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	<title>Psy et Geek ;-) &#187; syndrome de munchausen</title>
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	<description>Psy &#38; Geek ;-) explore les mondes numériques</description>
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		<title>Le travail de l&#8217;identit&#233; en ligne</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Nov 2008 10:47:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les explorateurs du web]]></category>
		<category><![CDATA[Mondes Numériques]]></category>
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		<category><![CDATA[identité]]></category>
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		<category><![CDATA[syndrome de munchausen]]></category>

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		<description><![CDATA[Identit&#233;s Blogcamp View SlideShare presentation or Upload your own. (tags: identit&#233;internetpsychol&#8230;) &#160; Le 12 d&#233;cembre 2004, un jeune homme poste une vid&#233;o sur Youtube et l&#8217;appelle Numa Numa. On le voit danser sur la musique d&#8217;un groupe totalement inconnu et sur et des paroles incompr&#233;hensibles[1]. Numa Numa est reprise , modifi&#233;e, redistribu&#233;e sur le r&#233;seau. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<div id="__ss_725753" style="width: 425px; text-align: left"><a title="Identit&#233;s Blogcamp" style="display: block; margin: 12px 0px 3px; font: 14px helvetica,arial,sans-serif; text-decoration: underline" href="http://www.slideshare.net/rastofire/identits-blogcamp-presentation?type=powerpoint">Identit&#233;s Blogcamp</a><embed src="http://static.slideshare.net/swf/ssplayer2.swf?doc=identits-blogcamp-1225956146917412-9&amp;rel=0&amp;stripped_title=identits-blogcamp-presentation" width="425" height="355" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" />
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</p></div>
<p>&#160;</p>
<p>Le 12 d&#233;cembre 2004, un jeune homme poste une vid&#233;o sur Youtube et l&#8217;appelle Numa Numa. On le voit danser sur la musique d&#8217;un groupe totalement inconnu et sur et des paroles incompr&#233;hensibles<a href="#_ftn1_2339" name="_ftnref1_2339">[1]</a>. Numa Numa est reprise , modifi&#233;e, redistribu&#233;e sur le r&#233;seau. Des variantes circulent. On y voit des personnes seules ou en groupe, des jeunes ou des vieux, des professeurs du MIT ou des travailleurs danser sur &#171; Numa Numa &#187;. La vid&#233;o devient ce que l&#8217;on appelle sur Internet un ph&#233;nom&#232;ne viral. D&#8217;apr&#232;s la BBC elle aurait &#233;t&#233; vue plus de 700 millions de fois sur l&#8217;Internet <a href="#_ftn2_2339" name="_ftnref2_2339">[2]</a>. On a vu depuis Numa Numa en Lego, une apparition de Maitre Yoda, ou des personnages de Resident Evil&#8230;</p>
<p>Internet est le domaine des grands chiffres. A 700 millions de visionnages de &#171; Numa Numa &#187;, on peut ajouter les 100 millions de compte du site communautaire Facebook, les 7 milliards de pages vues par jour sur l&#8217;encyclop&#233;die en ligne Wikip&#233;dia, les 10 millions de comptes du jeu massivement multijoueur World of Warcraft. Ces multitudes sont une bonne indication du travail psychique que chaque internaute doit fournir en ligne : partout, plus d&#8217;un autre avec qui se lier et plus d&#8217;un autre avec qui &#233;viter d&#8217;&#234;tre en relation. Les grands nombres ne sont pas les seuls &#224; appeler un travail autour de l&#8217;identit&#233;. Les caract&#233;ristiques de l&#8217;Internet, parce que qu&#8217;elles permettent par rapport au monde hors-ligne sont &#233;galement &#224; prendre en compte. Aussi, avant d&#8217;en venir &#224; la fa&#231;on dont l&#8217;identit&#233; se d&#233;pose en ligne, je prendrais le temps de pr&#233;senter ces espaces num&#233;riques qui se sont ouvert puis d&#233;mocratis&#233;s au point de devenir ubiquitaires.</p>
<p><b></b></p>
<p><b>Nouveaux Mondes</b></p>
<p>L&#8217;Internet n&#8217;est pas n&#233;, comme on le dit souvent, de la volont&#233; du gouvernement am&#233;ricain de se doter d&#8217;un r&#233;seau qui r&#233;sisterait &#224; une guerre atomique. La doctrine militaire &#233;tait alors r&#233;gie l&#8217;&#233;quilibre de la terreur, ce que les am&#233;ricains r&#233;sumaient fort bien par l&#8217;acronyme <b>M</b>utual <b>A</b>ssured <b>D</b>estruction. L&#8217;Internet est n&#233; au sein de la DARPA, agence gouvernementale cr&#233;e par le pr&#233;sident Dwight Eisenhower apr&#232;s que les bips Spoutnik ait fait prendre conscience aux am&#233;ricains le retard technologique qu&#8217;ils avaient pris dans ce domaine. En 1969, l&#8217;ARPA met en place un premier r&#233;seau reliant quatre grands centres universitaires <a href="#_ftn3_2339" name="_ftnref3_2339">[3]</a> Le pr&#233;sident de l&#8217;ARPA, <b>J.C.R. Licklider</b> a pour politique d&#8217;ouvrir l&#8217;ARPA et le r&#233;seau au grand nombre d&#8217;universitaires. La politique de laisser faire bienveillant sera poursuivie par les pr&#233;sidents suivants et aura des cons&#233;quences inattendues. Aux connexions entre les machines, les hommes superposent leur socialit&#233;, faisant du r&#233;seau un nouvel espace social</p>
<p>L&#8217;une des plus grandes inventions de l&#8217;Internet fut invent&#233;e un jour de mars 1971 dans la plus grande discr&#233;tion &#8230; et la culpabilit&#233;. Ray TOMLINSON, ing&#233;nieur chez <b>B</b>olt <b>B</b>eranek and <b>N</b>ewman a modifi&#233; un programme qui permet d&#8217;envoyer des fichiers d&#8217;une machine &#224; une autre via le r&#233;seau ARPANET. En quelques lignes de codes et quelques essais plus tard, TOMLINSON a invent&#233; le &#171; netmail &#187;</p>
<p>Lorsqu&#8217;il en parle &#224; son ami et coll&#232;gue BURCHFIELD, il lui demande le silence : &#171;<i> N&#8217;en parle &#224; personne. Ce n&#8217;est pas ce sur quoi nous sommes suppos&#233;s travailler</i> &#187; Ses craintes seront vaines. Le mail se r&#233;pand sur le r&#233;seau &#224; une telle vitesse, que deux ans plus tard, il constitue les trois quarts du trafic d&#8217;ARPANET. En 1976, un rapport &#233;crit pour la DARPA s&#8217;&#233;tonnera : &#171; <i>Un aspect surprenant de ce service de message est la nature impr&#233;vue, non anticip&#233;e et non soutenue de sa naissance et de sa croissance. C&#8217;est juste arriv&#233;, et son histoire r&#233;cente ressemble davantage &#224; la d&#233;couverte d&#8217;un ph&#233;nom&#232;ne naturel que le d&#233;veloppement raisonn&#233; d&#8217;une nouvelle technologie &#187;<a href="#_ftn4_2339" name="_ftnref4_2339"><b>[4]</b></a></i></p>
