Millenium Wave Laird Hamilton
Millenium Wave Laird Hamilton

Laird Hamilton est un des inventeurs d’une méthode qui permet de surfer des vagues trop grosses pour être attrapées à la rame. Il est connu pour avoir surfé les vagues géantes qui brisent au large de l’ile de Kauai

Ce jour de d’Août 2000, il est à Teapuhoo, Tahiti.

.Teapuhoo est une vague assassine. La houle parcourt librement des milliers de kilomètres dans le Pacifique avant de heurter violement le plateau continental de Tahiti. Elle s’enroule sur elle même forme une vague massive et compliquée déferlant sur un fond de quelques dizaines de centimètres de profondeur. Ainsi nait et meurt Teapuhoo, mélange de liberté et de violence.

La lecture des cartes météo a permis à Laird Hamilton de devancer la houle de quelque jours. il est sur place pour ce qui est annoncé comme la plus grosse houle de l’année. Il est dans l’eau place pour la plus grosse journée. Et il surfe la plus grosse vague de la journée.

Nous sommes confrontés à des moments Teapuhoo. Les vagues numériques formées il y a 60 ans dans les ordinateurs de l’ARPA déferlent à plein aujourd’hui. Elle nous submergent et transforment tout sur leur passage. Elles sont porteuses d’un processus de civilisation qui converti ce que l’on est bien obligé d’appeler maintenant les anciens mondes analogiques et mondes numériques. .L’internet est maintenant un espace dans lequel nos actions et nos pensées trouvent une trace. Nos achats, nos déambulations dans l’espace géographique, nos petites et grandes pensées, nos liens amicaux, professionnels, familiaux et amoureux ont leurs images sur Internet.

Si vous regardez bien la photo, vous verrez que Laird Hamilton a une position peu orthodoxe. Habituellement, dans cette position, les surfeurs aiment à mettre la main gauche dans la vague. En effleurant le mur d’eau avec les doigts, il se mettent profondément en connexion avec l’océan. Il en sentent la puissance et ils s’adaptent immédiatement aux variations de la vague. Le jour de la vague du Millénium, Laird Hamilton fait différemment. Il ne met pas la main gauche dans le mur d’eau, mais il touche le sol de l’océan, à l’extérieur de sa planche. L’intensité de la vague, son caractère exceptionnel, sa démesure l’a conduit à changer immédiatement sa façon de surfer. Cette innovation lui permet de surfer la vague, et sans doute de sauver sa vie.

C’est une leçon à retenir pour nos vagues numériques. Laird Hamilton n’a pas inventé ce mouvement à partir de rien. Il lui est venu parce qu’il a passé des centaines d’heures dans l’eau. Autrement dit, c’est son expérience passée qui lui permet de produire le bon geste au bon moment. De la même manière, ce sont les siècles de culture qui sont derrière nous qui nous permettent d’inventer les nouvelles formes de sociabilité que sont sur l’Internet. C’est parce que le livre contient des possibilité de lecture hypertexte que nous avons aujourd’hui des pages HTML. C’est parce que nous sommes riches de cette culture que nous saurons mettre notre main droite dans l’eau.

.

Vagues numeriques

3 pesnées sur “Vagues numeriques

  • 11 décembre 2011 à 23:16
    Permalien

    Court, mais je dois dire que la métaphore est juste brillante !!!

  • 12 décembre 2011 à 23:58
    Permalien

    Ce commentaire, finalement, ne porte pas sur le fond : la comparaison, basée sur un jeu de mots, entre la vague du Pacifique, gigantesque et à l’aspect dévastatrice, mais chevauchée par Hamilton et la vague d’information que contient internet, gigantesque et à l’aspect indomptable, dont vous suggérez que l’entraînement peut, à travers de petits gestes géniaux mais construits, amener à maîtriser.

    Il y aurait pourtant à redire, non ?

    Non, je veux juste souligner un aspect technique : Hamilton est un goofy qui est ici backside : il ne peut tout simplement pas mettre le bras gauche à l’eau, sans se déséquilibrer et tomber !
    Sur toutes les images de surfers, le bras qui est à l’avant reste à l’avant ! (parfois même rejoint par l’autre bras)
    Comme la marche, le surf est une tension du déséquilibre : on doit appuyer sur sa planche à l’avant pour avancer, et on peut se redresser pour effectuer des manœuvres.
    Là, il ne va pas s’amuser à trop zig-zaguer…

  • 13 décembre 2011 à 23:50
    Permalien

    Jolie métaphore, bien écrit qui plus ai.

Commentaires fermés.

%d blogueurs aiment cette page :