En Février et en Mars, quelques blogs se sont risqués a une psychologie de Twitter. Le premier semble avoir été John Grohol  qui met en ligne en Février 2009 The psychology of Twitter. John Grohol n’est pas un nouveau venu. Il est un premiers à s’etre intéressé a la psychologie du cyberespace et on lui doit le mot d’etherapy (1998) et il gère depuis le mois d’août de la même année psychcentral.com . Il a été de ceux qui ont participé a la mise en place d’un cadre pour la pratique psychothérapeutique en ligne((Voir Best Practices in e-therapy : confidentiality & Privacy))

Grohol commence par situer Twitter par rapport aux autres dispositifs et remarque que parmis tous les systèmes de conversation, Twitter est le plus facile d’accès et le plus grand public. Comparant Twitter aux chats et aux blogues, John Grohol note :

The important differences that Twitter brings to the party is that its chat room is readily accessible to anyone, the conversation is automatically stored forever, it’s all readily searchable, and most importantly, it can act as a shared communications medium (like a regular chat room) or a private one (like IM). Twitter also supports applications that make twittering easy from anywhere. And just like blogging before it, one of Twitter’s primary uses seems to be to share URLs of other interesting, helpful or entertaining resources online. John Grohol, The psychology of Twitter

Les différences importantes que Twitter apporte est que la salle de chat est accessible à tous, la conversation est automatiquement strockée, elle peut faire l’objet de recherches et, plus important, il peut fonctionner comme un média de communications partagées (comme une chat room habituelle) or un média privé (comme les messageries instantannées) Twitter supporte des applications qui rendent son utilisation aisée d’ou que l’on soit. Et comme les blogs auparavant, un des usages principaux de Twitter semble être le partage d’URLs ou autres ressources intéressantes, aidantes ou amusantes. John Grohol, The psychology of Twitter

De ce fait, Twitter a de bons et de mauvais cotés. Dans les bons cotés, il apporte une nouvelle façon de communiquer en ligne, c’est un "médium de communication global", et il lui semble que c’est le premier service qui " sorte les chats rooms des ténèbres et les mette dans la lumière publique". Les mauvais cotés tiennent précisément au fait qu’il s’agit de conversations publiques : tout message posté est non seulement public, mais il est stocké et peut être retrouvé via le moteur de recherche. Autre élément négatifs, le fait que les conversations n’aient pas de fin. Dans le monde offline, des signaux marquent le début et la fin des conversations. Ces marqueurs n’existent pas dans twitter. Pour Grohol, cela peut encourager le besoin d’être présent afin de ne rien manquer. L’élément le plus défavorable est cependant le fait que l’on ne sait pas ce que l’on a manqué ; d’ailleurs, on manque toujours quelque chose puisque le flot des conversations est incessant.

Between blogs, RSS feeds, news headlines, emails, Facebook status updates, and now Twitter, many people are starting to look like zombies trying to process all the information being pushed to them. Good information helps us (lead more productive lives, stay informed, etc.), while bad information results in a waste of our time and cognitive resources. But tools like Twitter don’t differentiate, all the while pushing dozens (or hundreds!) of updates to our eyes everyday. John Grohol, The psychology of Twitter

Entre les blogs, les flux RSS, les news, le mail, les updates de Facebook et maintenant Twitter, beaucoup de personnes vont commencer a ressembler à des zombies en essayant de traiter toute l’information qui leur arrive. La bonne information nous aide (elle permet d’être plus productif, de rester informés etc.) tandis que la mauvaise information produit une perte de temps et de ressources cognitivies. Mais des outils comme twitter ne font aucune différence, passant sans cesse des douzaines (ou des centaines !) d’updates sous nos yeux. John Grohol, The psychology of Twitter