<p>ARPAnet retournera finalement au domaine milliaire. Mais les hippies des ann&#233;es 70 l&#8217;auront suffisamment d&#233;tourn&#233; de sa finalit&#233; premi&#232;re &#8211; la communication entre les machines &#8211; pour qu&#8217; &#224; ses marges se d&#233;veloppe des mondes num&#233;riques et leurs cultures : dans les <b>M</b>ulti <b>U</b>ser <b>D</b>ongeons , on d&#233;fend sa vie &#224; coups de sabre, de hache &#224; deux mains ou de pistolet laser. On discute sur les listes de diffusion et les <b>B</b>ulletin <b>B</b>oard <b>S</b>ystems. Avec Usenet, on commence a poser les bases d&#8217;un r&#233;seau mondial.</p>
<p>Mais il manquait &#224; tous ces mondes quelque chose qui puisse les r&#233;unir tous. C&#8217;est ce qu&#8217;apportera Tim Berners-Lee. Alors qu&#8217;il travaille au CERN, il est confront&#233; &#224; la bab&#233;lisation des machines, des syst&#232;mes d&#8217;exploitation et des programmes. La recherche documentaire en est inutilement complexifi&#233;e puisque chacun doit apprendre a se servir de chaque machine. Par ailleurs, les bases de donn&#233;es ne communiquant pas entre elles, une recherche n&#233;cessite souvent de passer par plusieurs machines. Il propose de r&#233;soudre ces difficult&#233;s en utilisant un syst&#232;me hypertexte global et en fait la proposition en 1989. En d&#233;cembre 1990, juste pour No&#235;l, le premier serveur web, nxoc01.cern.ch. est disponible. En 1992, le monde compte environ 50 serveurs web, 4000 newsgroups et plus d&#8217;un million de machines. Trois ans plus tard, on compte 100 000 sites disponibles. Elles sont aujourd&#8217;hui au nombre mille millards<a href="#_ftn5_2339" name="_ftnref5_2339">[5]</a>. </p>
<p>Entre temps, le web a mut&#233;. <a href="http://www.peterme.com/">Peter Merholz </a>propose le mot &#171; wee-blog &#187; (1999) pour d&#233;signer le dispositif d&#8217;&#233;criture que des internautes utilisent d&#233;j&#224; depuis quelques ann&#233;es. Le blog, comme on prendra rapidement l&#8217;habitude de l&#8217;appeler, a pour lui de faciliter l&#8217;&#233;criture en ligne. Un blog est un dispositif d&#8217;&#233;criture dans lequel les <i>billets </i>sont pr&#233;sent&#233;s dans l&#8217;ordre ant&#233;chronologique. C&#8217;est aussi un dispositif social : chaque blog propose une liste de liens vers d&#8217;autres listes (&#171; blogroll &#187;) ; un syst&#232;me de r&#233;trolien permet de publier en commentaire les liens vers les billets qui lui sont relatifs. Enfin, les syst&#232;mes de syndication RSS permettent de diffuser facilement l&#8217;information. Enfin, des permaliens permettent de r&#233;f&#233;rer les billets de fa&#231;on &#171; permanente &#187;. Avec les blogs, il est dor&#233;navant aussi facile d&#8217;&#233;crire et d&#8217;&#233;diter des textes en ligne que de se servir d&#8217;un traitement de texte. En 2004, Technorati recence 4 millions de blogs ; ils sont 133 millions en 2008. </p>
<p>A la base de cette &#233;volution, une nouvelle &#233;criture. A la lin&#233;arit&#233; du texte, le texte num&#233;rique propose de nouvelles fonctionnalit&#233;s : il peut &#234;tre copi&#233; et coll&#233; facilement. Il peut lier n&#8217;importe quel contenu &#224; n&#8217;importe quel autre contenu. Des donn&#233;es peuvent &#234;tre &#233;chang&#233;es et m&#233;lang&#233;es entre diff&#233;rentes applications. Cette facilit&#233; donn&#233;e aux internautes pour produire du contenu par leurs articles, leurs photos, leurs vid&#233;os, leurs commentaires, leurs votes produit une somme extraordinaire de donn&#233;es. </p>
<p><b>Travaux pionniers</b></p>
<p>Ces espaces et leurs usages ont attir&#233; l&#8217;attention des universitaires assez tardivement. John Suler est le premier psychologue &#224; avoir tent&#233; de donner tous premiers &#224; avoir tent&#233; de donner une analyse de ce qu&#8217;il vivait tous les jours en ligne. Partant de son exp&#233;rience de <i>The Palace</i>, un bavardoir graphique, il pose article apr&#232;s article &#224; partir de 1995, les grandes lignes d&#8217;une psychologie du cyberespace. Il explore la psychologie des individus, les relations interindividuelles, les dynamiques de groupe ou le travail clinique en ligne, la r&#233;gression en ligne, le changement de sexe, les tensions entre la vie on et offline<a href="#_ftn6_2339" name="_ftnref6_2339">[6]</a></p>
<p>L&#8217;id&#233;e g&#233;n&#233;rale de ces premiers travaux est que l&#8217;Internet offre un espace ou l&#8217;on peut exp&#233;rimenter diff&#233;rentes identit&#233;s. Lisa Nakamura parle m&#234;me de &#171; tourisme identitaire &#187; pour les avatars : chaque utilisateur, en empruntant une identit&#233;, explorerait en profondeur les caract&#233;ristiques que la culture pr&#234;te a cette identit&#233; <a href="#_ftn7_2339" name="_ftnref7_2339">[7]</a>. A cette id&#233;e s&#8217;ajoute que les internautes profitent largement des avantages que leur offre l&#8217;Internet et ouvrant g&#233;rant en ligne diff&#233;rentes identit&#233;s. De ce point de vue, le texte de John Suler a un peu vieilli, car les pratiques d&#8217;aujourd&#8217;hui sont tout &#224; fait diff&#233;rentes. Devant la multiplication des espaces d&#8217;&#233;criture, les internautes trouvent plus &#233;conomiques d&#8217;utiliser une seule identit&#233;. Cela leur permet d&#8217;&#234;tre rep&#233;r&#233;s et reconnus plus facilement par les moteurs de recherche et les autres internautes ind&#233;pendamment de l&#8217;espace ou ils se trouve. Ce mouvement est accompagn&#233; ou accentu&#233; par la mise en place de dispositifs centralisateurs comme Netvibes, friendfeed ou disqus<a href="#_ftn8_2339" name="_ftnref8_2339">[8]</a></p>
<p><b>L&#8217;identit&#233; s&#8217;&#233;crit plusieurs fois</b></p>
<p>Sur Internet, l&#8217;identit&#233; s&#8217;&#233;crit plusieurs fois. Elle s&#8217;&#233;crit avec l&#8217;adresse email, l&#8217;adresse IP, le nom, la signature et l&#8217;avatar<b>. </b></p>
<p><b>L&#8217;adresse IP</b> est la moins personnelle et la plus sociale des adresses. Elle rattache l&#8217;individu &#224; une machine &#8211; on pourrait m&#234;me dire qu&#8217;elle identifie une machine &#224; tous ses utilisateurs. C&#8217;est &#233;galement elle qui rattache l&#8217;internaute au au Fournisseur d&#8217;Acc&#232;s Internet, et &#224; tout le corps social. Cette adresse IP est un v&#233;ritable cordon ombilical qui nous rattache profond&#233;ment au corps social. Sauf a utiliser des syst&#232;mes de reroutage qui ne sont pas &#224; la port&#233;e de l&#8217;utilisateur lambda, cette adresse donne aux jeux de cache-cache que l&#8217;on peut trouver sur l&#8217;Internet leur valeur exacte : il s&#8217;agit de positions imaginaires par lesquels se disent le rapport &#224; la loi, &#224; la culpabilit&#233; ou &#224; sa propre origine.</p>
