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	<title>Psy et Geek ;-) &#187; web 2.0</title>
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	<description>Psy &#38; Geek ;-) explore les mondes numériques</description>
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		<title>Dedipixs et texting</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Feb 2010 10:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		</div>
<p align="justify">J’ai été interrogé par <a href="http://www.radio-totem.net/emissions/emission-3">David Martin pour radio Totem</a> a propos des dedipics et de sexting. L’interview a été courte, et il ne m’a pas été possible de déplier complètement ce phénomène et je me suis surtout attaché a essayer de faire passer une idée : il faut garder un œil sur les pratiques adolescences, et les interdire lorsque c’est nécessaire. C’est un travail que les parents doivent faire, et il ne faut pas qu’ils s’appuient sur des éléments tiers comme des modérateurs des espaces en ligne ou un logiciel parental. </p>
<p align="justify">Un <strong>dedipic</strong> est une photo sur laquelle la personne apparait tenant un court texte&#160; Le texte est généralement une dédicace au propriétaire du blogue sur lequel est posté la photo. Il s’agit donc d’une pratique de métissage mélangeant l’image (<em>pic</em>ture) et le texte (<em>dedi</em>cace).</p>
<p align="justify">Le <strong>sexting</strong> est l’envoi de MMS ou de SMS à caractère sexuel. Les sondages qui ont été faits laissent entendre que la majorité des enfants ont été au contact avec une image sexuelle sur le réseau.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Jeux d’enfants et pornographie</strong></p>
<p align="justify">Il faut d’abord faire la différence entre les jeux de pré-adolescents d’enfants et la pornographie. Les jeux d’enfants peuvent avoir un caractère sexuel, et ne méritent pas un traitement particulier de la part des adultes pour autant que les interdits fondamentaux n’ont pas été transgressés. Lorsqu’elle implique un enfant, la pornographie est un crime, et son traitement relève de la loi. Il est important de faire la distinction sinon on arrivera à des situation ou une loi sensée protéger les enfants sera utilisée contre eux.</p>
<p align="justify"><strong></strong></p>
<p align="justify"><strong>La question de la pédophilie</strong></p>
<p align="justify">La pédophilie est souvent présentée comme le grand danger de l’Internet pour les plus jeunes. S’il existe en effet des cas d’enfants séduits en ligne par des adultes, ceux ci demeurent fort heureusement rares. Il faut faire à ce propos deux remarques. La première est que dans la majorité des cas, le pédophile est un membre de la famille ou un proche de l’enfant. La seconde est que les enfants abusés en ligne sont des enfants. </p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Le harcèlement en ligne</strong></p>
<p align="justify">Le danger les plus fréquent auquel les jeunes internautes peuvent être confrontés en ligne est&#160; plutôt le harcèlement. L’internet offre en effet des moyens simples pour harceler quelqu’un : saturation de sa boîte mail, message offensant sur les forums, son blogue ou ses pages Facebook, Myspace ou Youtube. A un moment où l’estime de soi est en plein réaménagement, un déluge de messages insultants peut être dévastateur. Il faut aussi prendre conscience que les mondes en ligne donnent un effet de biais important : le harcèlement est plus visible par les adultes parce que Internet est un monde de traces. Les adultes sont alors confrontés à quelque chose qu’ils tentent généralement de ne pas voir : le monde de l’enfance est banalement un monde violent et sexualisé; ce n’est pas le monde idéalisé que la plupart des adultes s’en font après coup.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Elements de dynamiques sous jacents au dedipic</strong></p>
