se fabriquer sa propre réponse au sujet de sa raison d’exister… on est alors dans la parole singulière qui émane d’un “Je” authentique)

    C’est difficile pour l’être humain d’accepter des réponses imparfaites, ne pas savoir… là c’est science qui invite la preuve chiffrée partout, et cherche la vérité absolue.

    Avec les réseaux sociaux s’inventent une nouvelle manière de chercher cette vérité en se disant qu’en s’y mettant tous ensembles, et en prenant le meilleur de chacun, on va y arriver cette fois à créer le système parfait (réaliser la vieille utopie, j’ai écrit chez @cyrille).

    Le pire c’est qu’en les observant, j’ai l’impression que certains croient y arriver.
    Certains même y arrivent, la communauté linux par exemple, sauf qu’ils ont créé un système logique d’organisation des données, tout au plus une nouvelle manière de produire de la connaissances mais jamais de la vie une pensée au sens philosophique du terme, par rapport à l’impact de l’introduction de la raison dans l’histoire des idées, qui elle est une inscription.

    Du coup je pense que ce que nous allons créer ne laissera que des traces, mais dangereuses parce que ce genre de rassemblement inhibe l’émergence du sujet singulier (“Je” pour “JE” et non pas “Je parmi les autres”.

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