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	<title>Psy et Geek ;-) &#187; marc augé</title>
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	<description>Psy &#38; Geek ;-) explore les mondes numériques</description>
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		<title>Le Web n&#8217;est plus le Web</title>
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		<pubDate>Fri, 01 May 2009 09:45:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cr&#233;&#233;e le 17 Mars 1969, L&#8217;Organisation des Psychanalystes de Langue Fran&#231;aise est la quatri&#232;me association de psychanalyse cr&#233;e en France, d&#8217;ou son nom de Quatri&#232;me Groupe. Elle a aussi &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; avoir un site en ligne gr&#226;ce au travail de Genevi&#232;ve Lombard. Le Quatri&#232;me Groupe &#233;dite un Bulletin, pour lequel il m&#8217;a &#233;t&#233; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<p><font size="2">Cr&#233;&#233;e le 17 Mars 1969, L&#8217;Organisation des Psychanalystes de Langue Fran&#231;aise est la quatri&#232;me association de psychanalyse cr&#233;e en France, d&#8217;ou son nom de </font><a href="http://www,quatrrieme-groupe.org"><font size="2">Quatri&#232;me Groupe</font></a><font size="2">. Elle a aussi &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; avoir un site en ligne gr&#226;ce au travail de </font><a href="http://www.inconscient.net"><font size="2">Genevi&#232;ve Lombard</font></a><font size="2">. Le Quatri&#232;me Groupe &#233;dite un Bulletin, pour lequel il m&#8217;a &#233;t&#233; demand&#233; d&#8217; &#233;crire quelque chose a propos de l&#8217;Internet qui puisse parler &#224; des personnes s&#8217;int&#233;ressant &#224; la psychanalyse. C&#8217;est ce texte qui m&#8217;est venu.</font></p>
<p>&#160;</p>
<p>Le web n&#8217;est plus le web. Il a mut&#233;. Il est devenu plus puissant, plus rapide, plus massif, plus interactif, plus global, plus local. Il est devenu le lieu de la superlativit&#233;. Les chiffres qui tentent de le qualifier donnent le vertige : &#171; <strong>Nous savions que c&#8217;&#233;tait grand</strong> &#187; dit Google apr&#232;s avoir tent&#233; un comptage liens du Web : 26 millions de pages en 1998, un milliard en 2000 et mille milliards liens en juillet 2008<sup><a href="http://www.psyetgeek.com/le-web-nest-plus-le-web#footnote_0_482" id="identifier_0_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://googleblog.blogspot.com/2008/07/we-knew-web-was-big.html">1</a></sup>. Pour un espace qui est n&#233; en 1989 du d&#233;sir d&#8217;un homme de proposer &#224; ses coll&#232;gues du CERN un dispositif d&#8217;organisation de l&#8217;information, la croissance a &#233;t&#233; rapide. D&#8217;immenses mouvements le parcourent. Certains restent contenus &#224; l&#8217;internet, d&#8217;autres d&#233;bordent dans d&#8217;autres m&#233;dias ou m&#234;me dans l&#8217;espace g&#233;ographique. Ainsi, les attaques anonymes sur les serveurs de la scientologie en janvier 2008<b> </b>ont donn&#233; &#233;galement lieu &#224; des manifestations in situ. Celles-ci &#233;taient film&#233;es et mises en ligne sur des sites de partage de vid&#233;o pratiquement en temps r&#233;el.</p>
<p>Youtube, Facebook, Digg, Twitter sont quelques unes des locomotives du Web 2.0 comme on a pris l&#8217;habitude de l&#8217;appeler depuis l&#8217;article de Tim O&#8217;Reilly, &#171; <i>What is Web 2.0 &#187;</i><sup><a href="http://www.psyetgeek.com/le-web-nest-plus-le-web#footnote_1_482" id="identifier_1_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="">2</a></sup>(sept">http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-is-web-20.html))(sept</a>. 2005))). Le temps est aux bouillonnements : les nouvelles applications appellent de nouveaux usages et de nouvelles fa&#231;ons d&#8217;&#234;tre avec soi et avec les autres. Les r&#232;gles de civilit&#233; sur ce qu&#8217;il est bon de faire en ligne sont &#233;tablies, discut&#233;es et adopt&#233;es. La fa&#231;on de se pr&#233;senter fait &#233;galement l&#8217;objet de n&#233;gociations et de discussions. Des tours de main sont trouv&#233;s, annonc&#233;s et partag&#233;s. La langue bruisse de cette agitation : il faut de nouveaux mots pour dire les nouveaux usages. Sur le web, le forgeur inconnu travaille sans rel&#226;che.((les temps changent ils ? Le <a href="http://twictionary.pbworks.com/">Twictionary</a> donne les auteurs originaux des forgeries))</p>