<p align="justify">L’invention première du dedipic tient surtout à deux désirs assez banaux. Le premier est un désir d’interactivité. Un dedipic est beaucoup plus riche qu’un commentaire. Il donne une mesure de l’engament de la personne dans la relation puisqu’il faut d’abord prendre une image dont on aura soigné la composition et ensuite la téléverser sur le site distant. Un dedipic engage en personne : on donne de son image et donc de soi. Le dedipic bénéficie de toute la sensualité de l’image, de ses pouvoirs<sup><a href="http://www.psyetgeek.com/dedipixs-et-texting#footnote_0_733" id="identifier_0_733" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tisseron, S., Psychanalyse de l&rsquo;image">1</a></sup></p>
<p align="justify">Le second désir satisfait par le dédipic est l’authenticité. Le dedipic est la preuve en image que l’on est en lien en ligne avec de vraies personnes. Les adolescents qui sont en plein changements ont eu soif d’authenticité a peu près inextinguible. Les frontières entre ce qui est possible et ce qui ne l’est pas se déplacent et suscite un intense travail psychique autour de ce qui est réel et ce dont on ne peut que rêver. </p>
<p align="justify">D’autres tendances peuvent être en jeu : questionnement sur son corps, sur le désir de l’autre, jeux autour de l’emprise et de la possession…. Avec le dedipic, avoir l’autre dans la peau n’est plus une métaphore</p>
<p align="justify">Dans les pratiques adolescentes les choses commencent à déraper lorsque le dedipic entre dans un système de gratification narcissique. Le risque de dérapage est d’autant plus grand que la personne dispose de peu d’occasions de gratifications narcissiques dans son environnement.. Le risque est d’entrer dans un jeu de dupes : offrir à un autre un plaisir sexuel contre une gratification narcissique. Le dedipic n’est plus alors quelque chose qui ouvre sur une interactivité avec une personne. C’est le cache misère d’une relation perverse. Ce qui intéresse n’est pas en effet la dédicace mais le sexuel qui est a proximité ou derrière le texte : bout de cuisse, sein, pubis… Les dynamiques du web 2.0 accélèrent encore le processus en mettant chacun en position de rivalité imaginaire avec les autres : il est toujours possible d’aller plus loin, de faire des images de plus en plus rénumératrices</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_733" class="footnote">Tisseron, S., Psychanalyse de l’image</li></ol><img src="http://www.psyetgeek.com/?ak_action=api_record_view&id=733&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		<title>Sur ReadWriteWeb France</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jan 2010 09:36:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur une suggestion de Fabrice Epelboin, j’ai écrit un billet pour ReadWriteWeb à propos du changement de règles de publication de Facebook. Ce que j’avais lu à ce propos me me semblait inadéquat : pourquoi demander à Facebook de garantir nos vies privées ? Pourquoi demander au renard de garder le poulailler ? Ce qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<p align="justify"><a href="http://www.psyetgeek.com/images/SurReadWriteWebFrance_9164/image.png"><img style="border-bottom: 0px; border-left: 0px; display: inline; margin-left: 0px; border-top: 0px; margin-right: 0px; border-right: 0px" title="Logo ReadWriteWeb France" border="0" alt="Logo ReadWriteWeb France" align="left" src="http://www.psyetgeek.com/images/SurReadWriteWebFrance_9164/image_thumb.png" width="244" height="79" /></a> Sur une suggestion de <strong><a href="http://twitter.com/epelboin">Fabrice Epelboin</a></strong>, j’ai écrit un <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/01/19/analyse/facebook-comme-bac-a-sable/">billet</a> pour <a href="http://fr.readwriteweb.com">ReadWriteWeb</a> à propos du changement de règles de publication de Facebook. Ce que j’avais lu à ce propos me me semblait inadéquat : pourquoi demander à Facebook de garantir nos vies privées ? Pourquoi demander au renard de garder le poulailler ? Ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas que Facebook ou les autres compagnies du web 2.0 forent nos vies sociales pour en extraire du dollar. Ce qui m’inquiète, c’est la baisse de la puissance publique mise en place par l’état lui même et qui laisse le citoyen sans tiers pour faire face a ces nouvelles puissances qui émergent du web. Je m’inquiète également de la pédagogie de la peur qui s’installe a propos des mondes numériques. Partout, ce ne sont que des “faites ceci, ne faites pas cela”, des alarmes a propos du (soi-disant) mésusage du web par les plus jeunes, et des frayeurs a propos des traces que nous laissons en ligne. Pourtant, la peur n’a jamais aidé a penser, et c’est pourtant ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour nous avancer plus avant dans mondes numériques. Pour reprendre la célèbre formule du psychanalyste anglais D. W. Winnicott, nous avons besoin d’un environnement numérique suffisamment bon. .Nous avons besoin de le penser de cette manière. Nous avons besoin de le constituer ainsi.</p>
<p align="justify">Bien sûr, nous pouvons nous débrouiller “entre nous”. Mais d’une part, c’est porter atteinte au lien social, et d’autre part, les “entre nous” seront une minorité. <em>Quid </em>de tous les autres qui n’auront pas les connaissances nécessaires pour utiliser l’internet de la façon dont ils le souhaitent ? Qui de tous ceux qui utilisent les outils qui leur sont donné non par choix mais par méconnaissance ?</p>
<p align="justify">Vos commentaires sont bienvenus, sur <a href="http://fr.readwriteweb.com/2010/01/19/analyse/facebook-comme-bac-a-sable/">ReadWriteWeb</a> ou ici.</p>
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		<title>L&#8217;interactivite est mauvaise de Kylie Jarrett</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Nov 2008 10:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[First Monday a consacr&#233; tout un num&#233;ro au Web 2.0 : Critical Perspectives on Web 2.0. Le num&#233;ro explore les mythes du Web 2.0. Kylie Jarrett a donn&#233; un texte, Interactitivy is Evil ! A critical investigation of Web 2.0, dans lequel elle analyse ce qui est au coeur du web 2.0 : l&#8217;interactivit&#233; &#34;The [...]]]></description>
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			</a>
		</div>
<p> First Monday a consacr&#233; tout un num&#233;ro au Web 2.0 : <a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/issue/view/263/showToc">Critical Perspectives on Web 2.0</a>. Le num&#233;ro explore les mythes du Web 2.0. Kylie Jarrett a donn&#233; un texte, <strong><a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2140/1947" target="_blank">Interactitivy is Evil ! A critical investigation of Web 2.0</a>, </strong>dans lequel elle analyse ce qui est au coeur du web 2.0 : l&#8217;interactivit&#233;</p>
<blockquote><p>&quot;The key feature of the web 2.0 is the developpement of software wich enable mass participation in social activities (&#8230;) The social networks at the forefront of this phenomenon (economy) emerge from the hability of users to represent themselves and their interest in mediated spaces and to activate engagement with others via these representations&quot; <strong><a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2140/1947" target="_blank">Kylie Jarrett</a></strong></p>
</blockquote>
<p><strong></strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>La discipline et l&#8217;interaction</strong>     <br />Kylie Jarret oppose la discipline de Michel Foucault et l&#8217;interactivit&#233; de Barry. La discipline de Foucault, rappelle-t-elle, est une technique organis&#233;e et maintenue par le pouvoir . Le mod&#232;le en est le panopticon : un pouvoir central surveille &#224; sa p&#233;riph&#233;rie des individus sans que les individus ne puissent savoir &#224; quels moments ils sont objet de surveillance. La cons&#233;quence en est que chaque individu se comporte &#224; tout instant comme s&#8217;il &#233;tait surveill&#233;. Pour Foucault, l&#8217;histoire du pouvoir est une histoire d&#8217;une lente int&#233;riorisation par les individus de la violence qui leur est faite. </p>