<p><b>L&#8217;adresse email</b> est double. Elle s&#8217;articule de part et d&#8217;autre du signe arobase &#171; @ &#187;. A droite, le nom de domaine du fournisseur de l&#8217;adresse indique &#224; tous &#224; qui l&#8217;utilisateur confie son courrier &#233;lectronique et laisse transparaitre quelques informations quant &#224; ses go&#251;ts ou son expertise de l&#8217;Internet : avoir une adresse email chez alice.fr ou chez gmail.com sont deux choses tr&#232;s diff&#233;rentes. A gauche de l&#8217;arobase, le nom que l&#8217;internaute s&#8217;est choisi. Le nom qu&#8217;il se donne, qu&#8217;il soit similaire ou diff&#233;rent de celui de son &#233;tat civil, est toujours tr&#232;s investi.</p>
<p><b>Le nom</b> &#8211; ou le pseudo &#8211; peut correspondre a une partie de l&#8217;adresse email ou &#234;tre diff&#233;rente. La encore, un travail subtil entre les correspondance ou les diff&#233;rences des diff&#233;rentes parties de l&#8217;identit&#233; num&#233;rique sont possible. Se donner un nom est toujours tr&#232;s charg&#233; affectivement. Cela nous place dans la position de nos propres parents &#224; notre naissance, ou plus exactement la position que l&#8217;on imagine avoir &#233;t&#233; la leur. </p>
<p><b>La signature</b> est un bout de texte que l&#8217;on appose a tous les messages que l&#8217;on r&#233;dige. Pr&#233;c&#233;d&#233; des signes &#8211; suivis d&#8217;un espace, il indique que le mail ou le message est termin&#233;. Il cl&#244;t un discours. Si l&#8217;on consid&#232;re la mouvance dans laquelle nous somme pris sur Internet, c&#8217;est un point qui peut &#234;tre investit comme repr&#233;sentant une permanence. Cela peut &#234;tre une adresse g&#233;ographique, une citation, un lien vers un site.. En passant au web, la signature s&#8217;est un peu sophistiqu&#233;e : elle peut se faire image, fixe ou anim&#233;e. Elle peut &#233;galement contenir des &#233;l&#233;ments d&#8217;informations issus d&#8217;un autre domaine, par exemple les statistiques de la personne &#224; un jeu en ligne. Enfin, depuis le Web 2.0, la signature est souvent utilis&#233;e pour faire connaitre les r&#233;seaux sociaux ou l&#8217;ont peut &#234;tre joint. Mais, de Usenet &#224; aujourd&#8217;hui, la dynamique reste la m&#234;me : la signature est le lieu de la permanence. Elle dit en effet, quelque soit le contexte, quelque soit l&#8217;humeur ou la tonalit&#233; du message que l&#8217;on vient d&#8217;&#233;crire, que le fond des choses reste toujours identique &#224; lui-m&#234;me. En ce sens, elle est un repr&#233;sentant de la continuit&#233; d&#8217;exister. Par exemple, Brian Reid avait pour signature &#171; <i>5th thoracic</i> &#187; pour rappeler la part qu&#8217;il avait prise a la&#160; <i>backbone cabal .</i></p>
<p><b>L&#8217;avatar </b>signale le sujet pour les autres depuis que le web s&#8217;est dot&#233; de dispositifs sociaux comme les forum. Il s&#8217;agit d&#8217;une image, choisie par l&#8217;utilisateur, qui le repr&#233;sente. Lorsque l&#8217;utilisateur ne se choisit pas une image, le dispositif d&#8217;&#233;criture lui en donne une par d&#233;faut : il aura la m&#234;me que tous ceux qui souhaitent, de ce point de vue, rester anonyme. L&#8217;image est utilis&#233; dans des buts narcissiques, agressifs ou s&#233;ducteurs : les pouvoirs de l&#8217;image (Tisseron, 2005) jouent ici pleinement.</p>
<p>A l&#8217;exception de l&#8217;adresse I.P. qui est donn&#233;e par un tiers, tous les autres marqueurs d&#8217;identit&#233; sont des &#233;chos de la vie imaginaire et inconsciente de l&#8217;utilisateur. Les marqueurs d&#8217;identit&#233; disent vers qui vont les id&#233;alisations ; ils peuvent comm&#233;morer des &#233;v&#233;nements heureux ou malheureux, et cette comm&#233;moration peut &#234;tre priv&#233;e, familiale, ou publique. </p>
<p>Par exemple, c&#8217;est ainsi que <a href="http://twitter.com/jdseyres" target="_blank">Jean Daniel Seyres</a> pr&#233;sente le nom qu&#8217;il utilise en ligne :</p>
<blockquote><p>Mon pr&#233;nom est Jean-Daniel. La famille et quelques amis d&#8217;enfance m&#8217;appellent Jean-Da, ce que mon &#233;pouse (qui ne l&#8217;&#233;tait pas encore) d&#233;testait. Elle m&#8217;appelait JD.</p>
<p>Parall&#232;lement &#224; &#231;a, j&#8217;ai une tante qui m&#8217;a toujours surnomm&#233; &quot;le sage&quot;, dans le sens du vieux sage, celui qui a des paroles sens&#233;es et r&#233;fl&#233;chies. Mon &#233;pouse me chambrait &#224; ce sujet en m&#8217;appelant JD-san (&quot;san&quot; &#233;tant un suffixe que les japonais utilisent pour marquer le respect). Et JD-san &#233;tant compliqu&#233;, elle a invers&#233;, raccourcis, et c&#8217;est devenu Sanji.</p>
<p>Du coup, j&#8217;ai commenc&#233; &#224; signer Sanji sur usenet en 95 ou 96&#8230;</p>
</blockquote>
<p>En un nom, on croise les investissements d&#8217;une &#233;pouse, le souvenir d&#8217;une tante, la place donn&#233;e &#224; un enfant, le go&#251;t du Japon, une &#233;lision et une inversion. Pour d&#8217;autres, ce sont les jeux avec les images qui diront les mouvements de travail de l&#8217;identit&#233; ou qui marqueront des investissements sucessifs <a href="#_ftn9_2339" name="_ftnref9_2339">[9]</a>. C&#8217;est ainsi que l&#8217;on peut &#234;tre suffisamment attach&#233; &#224; une image pour l&#8217;associer a son nom dans des lieux diff&#233;rents et que les changements de cette image peuvent marquer </p>
<p><b>L&#8217;identit&#233; s&#8217;&#233;crit dans plusieurs lieux</b></p>
<p>Depuis le web 2.0, l&#8217;identit&#233; s&#8217;&#233;crit aussi dans plusieurs lieux. Par exemple, un billet post&#233; sur un blog sera aussit&#244;t achemin&#233; vers plus d&#8217;un autre via les fils RSS ou le courrier &#233;lectronique. Il appara&#238;tra en int&#233;gralit&#233; ou en partie dans diff&#233;rents espaces, o&#249; il pourra &#234;tre redistribu&#233; ou comment&#233;. Il en va ainsi de tout contenu mis en ligne sur le r&#233;seau : photo, vid&#233;os, textes peuvent &#234;tre comment&#233;, &#233;tiquet&#233;s, distribu&#233;s et m&#234;me parfois modifi&#233;s. Et &#224; chaque fois, le contenu sera associ&#233; &#224; une identit&#233;. Du point de vue de l&#8217;utilisateur, la multitude des lieux d&#8217;&#233;criture o&#249; son identit&#233; est diffract&#233;e a des potentialit&#233;s morcelantes dont il peut avoir &#224; se d&#233;fendre. Cela peut &#234;tre fait en utilisant des dispositifs d&#8217;&#233;criture centralisateurs, comme Facebook ou Netvibes, et &#224; s&#8217;y tenir.</p>