Tara Hunt n’est pas psychologue, mais elle donne des éléments de réflexion intéressants sur sa pratique de twitter. Twitter est d’abord pour elle un moyen de garder des "enregistrements des choses qui sont importantes pour elle". C’est ensuite un moyen de suivre ce qui est en ce moment important pour elle. Elle laisse entendre que cela peut être un problème puisque ces données peuvent être utilisées a des fins commerciales. C’est enfin un moyen de garder une trace de son activité Elle peut ainsi retrouver dans twitter des choses qu’elle n’a pas pris le temps de marquer dans son agenda, ou encore . Enfin, c’est un façon de se faire des amis

Kathy Sierra est une ancienne game designeuse. Même si elle considère que Twitter peut être bénéfique et que le service peut être utilisé d’une manière utile, elle a axé son billet sur les problèmes que pose Twitter sans doute parce qu’elle n’aime pas elle même être trop connectée. Elle demande si Twitter n’est pas trop bon. Le service est suspecté d’être comme un bandit manchot. Katthy Sierra s’appuie sur les travaux de Skinner qui avait montré qu’un conditionnement était d’autant plus fort que le renforcement était intermittent. Les machines à sous des casinos, parce on ne peut pas savoir quand le gain sera donné, produisent pour Skinner ce type de renforcement. Sans plus d’explicitation, elle a firme que Twitter est "l’exemple presque parfait du principe psychologique de la variable de récompense intermittente".

Le sens de la connections ("feeling of connectedness") est le second point sur lequel s’attarde Kathy Sierra.

Elle a lu attentivement le billet Tara Hunt  et ses commentaires et elle se demande si les liens que nous faisons en ligne sont vraiment des liens. Elle cite les travaux du neurobiologiste Thomas Lewis qui affirme que nous pourrions tromper nos vieux circuits neuronaux en faisant croire que nous avons une "vraie" interaction lorsque nous sommes en ligne. L’idée générale est qu’un café avec son voisin est plus bénéfique qu’un millier d’updates twitter

Enfin, Twitter serait un grand facteur de discontinuité. Notre attention est sans cesse interrompue, ce qui ne nous permet pas d’être suffisamment concentrés pour faire quelque chose de valable

Moses Ma a écrit deux articles sur la psychologie de Twitter. Dans le premier Understanding the psychology of Twitter il s’appuie sur la pyramide des besoins de Maslow. Abraham Maslow avait présenté une théorie des motivations en 1943 dans laquelle posait que les besoins les plus élémentaires devaient être satisfaits avant les besoins les plus élevés. Twitter répondait aux besoins sociaux élémentairses, tels que l’affection, l’amour, le sentiment d’appartenance :

Clearly, feeling connected to people via Twitter helps to fulfill some of this need to belong and feel cared about. Moses Ma, Understanding the psychology of Twitter

Manifestement, le sentiment d’être relié a des gens via Twitter permet de satistifaire quelques uns de ces besoins d’appartenance. Moses Ma, Understanding the psychology of Twitter

Mais Twitter ne satisfait pas seulement les besoins de base. Il répond également aux besoins d’estime de soi et re reconnaissance sociale. Twitter serait alors un exercice de "narcissisme inconditionnel" puisque le service est basé sur l’idée que les autres puissent être intéressés par ce que je fais. Twitter serait donc la preuve que nous vivons dans un monde narcissique. Citant David Lewis :

“Using Twitter suggests a level of insecurity whereby, unless people recognise you, you cease to exist. It may stave off insecurity in the short term, but it won’t cure it.”Daniel Lewis

Utiliser Twitter suggère un niveau d’insécurité tel que, si les autres ne nous reconnaissent pas, vous cessez d’exister. Cela peut atténuer l’insécurité à court terme, mais cela ne la soignera pas. Daniel Lewis

John Grohol reprend le clavier en mars 2009 et donne une seconde partie à sa psychologie de twitter. Il repart de du constat que le flux de Twitter ne s’ arrête jamais pour poser quelques hypothèse sur les motivations à twitter.