<p>Pour Barry, l&#8217;interaction n&#8217;est pas une discipline au sens foucaldien. Contrairement &#224; la discipline, l&#8217;interactivit&#233; n&#8217;implique par une articulation sans d&#233;faut entre le corps et les objets. La discipline militaire, par exemple, a pour but de construire des solidarit&#233;s sans faille : entre le soldat et son arme, entre le soldat et le soldat, entre les diff&#233;rents niveaux hi&#233;rarchiques des corps d&#8217;arm&#233;e. Si la discipline ne permet aucune cr&#233;ativit&#233;, l&#8217;interactivit&#233; est elle ouverte sur la cr&#233;ation de nouveaut&#233;, sur la libert&#233; personnelle, la disparition de la figure de l&#8217;expert. En un mot, l&#224; ou la disciple assujetti un corps et un objet, un sujet et un dispositif, l&#8217;interactivit&#233; articule. </p>
<p>&#160;</p>
<p>Sur plusieurs points : la temporalit&#233;, les dispositifs d&#8217;&#233;criture, l&#8217;usage, la figure de l&#8217;expert, le web 2.0 est un bon candidat &#224; l&#8217;interactivit&#233; de . Barry</p>
<p><u>La temporalit&#233;.</u> Contrairement aux m&#233;dias pr&#233;c&#233;dents, la temporalit&#233; n&#8217;est pas fix&#233;e par un autre dans une grille rigide. Les objets sont disponibles &#224; la demande. Les diff&#233;rences sont tr&#232;s perceptibles si l&#8217;on pense &#224; un m&#233;dia comme la t&#233;l&#233;vision. La t&#233;l&#233;vision propose des programmes a des horaires fixes qui ne peuvent pas &#234;tre modifi&#233;s par les t&#233;l&#233;spectateurs. Ils doivent &#234;tre disponibles au moment ou le programme est diffus&#233; ou au moins d&#233;l&#233;guer leur disponibilit&#233; &#224; un appareil enregistreur. Le web 2.0 est dans son ensemble un espace de stockage dans lequel les objets sont librement accessibles. Les usagers y acc&#233;dent en fonction de leur disponibilit&#233;. Que ce soit sur youtube ou sur un forum, l&#8217;interaction peut &#234;tre commenc&#233;e, mise en pause et reprise &#224; tout moment. </p>
<p><u>L&#8217;articulation des corps et des objets.</u> Les dispositifs ne d&#233;terminent pas enti&#232;rement les contributions des usagers. Pour Kylie Jarret, m&#234;me si les caract&#233;ristiques d&#8217;un site ont un impact sur les interactions, la technologie reste encore suffisamment ouverte pour permettre &#224; la cr&#233;ativit&#233; de chacun de s&#8217;exprimer librement. L&#8217;utilisateur n&#8217;a pas &#224; faire corps avec la machine &#8211; comme le soldat avec son arme &#8211; mais peut utiliser la machine d&#8217;une fa&#231;on non conforme ou non pr&#233;vue</p>
<p><u>L&#8217;utilisation intensive.</u> La ou la discipline conduit &#224; une utilisation exhaustive, le web 2.0 est plut&#244;t une succession de dispositifs permettant d&#8217;utiliser une partie des immenses ressources de l&#8217;Internet. Pouvoir accepter ou rejeter une demande de lien sur un r&#233;seau social, rassembler des pages avec des &#233;tiquettes (&quot;<em>tags&quot;</em>) grace aux folksonomies, renseigner totalement ou pas son profil &#8230; tous ces usages sont partiels alors que la discipline est totale : l&#8217;exercice est su/r&#233;ussi &#8230; ou pas. </p>
<p><u>La disparition de l&#8217;expert.</u> L&#224; ou se tenait la figure de l&#8217;expert, le web 2.0 substitue la foule. Au savoir unique fait place la multitude des points de vue. </p>
<p>&#160;</p>