<p><b></b></p>
<p><b></b></p>
<p><b>Kaycee Nicole</b></p>
<p>Il existe sur Internet un nombre important de groupe de discussions d&#233;di&#233;s &#224; des personnes souffrant de pathologies ou &#224; leurs proches. La facilit&#233; avec laquelle il est possible de cr&#233;er des groupes sur Internet, le contact et le recrutement ais&#233; avec des personnes souffrant des m&#234;me difficult&#233;s et la culture du &#171; self-help &#187; garantissent leurs succ&#232;s. Lors de la mise en place du Web 2.0, assez naturellement, des malades ont commenc&#233; &#224; blogger jour apr&#232;s jour leur maladie. L&#8217;un d&#8217;entre eux, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a> a tenu en ligne un journal de sa maladie jusqu&#8217;&#224; ses derniers jours. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a> cachait deux personnes. Une adolescente, qui a commenc&#233; &#224; incarner cette identit&#233; mais qui a assez rapidement abandonn&#233; le jeu de r&#244;le. Et sa m&#232;re, Debbie Swenson, qui l&#8217;a repris et men&#233; le jeu en ligne pendant des ann&#233;es jusqu&#8217;a son &#233;pilogue. L&#8217;annonce de la mort de Kaycee Nicole a provoqu&#233; une vive &#233;motion chez les personnes qui suivaient son blog. L&#8217;annonce de la supercherie aura un &#233;cho bien au-del&#224; !</p>
<p>Un psychologue am&#233;ricain, <a href="http://www.selfhelpmagazine.com/articles/chronic/faking.html">Marc D. Feldman</a> <a href="#_ftn10_2339" name="_ftnref10_2339">[10]</a> , a forg&#233; en 2001 l&#8217;expression &#171; Syndrome de Muchausen en ligne &#187; pour rendre compte du fait que l&#8217;Internet est en quelque sorte le th&#233;&#226;tre r&#234;v&#233; pour &#224; la fois pour produire des sympt&#244;mes et y trouver une audience. La production des sympt&#244;mes y serait ais&#233;e et m&#234;me facilit&#233;e puisque le dire en texte suffit.. </p>
<p>La notion d&#8217;un syndrome de Munchausen en ligne est&#160; r&#233;cente<a href="#_ftn11_2339" name="_ftnref11_2339">[11]</a>. Elle t&#233;moigne de l&#8217;effort des cliniciens pour rendre compte des faits qu&#8217;ils observent en ligne. Elle est cependant insuffisante et cela pour deux raisons. On peut lui faire comme premi&#232;re critique qu&#8217;elle s&#8217;appuie sur le syndrome de Munchaunsen qui n&#8217;est qu&#8217;une fa&#231;on d&#8217;&#233;viter de parler des troubles hyst&#233;riformes ou de la maltraitance. La seconde critique qui peut lui &#234;tre adress&#233;e est qu&#8217;elle n&#8217;est que descriptive et qu&#8217;elle ne rend pas compte des dynamiques intrapsychiques. </p>
<p>Si l&#8217;on garde comme ligne d&#8217;analyse le cas <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a> <a href="#_ftn12_2339" name="_ftnref12_2339">[12]</a>, on peut penser que par une telle conduite, Debbie Swenson explorait les objets de sa fille puisque c&#8217;est d&#8217;elle qu&#8217;elle reprend le personnage de Kaysee. Cela laisse supposer de la part de la m&#232;re une absence de cette censure que les parents &#233;prouvent g&#233;n&#233;ralement vis &#224; vis de leurs enfants.&#160; </p>
<p>On trouve d&#8217;ailleurs une position similaire avec le cas de&#160; <a href="http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/people/m/megan_meier/index.html?inline=nyt-per">Megan Meier</a> <a href="#_ftn13_2339" name="_ftnref13_2339">[13]</a>. Megan Meier est une jeune fille qui s&#8217;est suicid&#233;e apr&#232;s que son flirt en ligne, Josh, lui ait annonc&#233; qu&#8217;il rompt. Josh &#233;tait une identit&#233; en ligne&#160; manipul&#233;e par une amie de Megan et sa m&#232;re. Celle-ci dira qu&#8217;elle souhaitait savoir ce que Megan disait &#224; propos de sa fille&#8230; Dans ce cas, une identit&#233; en ligne a permis d&#8217;approcher un tiers pour conna&#238;tre ses pens&#233;es a propos d&#8217;un proche. </p>
<p>La <a href="http://psychcentral.com/blogs/kaycee_letter.htm">lettre</a> explicative <a href="#_ftn14_2339" name="_ftnref14_2339">[14]</a> laiss&#233;e par Debbie Swenson laisse entrevoir une autre piste : celle d&#8217;un travail de deuil difficile. Kaysee &#233;tait la figure composite de trois personnes&#160; &quot;mortes trop t&#244;t&quot; de cancers et le blog a &#233;t&#233; une fa&#231;on d&#8217;&#233;crire et de transmettre leurs vies. &quot;<em><b>J&#8217;ai &#233;crit</b></em>, dit Debbie Svenson, <em><b>leurs pens&#233;es, leurs plaisanteries, leurs combats, leurs peurs</b></em>&quot; </p>
<p>Le m&#233;canisme psychologique sous-jacent est l&#8217;<strong>identification projective</strong>. Il a &#233;t&#233; d&#233;crit pour la premi&#232;re fois par Melanie Klein a propos de cas pathologiques : il s&#8217;agit du fantasme par lequel l&#8217;enfant imagine p&#233;n&#233;trer le corps maternel, en personne ou avec des objets, afin de la contr&#244;ler. Plus tard, l&#8217;identification projective a &#233;t&#233; reconnue comme faisant partie des m&#233;canismes cl&#233;s du d&#233;veloppement normal. </p>
<p>En effet, l&#8217;identification projective concourt &#224; &#233;tendre les limites de son psychisme en les &#233;tendant &#224; celle d&#8217;un autre, ou d&#8217;un groupe. Aux stades infans du d&#233;veloppement, l&#8217;espace psychique se forme par le va et vient des introjections et des identifications projectives qui installent alternativement les objets dans l&#8217;espace psychique propre et dans l&#8217;espace psychique de l&#8217;autre. La croissance psychique se fait dans ces mouvements dans lesquels alternent la pleine reconnaissance de l&#8217;autre, et des moments de fading ou l&#8217;autre dispara&#238;t en soi ou le soi dispara&#238;t dans l&#8217;autre. </p>
<p>Le mouvement d&#8217;identification projective est souvent port&#233; par un double mouvement. Il s&#8217;agit d&#8217;abord d&#8217;une attente de contenant. On confie &#224; l&#8217;autre ce que l&#8217;on ne peut soi&#160; m&#234;me contenir. Il s&#8217;agit ensuite d&#8217;une attente de transformation : on attend de l&#8217;autre qu&#8217;il puisse faire quelque chose de ce qu&#8217;on lui a confi&#233; afin de pouvoir le r&#233;-introjecter dans son propre espace psychique. </p>
<p>L&#8217;identification projective a &#233;t&#233; remarquablement d&#233;crite par Michel de M&#8217;Uzan. Bien que dans le passage qui suit il s&#8217;attache &#224; d&#233;crire le fonctionnement psychique en s&#233;ance de l&#8217;analyste, les m&#233;canismes qu&#8217;il donne me semblent tout a fait valables en dehors de ce cadre et explicitent remarquablement le ph&#233;nom&#232;ne qui nous occupe. </p>