La première réponse qu’il donne est que "il y a autant de raisons de twitter que de personnes" mais que le besoin central est celui d’ "être et de sentir être connectés les uns aux autres". John Grohol pointe alors ce qui lui être au coeur des usages de Twitter

It is simply socializing on a vast, unheard of scale. Whether it’s with people we actually know and trust, or complete strangers, in our increasingly inattention- and interruption-driven world, twitter is the perfect complement. It says, “Hey, I will not only reinforce your inattention, I will celebrate it!” While most people twitter while doing other things, the twittering makes a person feel even more connected to others who aren’t with them at the moment than any previous technology ever has.

C’est tout simplement socialiser à une échelle jusqu’a présent inconnue. Que ce soit avec des personnes que nous connaissons et en qui nous avons confiance, dans notre mode de plus en plus fait d’inattention et d’interruption – twitter est le complémente parfait. Il nous dit "Hé, je ne vais pas seulement augmenter manque d’attention, je vais le fêter !" Alors que la plupart des autres personnes twittent en faisant autre chose, twitter fait qu’une personne se sent davantage connectée avec d’autres personnes qui ne sont pas avec elles sur le moment qu’avec toute autre technologie

Pour John Grohol, il n’y a pas de précédent.

There’s never been a time in human existence where people could be in a group, socializing, and at the same time, actively socializing with an entirely different group of people who were not in the room.

Il n’y a jamais eu moment dans l’histoire de l’humanité où des personnes pouvaient être dans un groupe et interagir et en même temps, interagir avec un groupe de personnes qui ne sont pas dans la même place. John Grohol, The psychology of Twitter, part 2

Avec Twitter, l’ubiquité n’est pas loin

 

Remarques criques

La position de Kathy Sierra  pose quelques types de problèmes principalement du fait qu’elle repose sur une conception très béhavioriste des comportements. Le premier tient à la théorie de SkinnerW qui est passé du conditionnement du pigeon aux apprentissages de l’élève. On m’accordera qu’il y a là un changement de gradient que la théorie ne prend pas en compte. Le second tient à ce que le renforcement intermittent n’est efficace qu’une fois le conditionnement acquis. Dans la perspective de Kathy Sierre, cela n’explique pas pourquoi les nouveaux venus continuent à utiliser Twitter. Le troisième tient au glissement des apprentissages à Twitter car  la variable renforcement n’est pas précisée.

A propos du narcissisme inconditionnel donné par Moses Ma, il y a un contre sens, qui tient, il est vrai, aussi au narcissisme. Le narcissisme est l’amour que l’on se porte à soi-même. Cet amour nous est nécessaire  jusque dans l’amour ou l’intéret que l’on porte aux autre car qui ne s’aime suffisamment ne peut aimer un autre. Il y a dans les pathologies narcissiques deux types de positions. La première tient le monde pour négligeable : je n’aime que moi, et il n’y a que moi qui puisse être digne désintérêt, d’ attention et d’amour. Je n’ai pour les autres que mépris. La seconde position fait de mon existence propre un reflet des autres : la valeur que je me donne est une image de la valeur que me donnent les autres (plus exactement : de la valeur que je suppose que les autres me donnent, c’est-à-dire, le plus souvent, nulle.

Le modèle de Maslow pose également problème. Maslow a utilisé un modèle homéostatique, c’est à dire qu’il a tenté de construire un système retrournant à l’équilibre. Dans ce modèle, un type de besoin ne peut apparaitre que si les besoins primaires ont été satisfaits. Le modèle qui s’impose est ici celui de la fontaine de champagne : lorsque les verres ne se remplissent que lorsque les verres précédents sont pleins. De la même façon, dans le modèle de Maslow, un modèle n’apparait que les besoins précédents ont été au moins partiellement satisfatits. Dans la discussion qu’il en donne, Maslow reconnaît lui même qu’il y a quantité de situations dans lesquelles un individu cherche à  peut satisfaire des besoins élevés alors que ses besoins de base ne sont pas satisfaits.