<p><strong>Interactivit&#233; et n&#233;olib&#233;ralisme</strong>     <br />Tous ces &#233;l&#233;ments ne font cependant pas du Web 2.0 un espace libre de tout contr&#244;le et de tout pouvoir. Ce n&#8217;est pas le lieu des &quot;subjectivit&#233;s actives&quot; oppos&#233; au vieux monde des &quot;corps dociles&quot;. Kylie Jarret montre que l&#8217;interactivit&#233; de Barry est aussi une technique disciplinaire au sens de Foucault en ce sens qu&#8217;elle est infiltr&#233;e id&#233;ologiquement. En ne d&#233;finissant pas strictement les relations du sujet au dispositif, l&#8217;interaction ouvre des espaces de cr&#233;ation mais fait aussi implicitement r&#233;f&#233;rence a un sujet &#224;-priori capable d&#8217;agir mais &#233;galement de faire des choix librement. Cette libert&#233; qui est la notre sur le web &#8211; libert&#233; de faire et de d&#233;faire, de lier et de d&#233;lier est infiltr&#233;e par l&#8217;id&#233;ologie n&#233;lib&#233;rale. Le n&#233;olib&#233;ralisme fait du sujet un &#234;tre du libre choix. Chacun serait libre de toute contrainte et agirait en pleine conscience de ses actes.L&#8217;&#234;tre n&#233;olib&#233;ral est un &#234;tre autonome : chacun est son propre gouvernement. La cons&#233;quence logique est que les gouvernements se retirent de la vie des citoyens. Ceux ci sont d&#8217;ailleurs plus des consommateurs que des citoyens : ils consomment les services concurrentiels qui leur sont propos&#233;s, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;&#233;ductation, de sant&#233;, ou de r&#233;cr&#233;ation. </p>
<p>Ce sujet n&#233;olib&#233;ral se superpose parfaitement au sujet du web : ici comme l&#224;, le m&#234;me accent sur la &quot;libert&#233;&quot; d&#8217;agir, et ici comme l&#224; cette m&#234;me &quot;libert&#233;&quot; et pr&#233;sent&#233;e comme source de cr&#233;ativit&#233; et de mieux-&#234;tre pour chacun et pour la communaut&#233;. Pour Kyle Jarrett, il s&#8217;agit bien d&#8217;une discipline au sens de Foucault : un grand dressement des ames et des esprits : </p>
<blockquote><p>&quot;The web 2.0 user who accept the call to interact is being shaped into, or reinforced as, the active, entrepreuneurial citizen of neoliberalism&quot; <a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2140/1947" target="_blank">Kylie Jarrett.</a></p>
<p>&quot;L&#8217;usager du web 2.0 qui accepte l&#8217;interaction est transform&#233;, ou renforc&#233;, en un sujet sujet actif, entrepreneurial du n&#233;olib&#233;ralime. <a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2140/1947" target="_blank">Kylie Jarrett</a>.</p>
</blockquote>
<p>Kyle Jarret met en regard la n&#233;cessit&#233; dans laquelle le plus grand nombre est sans cesse oblig&#233; de se red&#233;finir, de s&#8217;adapter, d&#8217;innover, de faire face &#224; l&#8217;impr&#233;vu &#8211; n&#233;cessit&#233;s qui sont par la gr&#226;ce du n&#233;olib&#233;ralisme transform&#233;es en vertus &#8211; et les pratiques du web 2.0 qui nous soumettent aux m&#234;mes contraintes. Participer &#224; un r&#233;seau social, c&#8217;est se donner l&#8217;obligation de r&#233;agir au flux d&#8217;information. Le contr&#244;le que nous avons donc sur nos profils, sur les informations que nous rendons disponible aux autres cache une perte de contr&#244;le face &#224; l&#8217;id&#233;ologie dominante du moment. En un sens, plus nous exer&#231;ons notre contr&#244;le sur les dispositifs de participation, plus nous nous ali&#233;nons &#224; un pouvoir qui, s&#8217;il se pr&#233;sente avec les colifichets du Web 2.0 n&#8217;en est pas moins r&#233;&#233;l. </p>