<blockquote><p>&#171; La ponte d&#233;finit un besoin &#233;prouv&#233; par l&#8217;analyste, celui des d&#233;poser dans l&#8217;analys&#233; des parties de lui-m&#234;me, ses propres productions, ses fa&#231;ons de voir. On reconna&#238;t l&#224; une sorte de projection ; mais il y a plus car l&#8217;analyste est alors expos&#233; &#224; s&#8217;int&#233;resser avant tout au destin de ce qu&#8217;il a d&#233;pos&#233;. Ces d&#233;p&#244;ts se sont-ils d&#233;velopp&#233;s ? L&#8217;analys&#233; est-il bien le terrain esp&#233;r&#233;, propice &#224; une germination ? L&#8217;investissement de son image est-il suffisant pour qu&#8217;il devienne complice d&#8217;une imp&#233;gnation de son Inconscient par ce qui proc&#232;de de l&#8217;analyste ? L&#8217;analyste ferait ainsi de son patient une sorte d&#8217;incubateur.      <br />La convoitise, de son c&#244;t&#233;, vise les contenus psychiques de l&#8217;analys&#233;, en vue d&#8217;utilisations &#233;go&#239;stes, par exemple, une promotion de l&#8217;auto-analyse de l&#8217;analyste. Il s&#8217;agit de repr&#233;sentations d&#8217;objets, &#224; m&#234;me d&#8217;&#234;tre d&#233;limit&#233;s ; mais aussi de quelque chose d&#8217;infiniment plus &#233;l&#233;mentaire, comparable &#224; une mati&#232;re essentielle &#224; traiter. Pour en donner une image, je citerai le r&#234;ve d&#8217;une patiente qui se met en sc&#232;ne avec ses parents. Elle &#233;prouve le sentiment d&#8217;&#234;tre expos&#233;e &#224; un danger extr&#234;me : ses parents s&#8217;appr&#234;tent &#224; pomper sa substance pour la r&#233;partir dans des petits tubes de couleurs diff&#233;rentes.       <br />La domination, enfin, a trait au besoin de contr&#244;ler rigoureusement le fonctionnement psychique de l&#8217;analys&#233;, de s&#8217;en assurer la ma&#238;trise, comme si celui-ci ne devait jouir de la moindre libert&#233;, comme s&#8217;il devait fonctionner conform&#233;ment aux principes qui d&#233;finissent les relations de l&#8217;analyste avec ses propres objets. &#187; Michel de M&#8217;Uzan, La bouche de &#8216;l&#8217;inconscient</p>
</blockquote>
<p>On reconna&#238;t avec la domination et la convoitise l&#8217;identification projective telle que la d&#233;finissait Melanie Klein : les mouvements d&#8217;envie poussent l&#8217;enfant &#224; explorer fantasmatiquement la caverne maternelle et &#224; y d&#233;rober les merveilles qui s&#8217;y trouvent. La ponte en est un m&#233;canisme particulier et il me semble que c&#8217;est celui l&#224; qui est le plus actif dans les cas de supercherie en ligne. </p>
<p>Chaque mail post&#233; sur la liste de diffusion, chaque post d&#233;pos&#233; sur le forum, chaque bout de phrase lanc&#233; dans la <em>chat room</em> sont autant d&#8217;oeufs qui sont avidement lanc&#233;s au groupe. Ce qui est d&#233;pos&#233;, ce sont des &#233;motions, des souvenirs, des fantasmes insuffisamment &#233;labor&#233;s. Ils ne sont plus tout &#224; fait inconscients, puisqu&#8217;ils trouvent une voie de frayage au travers les fantaisies qu&#8217;invente le <em>faker. </em>Mais ils ne sont pas non plus tout &#224; fait conscients, car le <em>faker</em><a href="#_ftn15_2339" name="_ftnref15_2339"><i><b>[15]</b></i></a><em> </em>en ignore les sousbassement fantasmatiques. Chaque r&#233;ponse apport&#233;e est tout aussi avidement re&#231;ue car elle est potentiellement porteuse d&#8217;une introjection. Tant que l&#8217;introjection n&#8217;est pas suffisante, le <em>faker </em>continue &#224; infiltrer le groupe avec son identit&#233; num&#233;rique. Celle ci est un <strong>contenant</strong> des fantasmes qui cherchent imp&#233;rieusement une voie de satisfaction. L&#8217;identit&#233; en ligne est une annexe du self du faker ; elle est &#224; la fois le d&#233;barras, le contener dans lequel on cherche &#224; enfermer ce qui est douloureux et la colonie, les nouvelles espaces que le self &#224; &#224; conqu&#233;rir. Mais c&#8217;est &#233;galement un <strong>objet en attente de transformation. </strong>Au travers des r&#233;ponses qui sont donn&#233;es, le <em>faker </em>peut asseoir de meilleures identifications. Dans le cas de Kaycee Nicole / Debbie Swenson, il peut s&#8217;agir de l&#8217;identification &#224; une personne en deuil qui pourrait lui donner de meilleurs appuis pour son propre travail de deuil : qu&#8217;&#233;prouve-t-on&#160; lorsqu&#8217;un proche est mort ? Qu&#8217;&#233;prouve-t-on lorsqu&#8217;il agonise ? C&#8217;est &#224; ces r&#233;ponses que le groupe r&#233;pond. Il se comporte comme le choeur antique : il fait r&#233;sonner les fant&#244;mes et les revenants. Il est la voix des morts. </p>
<p>&#160;</p>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>La v&#233;rit&#233; de la fiction</strong></p>
<p>On aura compris que je suis plus que r&#233;ticent devant la formule &quot;syndrome de Munchausen en ligne&quot;. Il me semble que les termes de <em>faker</em> et de <em>troll</em> invent&#233;s par les digiborig&#233;nes sont amplement suffisants. Est un <i>troll</i> toute personne ou tout message dont la fonction est d&#8217;apporter le chaos dans le groupe. Est un <i>faker</i> toute personne qui met en ligne des contenus faux ou plus exactement des contenus qui ne correspondent pas a l&#8217; intitul&#233; : sous le titre du dernier Disney t&#233;l&#233;charg&#233; sur un r&#233;seau P2P peut se cacher un tout autre film.&#160; Trolls et fakers ont aussi, il faut bien l&#8217;admettre, des fonctions positives. Le premier, en pratiquant l&#8217;art d&#8217;avoir toujours raison, rompt les consensus et apporte au groupe les nouveaux points de vue sans lesquels ils s&#8217;axphyxierait. Le second nous rappelle qu&#8217;il peut y avoir une diff&#233;rence entre ce qui s&#8217;&#233;crit et ce qui existe. Tous nous nous enseignent qu&#8217;il y a un malaise dans la culture num&#233;rique : en ligne aussi, la premi&#232;re source de d&#233;sagr&#233;ment, et la moins &#233;vitable, c&#8217;est l&#8217;autre. </p>
<hr align="left" width="33%" size="1" />
<p><a href="#_ftnref1_2339" name="_ftn1_2339">[1]</a> Il s&#8217;agit de Dragostea din Tei par le groupe O-Zone (Dan Balan, writer/producer).</p>
<p><a href="#_ftnref2_2339" name="_ftn2_2339">[2]</a> http://news.bbc.co.uk/1/hi/entertainment/6187554.stm</p>
<p><a href="#_ftnref3_2339" name="_ftn3_2339">[3]</a> Les deux universit&#233;s de Californie (UCLA &amp; USCB), le SRI de Stanford et l&#8217;Universit&#233; de l&#8217;Utah</p>