<p>Le web est un aspect de l&#8217;oc&#233;an num&#233;rique dans lequel nous baignons. Les &#233;crans, qui nous accompagnent dans nos vies quotidiennes, en sont un autre aspect. Par eux, nous sommes inform&#233;s d&#8217;&#233;v&#233;nements heureux ou malheureux, ou m&#234;me de ces &#233;v&#233;nements banaux qui font le jour apr&#232;s jour d&#8217;une vie. La trace de ces &#233;v&#233;nements peut &#234;tre conserv&#233;e, transmise &#224; d&#8217;autres ou d&#233;truite. Par exemple, parmi les personnes proches de victimes du Tsunami de d&#233;cembre 2004<b>, </b>beaucoup ont longtemps conserv&#233; les SMS qu&#8217;elles avaient re&#231;u d&#8217;elles. La photo de l&#8217;&#234;tre cher est maintenant aussi dans les t&#233;l&#233;phones, souvent en <i>&#233;cran d&#8217;accueil : </i>l&#8217;image coll&#233;e &#224; l&#8217;oreille &#224; chaque appel rapproche alors de l&#8217;aim&#233;. Ces traces peuvent aussi &#234;tre transf&#233;r&#233;es &#224; d&#8217;autres dans des fins de partage ou d&#8217;agression. Le num&#233;rique transforme nos objets, du t&#233;l&#233;phone &#224; l&#8217;ordinateur, du lecteur mp3 &#224; la t&#233;l&#233;vision en caves et greniers, avec leurs tr&#233;sors, leurs fant&#244;mes et leurs revenants.</p>
<p>En changeant, le web nous a chang&#233;s. Il nous change par le contact facilit&#233; avec un contenu de plus en plus abondant. Il nous change par le contact r&#233;p&#233;t&#233; avec ce que <strong>Francis Pisani</strong> a appel&#233; les multitudes. Il nous change parce nous y documentons nos vies. &#171; <strong>L&#8217;homme est un document comme les autres</strong> &#187; dit <strong>Oliver Ertzscheid</strong>, retrouvant l&#224; la vieille tradition qui fait de l&#8217;homme un livre. Sur Internet, l&#8217;&#233;criture reste encore reine : quelque soit le contenu transport&#233; (texte, vid&#233;o, image, son) il est soutenu par un code qui permet la liaison avec d&#8217;autres contenu via des hyperliens. Le contenu est &#233;galement d&#233;crit, ce qui permet son exportation dans d&#8217;autres dispositifs d&#8217;&#233;criture ind&#233;pendamment de sa forme. Par exemple, une vid&#233;o YouTube peut &#234;tre lue <i>in situ </i>ou ailleurs ; les photos vues sur Flickr et Facebook, la chronique radio de tel journaliste lue sur le site de la radio ou t&#233;l&#233;charg&#233;e sur un ordinateur pour &#234;tre &#233;cout&#233;e ou r&#233;&#233;cout&#233;e plus tard. </p>
<p>Internet est le domaine des grands chiffres. 150 millions de comptes sur Facebook((<a href="http://www.facebook.com/press/info.php?statistics">http://www.facebook.com/press/info.php?statistics</a>)), 7 milliards de pages vues par jour sur l&#8217;encyclop&#233;die en ligne Wikip&#233;dia<sup><a href="http://www.psyetgeek.com/le-web-nest-plus-le-web#footnote_2_482" id="identifier_2_482" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Statistiques">3</a></sup> 10 millions de comptes du jeu massivement multijoueur World of Warcraft&#8230; Ces multitudes sont une bonne indication du travail psychique que chaque internaute doit fournir en ligne : partout, plus d&#8217;un autre avec qui se lier et plus d&#8217;un autre avec qui &#233;viter d&#8217;&#234;tre en relation. Partout, plus d&#8217;une information qu&#8217;il faut source, hi&#233;rarchis&#233;, trier. Partout, plus d&#8217;une occasion pour donner du sens, ou le perdre !</p>
<p>Si Internet est un espace sans lieu, h&#233;t&#233;rotopique (M. Foucault), un non-lieu (M. Aug&#233;), c&#8217;est aussi un espace qui est en lien avec nos autres espaces qu&#8217;ils soit collectifs, personnels ou priv&#233;s. Il porte les plus grands espoirs comme les plus grandes menaces. Il est un des espaces cl&#233; de la culture du temps pr&#233;sent, et &#224; ce titre, m&#233;rite d&#8217;&#234;tre explor&#233; par des psychanalystes</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_482" class="footnote"><a href="http://googleblog.blogspot.com/2008/07/we-knew-web-was-big.html">http://googleblog.blogspot.com/2008/07/we-knew-web-was-big.html</a></li><li id="footnote_1_482" class="footnote"><a href="http://www.oreillynet.com/pub/a/oreilly/tim/news/2005/09/30/what-is-web-20.html</li><li id="footnote_2_482" class="footnote">voir <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Statistiques">http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Statistiques</a></li></ol><img src="http://www.psyetgeek.com/?ak_action=api_record_view&id=482&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		<title>La surveillance participative d&#8217;Anders Albrechtslund</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Oct 2008 10:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160;First Monday a consacré tout un numéro au Web 2.0 : Critical Perspectives on Web 2.0. Le numéro explore les mythes du Web 2.0. &#160; Anders Albrechtslund&#160;développe dans &#160;Online Social Networking as Participatory Surveillance&#160;le concept de surveillance participative. Il rappelle que le cyberspace est un espace de socialisation. Cette socialisation se fait en mêlant l&#8217;espace [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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			</a>
		</div>
<p align="justify">&nbsp;First Monday a consacré tout un numéro au Web 2.0 : <a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/issue/view/263/showToc" target="_blank">Critical Perspectives on Web 2.0</a>. Le numéro explore les mythes  du Web 2.0.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>Anders Albrechtslund</strong>&nbsp;développe dans &nbsp;<a href="http://www.uic.edu/htbin/cgiwrap/bin/ojs/index.php/fm/article/view/2142/1949" target="_blank">Online Social Networking as Participatory Surveillance</a>&nbsp;le  concept de surveillance participative. Il rappelle que le cyberspace est un  espace de socialisation. Cette socialisation se fait en mêlant l&#8217;espace enligne  et l&#8217;espace hors ligne par les pratiques de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9otag" target="_blank">geotagging</a>.  L&#8217;alliance du web et ede la téléphonie mobile a donné naissance au <a href="http://www.opossum.ca/guitef/archives/003529.html" target="_blank">Mobile  Social Software</a> qui offre un espace intermédiaire entre le cyberspace et  l&#8217;espace géographique. Des services comme <a href="http://www.plazes.com/" target="_blank">Plazes</a>&nbsp;ou <a href="http://www.qype.fr/" target="_blank">Qype</a>&nbsp;sont maintenant devenus si banaux que le mode d&#8217;emploi  n&#8217;est même plus explicité</p>
<div align="justify">
<blockquote>
<p>&laquo;&nbsp;online social networking is not only online&nbsp;&raquo;</p>
</blockquote></div>
<p align="justify">La vie sociale de ces sites déborde largement du monde en ligne. Et le monde  hors ligne empiéte largement sur le monde&nbsp;en ligne. Aujourd&#8217;hui, il n&#8217;est plus  possible de les&nbsp;distinguer clairement. Par exemple, les membres de  Qype.fr&nbsp;créent <a href="http://www.qype.fr/events/199116-soiree-QYPE-kikekoidonou-social-club-Paris" target="_blank">des réunions</a> dans l&#8217;espace géographique alors que le site  n&#8217;était pas à l&#8217;orgine fait pour cela.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong></strong>&nbsp;</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>Amitiés éternelles</strong></p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Dans un texte célèbre, Dana Boyd (Boyd, 2007a) a donné les caractéristiques  de la socialisation en ligne : elle est persistante, questionnable, réplicable  et une part de l&#8217;audience est invisible (1). La vie sociale en ligne est  persistante, parce chaque échange, chaque événement, chaque modification est  enregistrée et conservée par les serveurs (2). Elle est questionnable, parce  qu&#8217;elle peut faire l&#8217;objet de requête de la part du moteur de recherche du  réseau social ou de moteurs de recherche externes. Elle est réplicable car ce  qu&#8217;elle peut être déplacée dans des contextes qui n&#8217;ont plus rien à voir avec  son contexte naturel. Enfin, elle concerne une audience qui est en partie  invisible parce qu&#8217;elle concerne un public beaucoup plus large que celui auquel  il est consciemment adressé. Ces quatre caractérisques font que les réseaux  d&#8217;amis qui sont construits sur Internet sont &laquo;&nbsp;éternel&nbsp;&raquo; ou&nbsp; plus exactement  existent au delà du contrôle des personnes concernées. Les interactions sont  décontextualisées</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">La fusion de l&#8217;espace géographique et du cyberespace produit pour Anders  trois séries de phénomènes</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>1.