<p>Ce pouvoir s&#8217;&#233;tend &#8211; et c&#8217;est sans doute l&#224; la nouveaut&#233; &#8211; jusque dans les arri&#232;re salle de chacun. Tout l&#8217;espace est devenu un espace social, et les zones qui &#233;taient pr&#233;c&#233;demment per&#231;ues comme priv&#233;es tendent &#224; se r&#233;duire. Sur un site comme Facebook, par exemple, les modifications des &quot;statuts&quot; ou de la photo qui illustre le profil ne sont jamais neutres. Ils sont toujours en lien avec l&#8217;identit&#233; de la personne; ils en sont soit le reflet, soit une anticipation. Dans l&#8217;id&#233;al, une vie en ligne serait une vie ou tout serait partag&#233;, une vie sans barri&#232;res, une vie ou tout se lit ou se voit, les &#233;v&#233;nements minuscule d&#8217;une vie comme les changements masjuscule. Facebook annoncera avec la m&#234;me tonalit&#233; le changement d&#8217;un num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone et la naissance d&#8217;un enfant. Cet id&#233;al est celui du n&#233;olib&#233;ralisme qui pr&#244;ne le libre &#233;change, la disparition des barri&#232;res douani&#232;res, la &quot;libert&#233;&quot; du march&#233; &#233;conomique.</p>
<p>La grande force du Web 2.0 est d&#8217;avoir pu masquer les &#233;l&#233;ments de contr&#244;le et de domination sous une s&#233;duction efficace. L&#8217;interactivit&#233;, la mise en avant du contr&#244;le dont b&#233;n&#233;ficie l&#8217;usager sont toujours pr&#233;sent&#233;es comme un plus par rapport aux m&#233;dias pr&#233;c&#233;dents. Le web 2.0 c&#233;l&#232;bre le pouvoir donn&#233; aux petits qui trouveraient ainsi une revanche ou des modalit&#233;s d&#8217; expression vis a vis des puissances. Les hymnes comme &quot;<a href="http://www.wired.com/wired/archive/13.08/tech.html" target="_blank">We are the web</a>&quot; sont une c&#233;l&#233;bration de ce pouvoir. Elle sont aussi &#8211; surtout, si l&#8217;on suit Kyle Jarrett &#8211; une d&#233;n&#233;gation du contr&#244;le dont nous sommes l&#8217;objet.</p>
<blockquote><p>&quot;As a seductive expression of power, interactivity is based on condescension : a deliberate masking of power in order to effect control&quot; <strong><a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2140/1947" target="_blank">Kylie Jarrett</a></strong></p>
<p>&quot;Expression s&#233;duisante de la puissance, l&#8217;interactivit&#233; est bas&#233;e sur la condescendance : un masquage d&#233;lib&#233;r&#233; du pouvoir afin d&#8217;effectuer un contr&#244;le. &quot;<strong> </strong><a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2140/1947" target="_blank"><strong>Kyle Jarrett</strong></a> </p>
</blockquote>
<p>Masqu&#233;, un pouvoir n&#8217;en reste pas moins un pouvoir. Diffract&#233; en une multitude d&#8217;hommes sans qualit&#233;s, il n&#8217;en reste pas moins efficace. Peut &#234;tre m&#234;me l&#8217;est il plus encore puisqu&#8217;il moins localisable. Comment manifester contre un pouvoir qui n&#8217;a pas de centre ? Comment s&#8217;opposer a ce qui ni figure repr&#233;sentative, ni centre ? Comment s&#8217;opposer a ce qui est unanimement pr&#233;sent&#233; comme un bien et un progr&#232;s ?</p>
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		<title>Loser Generated Content de Soren Mork Petersen</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Oct 2008 09:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mondes Numériques]]></category>
		<category><![CDATA[Soren Mork Petersen]]></category>
		<category><![CDATA[web 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#171;&#160;Web 2.0 emerged primarily after thedotcom crisis&#160;&#187; Søren Mørk Petersen, Loser Generated Content : From Participation to Exploitation Le Web 2.0 a principalement émergé après la crise des dotcoms Beaucoup de choses ont été dites a propos du Web 2.0 mais c&#8217;est la première fois que je vois mis de façon aussi directe et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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			</a>
		</div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify">
<blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;Web 2.0 emerged primarily after thedotcom crisis&nbsp;&raquo; <a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/issue/view/263/showToc" target="_blank">Søren Mørk Petersen, Loser Generated Content : From Participation  to Exploitation</a></p>
</blockquote>
<blockquote><p>Le Web 2.0 a principalement émergé après la crise des  dotcoms</p>