De toutes les critiques, celles de Kathy Sierra me semble être les plus faibles : l’analogie avec les machines a sous, la reprise du modèle skinnerien du renforcement intermittent ou encore l’idée que les interactions en ligne seraient plus fausses que les interactions hors ligne, tout cela reste encore à prouver. Par contre, les questions posées par le caractère public des échanges n’est pas sans poser question. De façon évidente, il y a pour l’instant sur Twitter un caractère bon enfant et d’entraide tout à fait sympathique. De façon tout à fait évidente, la vie privée sur Twitter, , tout comme sur Facebook ou un autre réseau social, est encore en construction.

 

Twitter est un espace de dépôt

La twittosphere fonctionne comme espace de dépôt. Plusieurs utilisations de ce dépôt sont possible. La première est de faire de twitter un espace ou l’on dépose un trop plein : l’exaspération vis à vis d’une compagnie ou par rapport à quelque chose de plus personnel donne une première voie de dégagement. Cela me semble particulièrement vrai pour les messages dans lesquels l’utilisateur témoigne de l’ ennui que suscite sa participation à une réunion : ce qui ne peut être dit dans ce groupe (le groupe de travail) est dit dans un autre groupe (twitter). En ce sens, Twitter fonctionne comme un contener : il contient les émotions et pensées que l’on ne pourrait exprimer en toute sécurité dans l’espace de réunion.

Twitter peut fonctionner comme un dépôt au dans le sens d’un dépôt pour le futur. Twitter son accouchement, c’est déjà faire de cet événement un après-coup. C’est se projeter dans un lendemain ou ces messages seront partagés avec d’autres, et très certainement avec l’enfant lui même. Le dépôt est alors comme une promesse dont on espère que le déploiement sera porteur de bénéfices et de plaisirs.

Enfin, Twitter est le dépôt d’une trace.

Dans un monde ou tout change à tout moment, nous avons de deux choses. D’abord d’éléments pour visualiser ces changements. De là vient notre goût pour tous les dispositifs qui mettent en forme les flux d’informations et pour eux qui nous permettent de la trier. Mais nous avons aussi besoins de lieux ou nous pouvons nous assurer de la permanence de notre self malgré tous les changements auquels nous sommes confrontés. D’une certaine manière, l’expérience de LifeStreaming menée par les laboratoires Microsoft avec le projet MyLifeBitW (Le site : mylifebits) est devenue à la fois banale, massive et en ligne. C’est banalement que nous laissons des traces en ligne et c’est tout aussi banalement que ces traces sont reprises par d’autres. Twitter est un des lieux ou il est possible de jouer avec ces changements.

Twitter donne en effet a la fois une représentation de l’incessant renouvellement de l’information et la possibilité de sa maîtrise.Des outils de filtres et d’automatisation permettent de venir à bout de ce formidable ProtéeW ou tout au moins d’en avoir une utilisation efficace. La transformation des faits de la vie quotidienne en données permet non seulement d’arrêter un bref instant de flot dans lequel on est entraîné et de le retrouver plus tard.Il permet également de recevoir des commentaires d’un ou de plusieurs autres.

Une psychologie de Twitter (part. 2/2)
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12 pesnées sur “Une psychologie de Twitter (part. 2/2)

  • 20 avril 2009 à 12:31
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    Super boulot, Yann !
    Je serais intéressé par l’extension de ton étude à la question de la réciprocité sur Twitter : followers-following, phénomène du million followers, concentration et dilution de l’attention et des relations…

  • 20 avril 2009 à 13:06
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    Merci François-Xavier !
    Il faut bien entendu poursuivre dans les directions que tu donnes.
    J’ai écrit ce billet parce que dans les “psychologie de Twitter” que j’ai trouvé sur le net, une seule avait été écrite par un psy : celle de John Grohol. Les autres sont le fait d’amateurs – que l’on espère éclairés – qui utilisent des références sans prendre en compte leurs présupposés. C’est d’ailleurs un problème de la blogosphère en général : une référence circule plus du fait que le blog a une autorité que du fait de la valeur de ce qui est dit. Par exemple, Grohol a été le premier a écrire, et il n’est cité nulle par. Il y a comme un effacement des références professionnelles en faveur des amateurs.