</strong> La vie en ligne nous met en contact avec des éléments de  la vie des autres, jusque parfois des éléments qu&#8217;ils voudraient voir rester  privés. Cela fait du cyberespace un espace rêvé pour toute fureteur&nbsp; qui cherche  à collecter des informations : personnes, entreprises, états ont&nbsp; rassemblées en  un seul lieu des informations qui sont par ailleurs facilement collectables.  Anders Albrechtslund fait ici référence a la notion de <a href="http://pacific.commerce.ubc.ca/kbe/lyon_surveillance.pdf" target="_blank">contener fuyant</a> de <strong>David Lyons</strong> : les  informations fuient de différents secteurs de la société avec comme résultat que  des informations de contexte différents se retrouvent mélangées plutôt que  maintenues séparément.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>2.</strong> Une des conséquences de la vie sociale en ligne est la  création de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Panique_morale" target="_blank">paniques morales</a>. La facilité avec laquelle des informations  personnelles peuvent être disponibles suscite des craintes récurrentes.La  nécessité de protéger les plus jeunes de prédateurs en ligne qui hanteraient les  réseaux sociaux est souvent mis en&nbsp;avant. Aux USA, elle a conduit a DOPA act qui  interdit les réseaux sociaux dans les espaces publics comme les bibliothéques.  </p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>3.</strong> Dans le même genre d&#8217;idées, il est souvent avancé que ce  qui est déposé aujourd&#8217;hui en ligne pourrait être nuisible demain. Par exemple,  les images déposées sur un compte facebook ou myspace qui étaient pleines de  sens au moment des études peuvent devenir au moment de la recherche d&#8217;un emploi  des inconvénients. Or, du fait même des caractéristiques de ces espaces, une  fois qu&#8217;un contenu est introduit dans le réseau, plus personne n&#8217;en a la  maîtrise. Anders Albrechtslund&nbsp; rapporte les propos de <a href="http://chronicle.com/jobs/news/2005/07/2005070801c.htm" target="_blank">Ivan  Tribble</a> qui raconte que l&#8217;admission d&#8217;un blogger dans une équipe a pour  effet de l&#8217;insécuriser parce que chacun craint que les affaires internes se  retrouvent sur Internet. Il rapporte également comment un blogeur s&#8217;est retrouvé  dans une situation délicate a cause du compliment d&#8217;un autre blogeur qui a ainsi  involontairement dévolé qu&#8217;il avait menti sur son CV.A cela Dana Boyd répond que  la vie en ligne est une histoire de génération et que les employeurs et les  recruteurs de demain auront eux aussi passé leur jeunesse sur Facebook et  Myspace. </p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>L&#8217;insistance du panopticon</strong></p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Pour rendre compte du fait social en ligne, <strong>Anders  Albrechtslund</strong>&nbsp; en appelle à Michel Foucaul (1975) : Surveiller et punir  : Naissance de la prison. Le panopticon que Michel Foucault reprend de Bentham  pour rendre compte de l&#8217;intériorisation de la violence étatique par chaque  individu est aussi une image constante dans les textes qui analysent l&#8217;Internet.  On a parlé de panopticon électronique (Lyon, 1994), de superpanopticon (Poster,  1990, 1996) et même d&#8217;un au-delà du panopticon (Lyon, 2006). Mais pour  <strong>Anders Albrechtslund</strong>&nbsp;, le panopticon insiste et il est un cadre  de référence solide pour l&#8217;analyse de la vie sociale en ligne.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Pour mémoire, Jeremy Bentham avait imaginé un dispositif de surveillance  circulaire dans lequel un gardien pouvait surveiller un multitude de  prisonniers. Michel Foucault a fait de ce&nbsp;dispositif est caractéristique du  passage de la force et de la violence publique dans la sphère privée.</p>
<div align="justify">
<blockquote>
<p>«&nbsp;Le schéma panoptique est une intensificateur pour n’importe quel appareil  de pouvoir&nbsp;: il en assure l’économie (en matériel, en personnel, en temps)&nbsp;; il  assure l’efficacité par son caractère préventif, son fonctionnement continu et  ses mécanismes automatiques.&nbsp;» FOUCAULT M., Surveiller et punir, Gallimard, &nbsp; p.  240</p>