<p><a href="#_ftnref4_2339" name="_ftn4_2339">[4]</a> Cit&#233; par <u><a href="http://alas.matf.bg.ac.yu/~mr02267/e-mail.htm">http://alas.matf.bg.ac.yu/~mr02267/e-mail.htm</a></u>. Imprim&#233; Septembre 2006. [&quot;A surprising aspect of the message service is the unplanned, unanticipated, and unsupported nature of its birth and early growth,&quot; reads a report on e-mail written for ARPA in 1976. &quot;It just happened, and its early history has seemed more like the discovery of a natural phenomenon than the deliberate development of a new technology.&quot;]</p>
<p><a href="#_ftnref5_2339" name="_ftn5_2339">[5]</a> &#8220;Official Google Blog: We knew the web was big&#8230;.&#8221; http://googleblog.blogspot.com/2008/07/we-knew-web-was-big.html.</p>
<p><a href="#_ftnref6_2339" name="_ftn6_2339">[6]</a> Cette <i>Psychologie of cyberspace </i>est disponible &#224; l&#8217;adresse http://www.rider.edu/users/suler/psycyber/psycyber.html</p>
<p><a href="#_ftnref7_2339" name="_ftn7_2339">[7]</a> <a href="http://www.humanities.uci.edu/mposter/syllabi/readings/nakamura.html">http://www.humanities.uci.edu/mposter/syllabi/readings/nakamura.html</a>, &quot;Race In/For Cyberspace: Identity Tourism and Racial Passing on the Internet&quot;</p>
<p><a href="#_ftnref8_2339" name="_ftn8_2339">[8]</a> Respectivement <a href="http://www.netvibes.com">http://www.netvibes.com</a>, <a href="http://www.friendfeed.com">http://www.friendfeed.com</a>, http://www.disqus.com</p>
<p><a href="#_ftnref9_2339" name="_ftn9_2339">[9]</a> La question int&#233;resse r&#233;guli&#232;rement les internautes comme peut le montrer une recherche rapide avec comme clefs choix+pseudo</p>
<p><a href="#_ftnref10_2339" name="_ftn10_2339">[10]</a> http://www.selfhelpmagazine.com/articles/chronic/faking.html</p>
<p><a href="#_ftnref11_2339" name="_ftn11_2339">[11]</a> La page Wikipedia qui lui est consacr&#233;e date de septembre 2007 et elle est ce jour tr&#232;s peu lue. </p>
<p><a href="#_ftnref12_2339" name="_ftn12_2339">[12]</a> http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole</p>
<p><a href="#_ftnref13_2339" name="_ftn13_2339">[13]</a> http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/people/m/megan_meier/index.html?inline=nyt-per</p>
<p><a href="#_ftnref14_2339" name="_ftn14_2339">[14]</a> http://psychcentral.com/blogs/kaycee_letter.htm</p>
<p><a href="#_ftnref15_2339" name="_ftn15_2339">[15]</a> Dans le folklore de l&#8217;Internet, le <i>faker </i>est celui qui met en ligne de faux contenus ou des contenus qui ne correspondent pas &#224; leur intitul&#233;.</p>
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		<title>Poupee vaudou numerique</title>
		<link>http://www.psyetgeek.com/poupee-vaudou-numerique</link>
		<comments>http://www.psyetgeek.com/poupee-vaudou-numerique#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2008 09:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeux vidéos]]></category>
		<category><![CDATA[Thèse]]></category>
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		<category><![CDATA[identification projective]]></category>
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		<category><![CDATA[projection]]></category>
		<category><![CDATA[syndrome de munchausen]]></category>
		<category><![CDATA[troll]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.psyetgeek.com/?p=286</guid>
		<description><![CDATA[A la GDC d&#8217;Austin, des psychologues et des community managers se sont penchés sur les déviances en ligne et plus précisément sur les effets de l&#8217;anonymat. Sean Dahlberg de BioWare, Troy Hewitt de Flying Lab Sofware, Meghan Rodberg de Turbine, Sam Gosling et deux psychologues, James Pennebaker et Sam Gosling tous deux enseignants à l&#8217;Université [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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			</a>
		</div>
<p align="justify">A la GDC d&#8217;Austin, des psychologues et des<em> community managers</em> se sont<br />
penchés sur les déviances en ligne et plus précisément sur les effets de<br />
l&#8217;anonymat. Sean Dahlberg de BioWare, Troy Hewitt de Flying Lab Sofware, Meghan<br />
Rodberg de Turbine, Sam Gosling et deux psychologues, <a href="http://pennebaker.socialpsychology.org/">James Pennebaker</a> et <a href="http://gosling.socialpsychology.org/">Sam Gosling</a> tous deux enseignants<br />
à l&#8217;Université de Austin, Texas. Au passage, il est intéressant de voir comment<br />
les collègues ont intégré les dispositifs en ligne. Combien de temps devrons<br />
nous attendre avant de voir cela en France ? Second constat : les conférences<br />
sur les jeux vidéos font maintenant appel à la faculté. Les cas abordés sont des<br />
classiques de la vie en ligne : <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a>, l&#8217;attaque<br />
d&#8217;anonymous sur la page Myspace de <a href="http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&amp;VideoID=753398" target="_blank">Mitchell Henderson</a> ou encore le raid d&#8217;une guilde sur une<br />
autre qui célébrait en ligne un service funéraire pour l&#8217;un de leurs membres<br />
mort hors ligne</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify"><b>Le syndrome de Munchausen en ligne</b></p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">La première question abordée a été celle du &laquo;&nbsp;<strong>syndrome de<br />
Munchausen</strong> <strong>en ligne</strong>&laquo;&nbsp;. Hors ligne, le syndrome de<br />
Munchausen&nbsp; se caractérise par le besoin d&#8217;attirer l&#8217;attention du corps médical<br />
en feignant une maladie. Les personnes présentant ce syndrome peuvent aller<br />
jusqu&#8217;a prendre des laxatifs pour perdre du poids ou se saigner pour mimer une<br />
anémie. Il existe également une variante dite &laquo;&nbsp;par procuration&nbsp;&raquo; dans laquelle la<br />
personne invente des maladies à un tiers, la plupart du temps un enfant. Elle<br />
peut également blesser l&#8217;enfant et le présenter au corps médical pour des soins.<br />
En ligne, il s&#8217;agit d&#8217;individu appelant a l&#8217;aide en faisant état d&#8217;une maladie<br />
ou d&#8217;un état suicidaire.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">Plus récemment (2001), <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a> a raconté<br />
dans un blog son combat contre la leucémie jusqu&#8217;a ses derniers jours ce qui lui<br />
valut des milliers de condoléances en ligne. <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a> cachait deux<br />
personnes. Une adolescente, qui a assez rapidement abandonné le jeu de rôle. Et<br />
sa mère, Debbie Swenson, qui l&#8217;a repris, et qui a mené le jeu en ligne pendant<br />
