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	<title>Psy et Geek ;-) &#187; identité</title>
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		<title>The Cat, the Reverend and the Slave</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Jan 2011 16:59:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qu’est-ce-que Second Life ? La vie rêvée ? Un endroit ou l’on peut se laisser aller à des addictions impossibles à réaliser dans l’espace ordinaire ? La promesse d’un nouveau corps plus conforme à ce que l’on est ou à ce que l’on voudrait être ? Des occasions de disputes conjugales ? Un espace social [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<p align="justify"><a href="http://www.psyetgeek.com/images/38cb85b56dc8_A030/cat_reverend_slave-poster_3.jpg"><img style="background-image: none; border-bottom: 0px; border-left: 0px; padding-left: 0px; padding-right: 0px; display: inline; float: left; border-top: 0px; border-right: 0px; padding-top: 0px" title="cat_reverend_slave-poster" border="0" alt="cat_reverend_slave-poster" align="left" src="http://www.psyetgeek.com/images/38cb85b56dc8_A030/cat_reverend_slave-poster_thumb_3.jpg" width="184" height="244" /></a>Qu’est-ce-que Second Life ? La vie rêvée ? Un endroit ou l’on peut se laisser aller à des addictions impossibles à réaliser dans l’espace ordinaire ? La promesse d’un nouveau corps plus conforme à ce que l’on est ou à ce que l’on voudrait être ? Des occasions de disputes conjugales ? Un espace social ou l’on peut trouver une femme ? La retrouver ?&#160; La perdre ? La possibilité de s’inventer une nouvelle identité ? D’être vraiment soi ? Une nouvelle frontière ? Un lieu de débauche et de perdition ? Un lieu ou sauver les âmes ? Une utopie ? Le Royaume de Dieu ou moins un endroit ou chacun peut Le rencontrer ?</p>
<p align="justify">Le documentaire <em><a href="http://www.imdb.com/title/tt1629399/">The Cat, the Reverend and the Slave</a></em> de&#160; <strong>Alain Della Negra</strong> et <strong>Kaori Kinoshita </strong>croise toutes ces questions au travers d’une galerie de portraits d’utilisateurs américains de Second Life. Signe des temps, il n’est plus question de “virtuel” : Second Life a obtenu une réalité que plus personne ne lui dispute. Ce qui est mis en évidence, c’est bien plutôt la <em>relation </em>que les utilisateurs établissent avec l’environnement en ligne et les autres utilisateurs</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">Il y a une question qui revient avec insistance dans le documentaire. C’est celle de la perversion. Elle se pose avec les figures des Goréens et des <em>furries. </em>Goreens et <em>furries</em> ne sont pas propres à Second Live. Ce ne sont même pas des créatures des mondes numériques. Ce sont des immigrants.</p>
<p align="justify">Les Goréens viennent des romans de John Norman, Les livres du cycle de Gor. tandis que les <em>furries</em> viennent d’un des cœurs de la culture geek : le <em>cosplay</em><sup><a href="http://www.psyetgeek.com/the-cat-the-reverend-and-the-slave#footnote_0_882" id="identifier_0_882" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="sur la culture geek, voir de travail de David Peyron">1</a></sup>. La vie des goréens est réglée de bout en bout. Un système de caste ordonne les places de chacun tandis que le sado masochisme règle leur vie sexuelle. La société décrite par Norman peut être une fantaisie plaisante tant qu’elle reste dans un livre. Elle est assurément une pathologie dès lors que l’on tente de l’appliquer dans la réalité. Mais pour ce qui est de&#160; Second Life ?</p>
<p align="justify">Les Goréens posent des questions sur ce que l’on appelle “réalité”. Etre maitre de la vie sexuelle de quelqu’un dans Second Life est-ce encore un jeu ou pas ? Comment peut-on avoir une relation sexuelle dans Second Life ? On a un début de réponse si l’on garde présent à l’esprit qu’Il y a dans toute relation sexuelle une part de violence&#160; Dès lors que l’on transpose en ligne les relations sexuelles, cette part ne peut qu’être encore plus importante puisque la rencontre dans corps-à-corps ne peut avoir lieu. Sans étreinte, il ne subsiste donc de l’acte sexuel que ses aspects d’emprise et de domination. En ligne, la sexualité est d’abord une affaire de pouvoir et de domination parce que saisir l’autre n’est pas possible..</p>