</blockquote></div>
<p align="justify">Beaucoup de choses ont été dites a propos du Web 2.0 mais c&#8217;est la première  fois que je vois mis de façon aussi directe et aussi saisissante l&#8217;émergence du  Web 2.0 et la crise qu&#8217;a traversé les dotcoms. <strong>Søren Mørk  Petersen</strong> montre que le Web 2.0 est aussi une mutation d&#8217;un modèle  économique qui avait porté quelques sociétés &#8211; les dotcoms &#8211; à des sommets  hallucinants. Cependant beaucoup s&#8217;étaient montrées incapable de vendre des  biens en ligne &#8211; d&#8217;ou la crise. La mutation a consisté à organiser et vendre ce  qu&#8217;Internet fait faire le mieux : le <em>hype </em>et le <em>buzz. </em>Le tour  de force &#8211; d&#8217;aucuns diront le tour de passe-passe &#8211; a consisté a laisser les  usagers produire le contenu et à utiliser ce contenu pour produire de la  richesse.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>Søren Mørk Petersen</strong> en donne plusieurs exemples : Google,  AOL, le contenu généré par les utilisateurs, les blogues et les sites de réseaux  sociaux. Je ne reprendrais que les deux premiers exemples</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Google :&nbsp; le rachat par Google des archives de DejaNews lui permet de  valoriser des années de conversations sur Usenet. L&#8217;interface proposé par Google  ne permet plus de faire la différence entre les Google groupes et Usenet. Créé  en 1979 par quatre étudiants, Usenet a été pendant longtemps le coeur de la vie  en ligne. C&#8217;est un espace qui n&#8217;est pas sans faire penser à la blogosphère  d&#8217;aujourd&#8217;hui. La hierarchie y est décentralisée : chacun peut administrer son  propre serveur Usenet, et chacun peut écrire ce qu&#8217;il veut.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">AOL : en 1999, quelques internautes ont assigné AOL en justice. Ils  demandaient au FAI une rétribution pour toutes les heures qu&#8217;ils avaient passé à  animer les forums AOL, apportant du contenu, créant et soutenant les  conversations, construisant le sentiment d&#8217;une communauté. L&#8217;enquête a été a été  fermée en 2001, sans qu&#8217;une réponse de l&#8217;état américain ne soit apportée. Elle  est pourtant plus que d&#8217;actualité : a qui appartient le contenu produit sur  Facebook, Flickr, dans les MMO ? A qui appartiennent les machiminas ?  Appartiennent ils à ceux qui les produisent, déplacent, aggréent, lisent ? Ou  appartiennent ils aux éditeurs de jeux et aux sites de réseaux sociaux ou ils se  produisent ?</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Ce que dit <strong>Søren Mørk Petersen</strong>  a propos du rachat par  Google des archives de DejaNews</p>
<div align="justify">
<blockquote>
<p>This strategy can be charaterized as a reterritorialisation of free labour  into a capitalistic structure of profit making</p>
<p>Cette stratégie peut être caractérisée comme reterritorialisation du travail  libre dans une structure capitaliste de rénumération</p>
</blockquote></div>
<p align="justify">peut facilement être étendu a l&#8217;ensemble de l&#8217;Internet d&#8217;aujourdhui, de la  bloosphère aux sites de réseaux sociaux en passant par les folksonomies. Tout le  système est basé sur la captation des contenus produits par les internautes.  Ajouter un contenu sur Internet, que ce soit un commentaire à un billet sur un  blo, une image sur Flickr, son parcours professionnel sur Lindedkin, c&#8217;est créer  des un lien avec la pointe du système capitaliste. Et ce lien s&#8217;approfondit au  fur et a mesure que les relations que l&#8217;on noue avec d&#8217;autres humains se  construisent.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Dans les nuages, la matière première du capitalisme, ce sont nos relations  sociales.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
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