</blockquote></div>
<p align="justify">Avec Internet, le panoptisme trouve un dispositif ad-hoc Ainsi, Marc  Andrejvevic a pu parler de surveillance latérale. Ce ne sont plus&nbsp;des agents de  l&#8217;état qui sont chargé de la surveillance des biens et des personnes, mais  l&#8217;homme banal qui surveille l&#8217;homme banal. Par exemple, c&#8217;est banalement que  nous entendons des hauts parleurs nous distiller des conseils de prudence et  nous inviter à signaler tout objet suspects dans les halls de gare ou  d&#8217;aéroports</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">De ce point de vue, nous sommes entrés avec Internet dans une société  disciplinaire totale. </p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify"><strong>Anders Albrechtslund</strong>&nbsp; introduit un point de vue nouveau en  rappellant que le terme de surveiller a aussi le sens de &laquo;&nbsp;veiller sur&nbsp;&raquo;. La  surveillance est pour lui participative : c&#8217;est une pratique qui participe aussi  de la construction de la sujectivité et du sens dans le(s) monde(s) dans  le(s)quel(s) nous vivons. là ou le panoptisme foucaldien réduirait, voire  détruirait les subjectivités, le panoptisme participatif contribuerait à  construire nos subjectivités</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">&nbsp;Michel Foucault n&#8217;avait pas manqué de voir que le panoptisme était aussi un  dispositif de surveillance de pair à pair. Il remarque que dans la construction  de Bentham, si le surveillant central peut observer tous les prisonniers sans  qu&#8217;aucun ne se sente surveillé, lui aussi peut faire l&#8217;objet d&#8217;une surveillance  par tout autre personne qui n&#8217;est pas prisonnière et à son insu : le panopticon  fonctionne dans les deux sens. &nbsp;Avec Intenet, les choses fonctionnent un peu  différement. Il ne s&#8217;agit plus d&#8217;un qui surveille beaucoup (Bentham), ni de  l&#8217;intériorisation des disciplines par chacun (Foucault), mais de beaucoup qui  surveillent beaucoup. Notre surveillance s&#8217;étend au dela des personnes puisque  nous avons des systèmes de veille RSS et de notification par mail lorsqu&#8217;un  objet apparaît, lorsqu&#8217;un message est posté ou une réponse apportée. A cela, il  faut ajouter la contribution volontaire de chacun au dispositif de  surveillance.</p>
<div align="justify"> </div>
<p align="justify">Il faut bien reconnaître que les mondes en ligne ont des affinités avec les  totalitarisme. La tentation totalitaire se lit lorsque l&#8217;on apprend que <a href="http://blog.wired.com/27bstroke6/2008/02/nations-spies-w.html" target="_blank">des terroristes sont recherchés jusque dans World of Warcraft</a>,  ou lorsque <a href="http://www.pcinpact.com/s/LOPSI+2.htm" target="_blank">la loi  LOPSI 2</a> de transformer les FAI en espions de leurs clients, de permettre  l&#8217;utilisation de chevaux de Troie ou encore d&#8217;empêcher l&#8217;anonymat sur Internet.  Les caractéristiques que donne <strong>Dana Boyd</strong> de la vie en ligne  (persistante, questionnable, réplicable et une part de l&#8217;audience est invisible)  sont aussi des briques idéales pour la construction d&#8217;un monde totalitaire. Je  n&#8217;ai pas l&#8217;optimisme d&#8217;<strong>Anders Albrechtslund</strong> car on voit ici et  là des tentatives des états ou des grands groupes pour réduire les mondes  numériques. Par exemple, le fait que l&#8217;Estonie ait fait appel à l&#8217;ONU et à l&#8217;EU  en prétendant que <a href="http://yann.leroux.free.fr/?p=299" target="_blank">son  cyberespace était attaqué</a> tente de faire de l&#8217;Internet un espace  territorial. A l&#8217;autre bout du spectre, le fait que si peu de personnes quittent  twitter malgré les dysfonctionnement de ce service est une nouveauté notable.  Jusqu&#8217;a présent, rien, ou presque ne nous retenait. Les digiborigénes passaient  d&#8217;un service à l&#8217;autre sans aucun état d&#8217;ame. Notre attachement a Twitter montre  que certaines adhérances sont en train de se construire dans le cyberespace.  Enfin, nous avons construit de grands domaines comme Facebook, MySpace ou Google  dans lesquels nous concentrons beaucoup de nos vies sociales en . La conséquence  est que l&#8217;Internet devient de moins en moins un &laquo;&nbsp;non-lieu&nbsp;&raquo; au sens de <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Aug%C3%A9" target="_blank">Marc  Augé</a></strong> et de plus en plus un autre lieu : lieu de valorisation des  espaces géographiques, sociaux ou individuels.</p>