<p align="justify">Les <em>furries </em>viennent&#160; sont des émanations de la culture populaire. Ils procèdent des dessins animés des années 1970. Le mot “furry” s’impose dans les années 1990 pour désigner toute expression dans laquelle des humains incarnent des animaux, principalement des mammifères. Du fait de l’imaginaire de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Leopold_von_Sacher-Masoch">la vénus à la fourrure</a>, on ne sera pas étonner de retrouver chez les <em>furries</em> les relations maitre-esclave que pratiquent les Goréens</p>
<p align="justify">Au moins deux hypothèses peuvent être faites à propos des <em>furries</em></p>
<p align="justify"><strong>Les furries sont un avatar de l’objet transitionnel. </strong>Le destin des objets transitionnels est normalement de disparaitre comme ils sont arrivés. L’enfant, après avoir aimé passionnément son objet transitionnel, l’abandonne dans un coin. Cela lui est possible parce qu’il a suffisamment intériorisé ce dont l’objet transitionnel était porteur : la capacité à être seul. Dans le cas des furries, qu’il s’agisse de ceux de Second Life ou des <em>furrysuiters, </em>la personne est dans l’objet. Ce qui est mis en avant, c’est moins le fait de contenir une image psychique d’un objet absent que d’être contenu par un objet dans la réalité.</p>
<p align="justify"><strong>Les furries sont un travail autour de l’identité. </strong>Les <em>furries </em>sont autant d’occasion de travail psychique. Ils sont une mise au dehors d’une identité.. Ce sont des outils qui permettent de mieux se connaitre et de rencontrer les autres. Enfin, c’est une manière d’explorer des fantaisies personnelles. Certains <em>fury </em>sont porteurs d’agressivité, tandis que d’autres sont porteurs d’images de douceur. D’autres sont endossés parce qu’ils ont dans la communauté des hommes une mauvaise réputation. Le furry peut tout aussi bien être un modèle, un idéal, que ce que l’on cache au plus profond de soi.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><em>Goréens</em> et <em>Furries</em> sont des immigrants de Second Life. Il viennent de nos imaginaire, de nos espaces psychiques individuels et collectifs. Ils sont précieux car ils portent des stigmates de leurs pays d’origine. Il nous disent qui nous sommes.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_882" class="footnote">sur la culture geek, voir de travail de David Peyron</li></ol><img src="http://www.psyetgeek.com/?ak_action=api_record_view&id=882&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;hygi&#232;nisme identitaire des &#233;tudiants am&#233;ricains</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 07:15:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mondes Numériques]]></category>
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		<description><![CDATA[Le New-York Times, toujours à l’affut des nouvelles tendances du cyberespace, vient de faire une nouvelle découverte : avant d’entrer au collège, les étudiants américains prennent soin d’effacer leurs traces. La tendance est si forte qu’il s’agirait d’un nouveau rituel L’entrée dans les collèges américains n’est pas une chose aisée. Non seulement les études sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<p align="justify"><img style="display: inline; margin-left: 0px; margin-right: 0px" alt="http://www.jmw-vpc.com/difac/masques/184.jpg" align="right" src="http://www.jmw-vpc.com/difac/masques/184.jpg" width="210" height="216" />Le <a href="http://www.nytimes.com/2010/04/25/fashion/25Noticed.html?partner=rss&amp;emc=rss">New-York Times</a>, toujours à l’affut des nouvelles tendances du cyberespace, vient de faire une nouvelle découverte : avant d’entrer au collège, les étudiants américains prennent soin d’effacer leurs traces. La tendance est si forte qu’il s’agirait d’un nouveau <strong>rituel </strong></p>
<p align="justify">L’entrée dans les collèges américains n’est pas une chose aisée. Non seulement les études sont onéreuses, mais les parents n’hésitent pas a payer un conseiller entre 1000 et 9000 dollars pour préparer au mieux la candidature de leur enfant. Dans ce contexte, un profil Facebook qui garde en mémoire des mois ou des années de frasques peut être vécu comme un handicap.</p>
<p align="justify">Aussi, les étudiants changent-ils de nom.. Les changements de noms jouent sur les homophonies et les calembours, par exemple Amy devient Aim E. Pour certains professeurs, le changement de nom ne suffit pas, et des sessions de “nettoyage” sont organisées avec les élèves.</p>
<p align="justify">C’est là un épisode de plus entre les tactiques individuelles et les stratégies institutionnelles. Il y aura toujours des interstices que les individus utiliseront de façon créative, même dans un espace comme l’Internet qui a la tentation panoptique dans ses gènes. <strong>Facebook</strong> avait imposé une norme : on y est sous son vrai nom, alors que la culture de l’Internet était celle du pseudonyme, voire de la tromperie. Avec ces jeux sur le nom, on en reviendrait aux positions premières.</p>