    Dans l’usage que j’ai de Twitter, je n’utilise pas la réciprocité parce que je ne suis pas intéressé par tout. Pour chaque nouveau followers, je visite sa page Twitter et son blog. Si je trouve un twitt qui m’intéresse, je suis. Si je n’en trouve pas, je ne suis pas. C’est une façon de faire parmi tant d’autres. Peut être est ce qu’une pour approcher cette question, c’est de la prendre sous l’angle de la politesse. J’avais commencé à écrire la dessus : http://www.psyetgeek.com/la-politesse-des-foules ?

    Je ne sais pas trop quoi penser de la course au millon. On dirait que l’on est dans WoW et qu’au lieu de farmer des mobs on farme des individus. C’est très angoissant, je trouve.

    La question de la dilution de l’attention est la question la plus complexe. Les thérapeutes ont observé il y a une dizaine d’années une augmentation des troubles de l’attention chez les enfants. Maintenant, on se demande : quelle est la part de la culture et de la société dans ces troubles ? Coté web, qu’est ce que nous disent ces liens qui peuvent être formés et interrompus sans efforts ? La grille de lecture que l’on utilise date d’avant l’Internet. Est elle encore valable ? Par exemple, la première interprétation qui me vient est que la multiplication de ces liens dit a quel point nous sommes individuellement et collectivement en mal de relation. Mais cette interprétation est elle encore juste ? Elle est adossée a un appareil théorique qui part de l’idée que lorsque je suis ici, je ne suis pas ailleurs et que j’ai une identité qui changera peu dans toute pas vie. Lorsque je vais au cinéma, a voir toutes les transformations auxquelles je suis alors exposé (déformation des corps et des objets, changements d’identité etc..) je me dis que notre culture est maintenant principalement bâtie sur le changement continu et que notre théorie doit être réformée.

  • 20 avril 2009 à 23:35
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    Je rencontre de plus en plus de gens qui se vantent d’avoir x centaines ou milliers de followers comme s’il s’agissait d’une preuve de leur qualité personnelle, cela semble remplir leur narcissisme mais aussi un besoin exhibitionniste. Twitter est une forme de télé réalité avec ses fidèles lecteurs, je pense qu’un twitter vidéo arrivera bientôt, l’internaute se filmera au quotidien et sera fière d’annoncer qu’il a x spectateurs qui le suivent au quotidien. Nous nous construisons par le regard de l’autre, mais où est le regard ici ?

  • 21 avril 2009 à 9:04
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    Ah mais il existe déjà des twitter vidéo ! http://www.12seconds.com par exemple. Mais 140 charactères se lisent en un clin d’oeil alors que 12 secondes de vidéo se lisent en 12 secondes…

    Quelques remarques sur le regard. Il est vrai que nous nous construisons entre autres par le regard de l’autre, mais
    * cette construction est précoce. A l’age ou l’on Twitte, elle est achevée. Les gratifications que l’on peut rechercher
    * cette construction passe par le regard de quelques uns

    Avec Twitter, les choses changent : le regard n’est plus celui de quelques uns clairement identifiés, a qui l’on attribue des qualités, mais d’une myriade de personnes dont on ne connait que quelques uns. Le RT et les réponses sont les seules preuves que dans la twittosphère quelques uns vous regardent. C’est pour cela qu’il existe tant d’outils pour suivre less RT : jusqu’où porte ma parole, jusqu’où suis je entendu ? C’est que l’accumulation des followers porte en soi un facteur d’angoisse : plus on a de followers, plus on s’aperçoit que finalement peu parlent de vous. et donc finalement plus l’atteinte narcissique est importante.