des années jusqu&#8217;a son épilogue. </p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">L&#8217;expression <strong>Syndrome de Munchausen en ligne</strong> a été forgée<br />
par <a href="http://www.selfhelpmagazine.com/articles/chronic/faking.html">Marc<br />
D. Feldman</a> en 2001 pour rendre compte du fait que l&#8217;Internet est en quelque<br />
sorte le théâtre rêvé pour à la fois pour produire des symptômes et y trouver<br />
une audience. La production des symptôme est aisée puisque le dire en texte<br />
suffit. Et pour ce qui est de l&#8217;audience, l&#8217;Internet produit des groupes d&#8217;aide<br />
et de soutien pour toute sorte de pathologie. Il n&#8217;est donc pas difficile d&#8217;y<br />
trouver un espace ou les symptômes produits seront bien accueillis.</p>
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</div>
<p align="justify">La notion d&#8217;un syndrome de Munchausen en ligne est&nbsp; récente [1]. Elle<br />
témoigne de l&#8217; effort des cliniciens pour rendre compte des faits qu&#8217;ils<br />
observent en ligne. Elle est cependant insuffisante et cela pour deux raisons.<br />
On peut lui faire comme première critique qu&#8217;elle s&#8217; appuie sur le syndrome de<br />
Munchaunsen qui n&#8217;est qu&#8217;une façon d&#8217;éviter de parler des troubles hystériformes<br />
ou de la maltraitance. La seconde critique qui peut lui être adressée est<br />
qu&#8217;elle n&#8217;est que descriptive et qu&#8217;elle ne rend pas compte des dynamiques<br />
intrapsychiques.</p>
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</div>
<p align="justify">Le seul mécanisme qui est donné est grossier. Pour Pennebaker:</p>
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<blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;Just from the psychology side, this whole issue of anonymity is central. The<br />
more anonymous people can be, the worse they&#8217;ll act.&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;Du point de vue psychologique, la question de l&#8217;anonymat est centrale. Plus<br />
les personnes sont anonymes, plus elles se comportent mal&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote>
</div>
<p align="justify">C&#8217;est limiter le fonctionnement psychologique aux interactions sociales, et<br />
parmi ces interactions sociales aux plus coercitives et punitives d&#8217;entre elles.<br />
Or, d&#8217;une part, nos actions ne sont pas seulement motivées par la crainte que<br />
nous avons des autres, mais aussi par l&#8217;affection que nous souhaitons obtenir<br />
d&#8217;eux. D&#8217;autre part ces actions sont aussi déterminées par notre monde interne<br />
et elles suivent alors une logique qui n&#8217;a rien à voir avec la raison. Enfin, si<br />
l&#8217;anonymat produisait de tels effets, pourquoi ne sommes nous pas submergés de<br />
tels cas ?</p>
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</div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
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</div>
<p align="justify"><strong>L&#8217;identification projective</strong></p>
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</div>
<p align="justify">Si l&#8217;on garde comme ligne d&#8217;analyse le cas <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kaycee_Nicole">Kaycee Nicole</a>, on peut<br />
penser que par une telle conduite Debbie Swenson explorait les objets de sa<br />
fille puisque c&#8217;est d&#8217;elle qu&#8217;elle reprend le personnage de Kaysee. Cela laisse<br />
supposer de la part de la mère une absence de cette censure que les parents<br />
éprouvent généralement vis à vis de leurs enfants.&nbsp; </p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">On trouve une position similaire avec le cas de&nbsp; <a href="http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/people/m/megan_meier/index.html?inline=nyt-per">Megan<br />
Meier</a> qui se suicide après que son flirt en ligne, Josh, lui annonce qu&#8217;il<br />
rompt. Josh était une identité en ligne&nbsp; manipulée par une amie de Megan et sa<br />
mère. Celle-ci dira qu&#8217;elle souhaitait savoir ce que Megan disait à propos de sa<br />
fille&#8230; Dans ce cas, une identité en ligne a permis d&#8217;approcher un tiers pour<br />
connaître ses pensées a propos d&#8217;un proche.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">La <a href="http://psychcentral.com/blogs/kaycee_letter.htm">lettre</a><br />
explicative laissée par Debbie Swenson laisse entrevoir une autre piste : celle<br />
d&#8217;un travail de deuil difficile. Kaysee était la figure composite de trois<br />
personnes&nbsp; &laquo;&nbsp;mortes trop tôt&nbsp;&raquo; de cancers et le blog a été une façon d&#8217;écrire et<br />
de transmettre leurs vies. &laquo;&nbsp;<em>J&#8217;ai écrit</em>, dit Debbie Svenson, <em>leurs<br />
pensées, leurs plaisanteries, leurs combats, leurs peurs</em>&laquo;&nbsp;</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">Le mécanisme psychologique sous-jacent est l&#8217;<strong>identification<br />
projective</strong>. Il a été décrit pour la première fois par Melanie Klein a<br />
propos de cas pathologiques : il s&#8217;agit du fantasme par lequel l&#8217;enfant imagine<br />
pénéter le corps maternel, en personne ou avec des objets, afin de la contrôler.<br />
Plus tard, l&#8217;identification projective a été reconnue comme faisant partie des<br />
mécanismes clés du développement normal.</p>
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</div>
<p align="justify">En effet, l&#8217;identification projective concourt à étendre les limites de son<br />
psychisme en les étendant à celle d&#8217;un autre, ou d&#8217;un groupe. Aux stades infans<br />
du développement, l&#8217;espace psychique se forme par le va et vient des<br />
introjections et des identifications projectives qui installent alternativement<br />
les objets dans l&#8217;espace psychique propre et dans l&#8217;espace psychique de l&#8217;autre.<br />
La croissance psychique se dans ces mouvements dans lesquels alternent la pleine<br />
reconnaissance de l&#8217;autre, et des moments de fading ou l&#8217;autre disparaît en soi<br />
ou le soi disparaît dans l&#8217;autre.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">Le mouvement d&#8217;identification projective est souvent porté par une double. Il<br />
s&#8217;agit d&#8217;abord d&#8217;une attente de contenant. On confie à l&#8217;autre ce que l&#8217;on ne<br />
peut soi&nbsp; même contenir. Il s&#8217;agit ensuite d&#8217;une attente de transformation : on<br />
attend de l&#8217;autre qu&#8217;il puisse faire quelque chose de ce qu&#8217;on lui a confié afin<br />