<p align="justify">Il reste tout de même inquiétant de voir avec quelle facilité toute une classe d’âge se soumet aux impératifs d’une institution,&#160; Il est inquiétant de voir que l’état ne s’occupe pas de protéger davantage ses citoyens les plus jeunes : depuis quand d’autres critères que scolaires doivent-ils être appliqués pour prétendre entrer dans un établissement universitaire ?</p>
<p align="justify">L’hygiènisme identitaire des étudiants américains est une bonne illustration de la modification des systèmes de surveillance. ils deviennent si pervasifs et si intériorisés que les individus peinent à instaurer des logiques de conflit.. La surveillance n’est plus présentée comme une poids mais comme quelque chose d’agréable. La servitude n’est plus volontaire : elle est <a href="http://www.internetactu.net/2004/10/12/la-traabilit-de-lindividu-mobile-vers-la-surveillance-dsire/">désirée</a>. </p>
<p align="justify">Enfin, il est difficile de ne pas remarquer que terme de “<strong>nettoyer</strong>”&#160; (utilisé aussi dans les jeux vidéo) a des résonnances sinistres dans notre histoire proche. Même sans aller jusqu’à l’horreur nazie, c’est tout de même ce terme qui est utilisé à chaque fois que des crimes de guerre ont été commis : au Viet-Nam, en Algérie, en Bosnie, au Rwanda…L’idéal hygiéniste appliqué à l’identité d’une personne ou d’un groupe n’a <em>jamais </em>donné de bons résultats.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><font size="1">Sur la </font><a href="http://www.internetactu.net/2009/08/31/technologies-de-surveillance-ou-de-discrimination/"><font size="1">société de surveillance… ou de discrimination</font></a><font size="1">&#160; qui est en train de se mettre en place, l’article de <strong>Jean-Marc Manach</strong> est à lire : on y verra que la mobilité a laquelle nous donnons tant de valeur est le signe certain de notre soumission aux surveillances dont nous sommes l’objet</font>.</p>
<img src="http://www.psyetgeek.com/?ak_action=api_record_view&id=801&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		<title>Mondes l&#233;gendaires</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 10:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mondes Numériques]]></category>
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		<description><![CDATA[La passion documentaire qui nous a saisi a été bien relevée par Oliver Ertzsheid. Dans une formule adroite, l’homme est un document comme les autres, il met en évidence que sur le réseau, toutes les hiérarchies sont remises en question. Il n’y a pas a proprement parler de différence entre un homme et un robot [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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			</a>
		</div>
<p align="justify">La passion documentaire qui nous a saisi a été bien relevée par <a href="http://affordance.typepad.com/">Oliver Ertzsheid</a>. Dans une formule adroite, <a href="http://www.slideshare.net/olivier/lhomme-est-un-document-come-les-autres?src=embed">l’homme est un document comme les autres</a>, il met en évidence que sur le réseau, toutes les hiérarchies sont remises en question. Il n’y a pas a proprement parler de différence entre un homme et un robot : tout deux participent également à la mise en commun et aux mélanges des flux d’information.(( La formule permet également de montrer que du point de vue de l’imaginaire, même dans les mondes numériques, les vieilles équivalences entre l’homme et le livre et&#160; entre la peau et le papier se retrouvent.))</p>
<p align="justify">&#160;<strong>Une vie. Deux légendes.</strong></p>
<p align="justify">Si nous sommes devenus les archivistes de nos propres vies, c’est parce que nous avons besoin de les légender. Il faut entendre la formule dans les deux sens du terme. </p>
<p align="justify">Nous avons besoin d’écrire nos vies en plus grand qu’elles ne sont. Nous avons besoin de nous présenter en héros de nos propres vies, nous avons besoin de transformer nos quotidiens en Grand Récits. Cela n’est pas une tendance nouvelle due au réseau. Toute famille a sa ou ses légendes. Tout individu se raconte encore et encore “Le jour ou … “ ou “Le voyage de…”. Ce sont des récits qui participent au bon fonctionnement psychique du groupe familial car ils servent à transmettre des éléments conscients et inconscients et permettent a chacun de faire d’une chose commune une chose partagée.&#160; Pour l’individu, ils dessinent des narrations par lesquelles les contours de ce que l’on appelle une vie prennent forme.</p>
