Je cherche un programmeur pour construire un outil de récupération de données.

En 1937, Jacob Moreno a commencé à dessiner sur des feuilles de papier les relations qui existent entre les personnes dans les groupes. On avait ainsi d’un seul coup d’oeil les relations amicales ou d’ inimitié qui existent dans un groupe. Pour pouvoir tracer le graphe du groupe, il fallait que chaque membre réponde à un questionnaire. On posait alors des questions du genre : de qui vous sentez vous le plus proche ?

Cela apporte des informations, mais aussi un biais, puisque les réponses sont "contaminées" par l’image que souhaite donner la personne de ses liens avec les uns et les autres.

Avec Internet , ce biais est moins important : le laboratoire est dans la rue. Toute interaction laisse une trace qui peut être recueillie. Mieux : on peut recueillir les interactions passées.

Je travaille sur la façon dont les groupe naissent, vivent et meurent sur Intenet. Mon approche est psychanalytique. Il s’agit de voir si ce que l’on sait des groupes hors ligne fonctionne aussi en ligne. D’évidence, la morphologie des groupes hors ligne est différente de celle des groupes en ligne. D’un coté, on a le face-à-face et  l’interdiscusivité et de l’autre l’absence de face-à-face et l’intertexualité. Pourtant, nous connaissons tous des moments ou les groupes flambent. Dans ces moments, la conduite des personnes est tout à fait irrationnelle. La vie affective et imaginaire prend le dessus. Les accusations paranoïaques prennent forme et l’on se trouve parfois un bouc émissaire. Ce sont ces moments qui me donnent à penser que les dynamiques hors et en ligne peuvent être rapprochées.

J’aimerais travailler ces questions en partant d’une autre base que la psychanalyse. Après Moreno, des mathématiciens et des sociologues se sont emparés de la question des groupes. Une nouvelle discipline est néé : l’analyse des réseaux sociaux. Les moments clés de la mise en place de cette discipline sont maintenant généralement connus du public avec des notions comme le nombre de Dunbar ou encore la force des liens faibles. Des logiciels comme Pajek ou GUESS permettent de faire des analyses et de visualiser les graphes de réseaux sociaux.

Le problème reste la collection des données. Récolter les données d’une année de discussion sur une liste de diffusion ou un groupe USENET apporterait une quantité d’information importante, mais la tache est immense !

J’ai donc besoin d’automatiser le recueil de ces données

Il me faudrait un programme qui récupère les headers d’archives mail ou de groupes USENET : nom, nom du fil, date, et surtout en réponse à qui. Ce dont j’ai besoin c’est : qui parle ? A qui ? et quand. Le fichier de sortie de ce programme peut être au format fichier CSV, Guess ou PAJEK.

Cela permettrait de visualiser à l’interieur d’un groupe les interactions et comment elles se modifient. Par exemple, quelle place est faite à un nouveau ? Comment le groupe se modifie-t-il pour l’accueillir, l’ignorer ou le rejeter ? Comment naissent les flames wars ?  Comment passent elles de groupe en groupe ?…

Ayant comme talent en programmation un malus de – 20, il ne m’est pas possible de réaliser ce programme. D’ou ce billet-lettre-à-la-mer

De tels progammes existent. Les laboratoires Microsoft ont produit People Garden, Netscan ou SNARF qui permettent de visualiser la croissance d’un groupe. Nathalie Henri a écrit NodeTrix [pdf]. Mais, curieusement, ces programmes ne sont pas partagés dans la communauté académique. Mon hypothèse est qu’il y a là des enjeux économiques forts : le savoir sur les relations en ligne peut se négocier auprès des marques.

 

Si vous avez des talents de programmeur et que ce travail vous intéresse, contactez moi ! Si vous connaissez un programmeur qui serait intéressé par ce travail, donnez lui l’adresse de ce billet !

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