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<p align="justify"><strong>Braconner pour échapper à la surveillance.</strong></p>
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<p align="justify">Les mondes numériques sont des mondes du 0 et du 1. Leur logique est toujours  <em>in fine </em>binaire et à ce titre ils se prêtent parfaitement au dispositif  disciplinaire tel que le définit Foucault : </p>
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<blockquote>
<p>[un] espace clos, découpé, surveillé en tous ses points, où les individus  sont insérés en une place fixe, où les moindres mouvements sont contrôlés, où  tous les événements sont enregistrés, où un travail ininterrompu d’écriture  relie le centre et la périphérie, où le pouvoir s’exerce sans partage selon une  figure hiérarchique continue, où chaque individu est constamment repéré, examiné  et distribué entre les vivants, les malades et les morts – tout cela constitue  un modèle compact du dispositif disciplinaire. <strong>Michel Foucault,  Surveiller et Punir</strong></p>
</blockquote></div>
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<p align="justify">De ce point de vue, les porosités des différents espaces dont parle  <strong>David Lyon</strong> me semblent davantage être des &laquo;&nbsp;tactiques&nbsp;&raquo;  (<strong>Michel de Certeau, l&#8217;Invention du quotidien</strong>) par lesquelles  chacun tente d&#8217;échapper à la place fixe ou le regard panoptique tente de  l&#8217;enfermer.</p>
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<blockquote>
<p>j’appelle tactique l’action calculée que détermine l’absence d’un propre.  Alors aucune élimination de l’extériorité ne lui fournit la condition d’une  autonomie. La tactique n’a pour lieu que celui de l’autre. Aussi doit-elle jouer  avec le terrain qui lui est imposé tel que l’organise la loi d’une force  étrangère. Elle n’a pas le moyen de <i>se tenir </i>en elle-même, à distance,  dans une position de retrait, de prévision et de rassemblement de soi&nbsp;: elle est  mouvement «&nbsp;à l’intérieur du champ de vision de l’ennemi&nbsp;» comme le disait von  Bülow, et dans l’espace contrôlé par lui. Elle n’a donc pas la possibilité de se  donner un projet global ni de totaliser l’adversaire dans un espace distinct,  visible et objectivable. Elle fait du coup par coup. Elle profite des  «&nbsp;occasions&nbsp;» et en dépend, sans base ou stocker des bénéfices, augmenter un  propre et prévoir des sorties. Ce qu’elle gagne ne se garde pas. Ce non-lieu lui  permet sans doute la mobilité, mais dans une docilité aux aléas du temps, pour  saisir au vol les possibilités qu’offre un instant. Il lui faut utiliser,  vigilante, les failles que les conjonctures particulières ouvrent dans la  surveillance du pouvoir propriétaire. Elle y braconne. Elle y crée des  surprises. Il lui est possible d’être là ou on ne l’attend pas. Elle est ruse&nbsp;»  <strong>Michel de Certeau, L&#8217;invention du quotidien </strong>p.  61</p>
</blockquote></div>
<p align="justify">La ou l&#8217;Internet nous promet la conservation &laquo;&nbsp;à jamais&nbsp;&raquo; de nos traces, de nos  liens, de nos &laquo;&nbsp;amitiés&nbsp;&raquo;, là ou il nous promet la recherche précise, l&#8217;absence de  contrôle sur ce que nous produisons/déposons et l&#8217;incertitude des destinataires,  nous&nbsp; produisons des tactiques, des ruses, nous utilisons les occasions qui nous  sont données ; nous faisons &laquo;&nbsp;autre chose avec la même chose&nbsp;&raquo; : nous avons fait  de Usenet une zone de téléchargement, du weblog un dispositf d&#8217;écriture  collectif qui a donné la blogosphère, Usenet a été transformé en zone de  téléchargements&#8230; Ces pratiques, même si elles dépassent parfois la bornes de  la légalité, créent &laquo;&nbsp;de l&#8217;ombre et de l&#8217;équivoque&nbsp;&raquo; dans un espace qui au départ  ne le permettait pas. Ce sont les pendants en ligne des &laquo;&nbsp;figures cheminatoires&nbsp;&raquo;  que Michel de Certeau dressait pour l&#8217;espace géographique</p>
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