<p align="justify"><em>Héroïques légendes</em></p>
<p align="justify">Sur le réseau, ces instants épiques sont déposés sur des sites de partage d’image ou de vidéo. Ce qui est nouveau, c’est qu’ils sont partagés au delà des cercles familiaux. Souvent, ils restent dans une zone grise : ils sont visibles, mais non vus, comme dans <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_lettre_volée" target="_blank" title="Wikipedia, Definition de  La lettre volée" style="padding-bottom: 2px; border-bottom: 1px dotted #DD0000" >La lettre volée</a><sup style="font-family: Georgia, Times New Roman, Serif; font-weight: bold; color: #AAAAAA" ><em>W</em></sup> d’Edgar Poe. C’est qu’ils n’ont pas vraiment vocation à être partagés. Parfois, ils sortent de cette zone et s’attirent quelques commentaires. Plus rarement encore, ils peuvent être mis au contact des multitudes. La légende individuelle ou familiale accède alors à la légende de l’Internet.</p>
<p align="justify"><em>Légendes photographiques</em></p>
<p align="justify">Nous avons également besoin de légender nos vies au sens de la <em>légende photographique</em>. Nous avons besoin de ces petits commentaires qui précisent un contexte, disent un lieu ou nomment une personne. Sur le réseau, cette “légendarisation” devient de plus en plus fréquente. Elle se fait sur les blogues, les réseaux sociaux, les applications de micro-blogging ou de géolocalisation.Tous ces espaces sont devenus des espaces “personnels”. Même ceux qui n’ont qu’un usage professionnel du réseau (cela existe-t-il encore ?) y laissent des éléments qui permettent de se faire, au fil du temps, une idée de plus en plus précise de qui ils sont.. La légende introduit également un certain jeu : elle peut se faire ironique, ou n’être que provocation. Elle est aussi parfois appel à l’aide ou à commentaire. Elle peut aussi service d’ancrage : cela s’est bien passé, la légende en atteste ; elle peut bien entendu mentir.</p>
<p align="justify">&#160;<strong>Identités.</strong></p>
<p align="justify">Si nous avons de plus en plus tendance à légender nos vies sur le réseau, c’est parce que nos identités sont devenues incertaines. Dans les sociétés traditionnelles, la question de l’identité est simple : elle n’existe pas. On est d’une profession, d’un lignage, d’un village . On est ceci ou cela. Et il n’est pas question de s’imaginer autrement que ce que l’on est. </p>
<p align="justify">Cette possibilité a été donnée aux individus dans les sociétés modernes. Le mouvement est particulièrement vif dans les sociétés occidentales industrialisées. Les anciennes grilles qui donnaient à chacun sa place et à chaque place un individu, tout comme les antagonismes structurants (patron / ouvrier; travail loisir; privé / public) se dissolvent peu à peu. Non seulement chacun est peut s’imaginer autrement que ce qu’il est, mais chacun est appelé à le faire. <em>L’american dream </em>en est la figure la plus saisissante : qui ou quoi que vous soyez, vous pouvez être autre chose.</p>
<p align="justify">Ce que le réseau célèbre comme puissance des masses et sagesse des foules – en somme, la glorification de l’accumulation des Ego – n’est pas un effet du réseau. C’est un processus qui s’enracine loin dont l’histoire et dont une borne est posée par Jean-Jacques Rousseau : “ car c’est moi que je peins”. Elle se poursuit au cours des siècles pour s’accélérer au XXe siècle. Le sens de ce que l’on est ne vient plus d’en haut. Il vient d’en bas, des collègues, des semblables, des autres soi même, et finalement de soi.</p>
<p align="justify">L’angoisse identitaire et la dépression sont le prix de cette liberté. A partir du moment ou nous sommes moins fermement appelés à une place, nous avons tendance a réaliser toutes les identités que nous sentons potentiellement en nous. Puisque l’effort de synthèse est moins grand, chacune a alors tendance a vivre indépendamment des autres. Le réseau devient un espace merveilleux puisqu’il est a-priori possible d’avoir un espace pour chacune : ici amateur de musique, là lecteur d’un journal, plus loin encore autre chose. La magie du réseau tient au fait “<em>qu’il est possible à tout individu de se dégager de son histoire (qui tend à décider pour lui, à l’avance, ce qu’il devrait être) pour se présenter aux autres enfin libre de s’inventer” </em><strong>Jean-Claude Kaufman L’invention de soi,</strong></p>