    Est ce de l’exhibitionnisme ? Je ne sais pas ! Le public n’est pas très attentif alors que celui de l’exhibitionniste est captivé par le spectacle qui lui est imposé de force.

    La quantité de followers est aussi une image du fonctionnement de notre société. Nous sommes de plus en plus tentés de prendre les quantités comme des qualités : “Big numbers are beautifull”. Nous mesurons tout. Et cela va encore s’aggraver puisque les mondes numériques sont d’abord des mondes de la quantité et de la mesure. Pour le dire autrement, ce sont des mondes de l’analyse, de comptage serré, un à un. Ce sont des mondes qui portent en eux à la fois de sérieuses aliénations et des possibilités de liberté

  • 21 avril 2009 à 13:07
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    Pour le regard, la phase du miroir est normalement passé, mais finalement qu’est ce qu’un blog par exemple ? Un reflet numérique idéalisé ?

    Je ne sais pas pourquoi mais ton développement sur la comptabilité, du comptage… me renvois à la société nazie, codifiée, numérotée, chacun à “sa place”, le binaire peut-être ;o).

    Merci pour ton développement en tout cas, c’est avec une “jouissance” intellectuelle constante que je lis tes articles.

  • 21 avril 2009 à 16:10
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    Je profite du moment où tu es plongé dans la torpeur de ta sieste protéenne pour commenter, Yann. Sur la première partie l’historique est très intéressant et, même si, depuis deux ans, j’ai pas mal bouquiné en ligne au sujet de Twitter, j’y ai découvert de nouvelles infos.
    L’analyse des comportements des twitteriens et twitterriennes sur la seconde partie donne une idée très fine des motivations qui poussent les internautes à s’engouffrer dans ce type de communications, au fonctionnement essentiellement phatique. Mais comme, tu le remarques très justement, Twitter permet de “filtrer” les données découvertes sur le web, de les “déposer” pour une possible utilisation futur [avec un pari à la clef] et de jalonner son parcours en ligne en y dessinant la “trace”, les pistes, le cheminement parcourus. Ajouté à sa fonction de [sur]veille, ce sont ces dernières fonctions qui m’incitent le plus à twitter.
    Une seule critique: c’est que j’ai qqs fois l’impression que tu englobes l’humanité en laissant imaginer que tout le monde est connecté, alors qu’en réalité une faible partie de l’espèce humaine s’adonne aux joies du twittage et autres comportements médiés par ordinateurs.

    “Ce sont des mondes qui portent en eux à la fois de sérieuses aliénations et des possibilités de liberté”, effectivement, c’est aussi ce que je ressens: l’espace virtuel est un univers très ambiguë, et même une source d’ambivalences.

  • 22 avril 2009 à 14:30
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    @Andil Je ne pense pas que tous les blogs sont des miroirs. Les blogs orientés business ne le sont pas par exemple. Toutes les nuances sont possibles, des blogs les plus orientés vers soi, vers l’expression de son intimité, a ceux qui sont le plus éloignés de cette expression

    Et puis, lorsque l’on file la métaphore du miroir, le miroir-blog est un bien étrange miroir : il est fait des mots que l’on dépose mais aussi (surtout ?) des commentaires des autres.

    Le comptage “un à un” est une des caractéristiques des pouvoirs totalitaires. Cela a été analysé par Michel Foucault.

    @Scheiro, merci pour le lien.
    C’est vrai que tout le monde n’est pas sur Twitter et que tout le monde ne le sera pas. Même a l’intérieur de Twitter, certains ne se rencontreront sans doute jamais. Par exemple, les UberComptes qui ont plus d’un million de followers semblent stagner en ce moment : n’ont ils pas atteint une limite ?

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