de pouvoir le ré-introjecter dans son propre espace psychique.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">L&#8217;identification projective a été remarquablement décrite par Michel de<br />
M&#8217;Uzan. Bien que dans le passage qui suit il s&#8217;attache à décrire le<br />
fonctionnement psychique en séance de l&#8217;analyste, les mécanismes qu&#8217;il donne me<br />
semblent tout a fait valables en dehors de ce cadre et explicitent<br />
remarquablement le phénomène qui nous occupe.</p>
<div align="justify">
<blockquote>
<p>La <b>ponte</b> définit un besoin éprouvé par l&#8217;analyste, celui des déposer<br />
dans l&#8217;analysé des parties de lui-même, ses propres productions, ses façons de<br />
voir. On reconnaît là une sorte de projection ; mais il y a plus car l&#8217;analyste<br />
est alors <i>exposé à s&#8217;intéresser avant tout au destin de ce qu&#8217;il a<br />
déposé</i>. Ces dépôts se sont-ils développés ? L&#8217;analysé est-il bien le terrain<br />
espéré, propice à une <i>germination</i> ? L&#8217;investissement de son image est-il<br />
suffisant pour qu&#8217;il devienne complice d&#8217;une impégnation de son Inconscient par<br />
ce qui procède de l&#8217;analyste ? L&#8217;analyste ferait ainsi de son patient une sorte<br />
d&#8217;incubateur. <br />La <b>convoitise</b>, de son côté, vise les <i>contenus<br />
psychiques</i> de l&#8217;analysé, en vue d&#8217;utilisations égoïstes, par exemple, une<br />
promotion de l&#8217;auto-analyse de l&#8217;analyste. Il s&#8217;agit de représentations<br />
d&#8217;objets, à même d&#8217;être délimités ; mais aussi de quelque chose d&#8217;infiniment<br />
plus élémentaire, comparable à une matière essentielle à traiter. Pour en donner<br />
une image, je citerai le rêve d&#8217;une patiente qui se met en scène avec ses<br />
parents. Elle éprouve le sentiment d&#8217;être exposée à un danger extrême : ses<br />
parents s&#8217;apprêtent à pomper sa substance pour la répartir dans des petits tubes<br />
de couleurs différentes. <br />La <b>domination</b>, enfin, a trait au besoin de<br />
contrôler rigoureusement le fonctionnement psychique de l&#8217;analysé, de s&#8217;en<br />
assurer la maîtrise, comme si celui-ci ne devait jouir de la moindre liberté,<br />
comme s&#8217;il devait fonctionner conformément aux principes qui définissent les<br />
relations de l&#8217;analyste avec ses propres objets.&nbsp;&raquo; Michel de M&#8217;Uzan, La bouche de<br />
&#8216;l&#8217;inconscient</p>
</blockquote>
</div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">On reconnaît avec la domination et la convoitise&nbsp; l&#8217;identification projective<br />
telle que la définissait Melanie Klein : les mouvements d&#8217;envie poussent<br />
l&#8217;enfant à explorer fantasmatiquement la caverne maternelle et à y dérober les<br />
merveilles qui s&#8217;y trouvent. La ponte est un mécanisme particulier et il me<br />
semble que c&#8217;est celui là qui est le plus actif dans les cas de supercherie.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">Chaque mail posté sur la liste de diffusion, chaque post déposé sur le forum,<br />
chaque bout de phrase lancé dans la <em>chat room</em> sont autant d&#8217;oeufs qui<br />
sont avidement lancés au groupe. Ce qui est déposé, ce sont des émotions, des<br />
souvenirs, des fantasmes insuffisamment élaborés. Ils ne sont plus tout à fait<br />
inconscients, puisqu&#8217;ils trouvent une voie de frayage au travers les fantaisies<br />
qu&#8217;invente le <em>faker. </em>Mais ils ne sont pas non plus tout à fait<br />
conscients, car le <em>faker </em>en ignore les sousbassement fantasmatiques.<br />
Chaque réponse apportée est tout aussi avidement reçue car elle est<br />
potentiellement porteuse d&#8217;une introjection. Tant que l&#8217;introjection n&#8217;est pas<br />
suffisante, le <em>faker </em>continue à infiltrer le groupe avec son identité<br />
numérique. Cellle ci est un <strong>contenant</strong> des fantasmes qui<br />
cherchent impérieusement une voie de satisfaction. L&#8217;identité en ligne est une<br />
annexe du self du faker ; elle est à la fois le débarras, le contener dans<br />
lequel on cherche à enfermer ce qui est douloureux et la colonie, les nouvelles<br />
espaces que le self à à conquérir. Mais c&#8217;est également un <strong>objet en<br />
attente de transformation. </strong>Au travers des réponses qui sont données, le<br />
<em>faker </em>peut asseoir de meilleures identifications. Dans le cas de Kasyee<br />
Nicole / Debbie Swenson, il peut s&#8217;agir de l&#8217;identification à une personne en<br />
deuil qui pourrait lui donner de meilleurs appuis pour son propre travail de<br />
deuil : qu&#8217;éprouve-t-on&nbsp; lorsqu&#8217;un proche est mort ? Qu&#8217;éprouve-t-on lorsqu&#8217;il<br />
agonise ? C&#8217;est à ces réponses que le groupe répond. Il se comporte comme le<br />
choeur antique : il fait résonner les fantômes et les revenants. Il est la voix<br />
des morts.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify"><strong>La vérité de la fiction</strong></p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">On aura compris que je suis plus que réticent devant la formule &laquo;&nbsp;syndrome de<br />
Munchausen en ligne&nbsp;&raquo;. Il me semble que les termes antiques de <em>troll</em> et<br />
de <em>faker</em> sont amplement suffisants. Est un troll toute personne ou tout<br />
message dont la fonction est d&#8217;apporter le chaos dans le groupe. Est un faker<br />
toute personne qui met en ligne des contenus faux ou plus exactement des<br />
contenus qui ne correspondent pas a l&#8217; intitulé : sous le titre du dernier<br />
Disney téléchargé sur un réseau P2P peut se cacher un tout autre film.&nbsp; Trolls<br />
et fakers ont aussi, il faut bien l&#8217;admettre, des fonctions positives. Le<br />
premier, en pratiquant l&#8217;art d&#8217;avoir toujours raison, rompt les consensus et<br />
apporte au groupe les nouveaux points de vue sans lesquels ils s&#8217;axphyxierait.<br />
Le second nous rappelle que ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;une chose existe qu&#8217;elle est vraie. Tous nous nous enseignent qu&#8217;il y a un malaise dans la<br />
culture numérique : en ligne aussi, la première source de désagrément, et la<br />
moins évitable, c&#8217;est l&#8217;autre.</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify">
</div>
<p align="justify">[1]&nbsp; La page Wikipedia qui lui est consacrée date de septembre 2007 et elle<br />
est ce jour très peu lue.</p>
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