<p align="justify">En fait, en ligne ou hors ligne, les choses sont un peu moins tranchées que cela. Il n’est pas tout à fait exact que notre identité ne dépend que de nous même tout comme il n’est pas tout à fait exact que dans les sociétés primitives, l’individu est totalement ligaturé par un ensemble de prescriptions. L’identité est un compromis entre les exigences externes de la société et les exigences internes de l’individu.</p>
<p align="justify">Sur le réseau, l’invention de soi fonctionne dans les deux sens. C’est ce dont on se délie pour se faire autrement. C’est l’abandon des pesanteurs sociales et familiales qui permet de se penser autrement. Le cyberespace serait de ce&#160; point de vue l’espace ou les libertés individuelles peuvent s’exprimer jusque dans la l”intime de soi puisque l’on peut y être un gaz rare, une chamane taurène ou cette autre fiction que l’on appelle “soi”..Mais c’est aussi ce que l’on projette devant soi, ce que l’on rêve d’être ou de devenir, toutes ces images idéales de soi auxquelles chacun est attaché.</p>
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		<title>L&#8217;adieu a Fayejin</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Feb 2010 11:39:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les sources de Givrefeu du Berceau de l’hiver sont connues pour être un de ces endroits où la magie du monde se laisse percevoir. Les cascades d’eau chaude tranchent avec les neiges éternelles que l’on trouve alentours. Peut être était-ce pour cette raison que Fayelin aimait y pêcher ? Les tours d’esprits des mages sont [...]]]></description>
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			</a>
		</div>
<p align="justify">Les sources de Givrefeu du <b>Berceau de l’hiver </b>sont connues pour être un de ces endroits où la magie du monde se laisse percevoir. Les cascades d’eau chaude tranchent avec les neiges éternelles que l’on trouve alentours. Peut être était-ce pour cette raison que Fayelin aimait y pêcher ? Les tours d’esprits des mages sont souvent compliqués, mais il se disait qu’elle aimait y entendre les sons de l’eau et que la neige était pour elle un enchantement.</p>
<p align="justify">Sa mort soudaine a été annoncée par Yanoa, Guerrier orc&#160; :</p>
<p align="justify"><b>Le mardi de Février 28th Illidan perdu non seulement un bon mage, mais une bonne personne. Pour ceux qui l&#8217;ont connue, Fayejin a été une des meilleures personnes qu&#8217;on puisse rencontrer. Mardi, elle a eu une attaque cérébrale et est décédé plus tard dans la nuit.</b><b>      <br />Je poste ce message pour informer tous ceux qui ont pu la connaitre. Par ailleurs, demain, à 5h30 heure du serveur, le 4 mars, nous assurerons un service funéraire en jeu pour elle afin que tous puissent lui rendre un dernier hommage […]</b></p>
<p align="justify"><b>Merci à tous</b></p>
<p align="justify">L’adieu à Fayejin est un succès. Une cinquantaine de personnages présentent leurs derniers hommages à la mage. Fayejin est là, debout, près de l’eau, et elle reçoit une longue file d’hommages. Elle est jouée par Yanoa, et chacun peut avoir à penser la complexité de ce monde ou l’on peut être mort ici, vivant là, et même posséder plusieurs identités. Mais ici, on ne meurt qu’une fois, et là, on meurt autant de fois que le jeu le nécessite.</p>
<p align="justify">L’isolement des sources d’eau chaude du Berceau de l’Hiver en assure la tranquillité. Mais c’est aussi le lieu rêvé pour les embuscades. L’endroit est trop éloigné de la route pour que les cris puissent alerter les rares passants. Le temps que les renforts arrivent de l’auberge de la région, et déjà le combat est joué. Beaucoup de héros ont connu ici une fin misérable ou une mort glorieuse. </p>
<p align="justify">Pendant que quelques uns se rassemblent aux sources chaudes auprès de Fayejin, un groupe d’une vingtaine de héros passe le tunnel de Gangrebois. L’Alliance, ennemie séculière de la Horde, voit dans la cérémonie funèbre de Fayejin l’occasion de faire un coup. Le temps est au deuil, et chez les <em>hordeux</em> nul de pense à tirer l’épée où à faire usage de la magie contre les deux ou trois <em>alliancieux</em> qui se glissent dans la file. Aussi, lorsque l’attaque d’un voleur frappe Fayejin, c’est la stupeur. Au même moment, la bande d’alliancieux dans l’assistance comme des loups ! En moins d’une minute, le massacre est complet. Les hordeux n’ont pas sur eux les sorts qui les soutiennent au combat : qui songerait à se <i>buffer </i>pour un enterrement ? <i></i>Ils sont par ailleurs étrangement passif. Peu songent à se battre, comme si la disparition de Fayejin avait déjà emporté une partie de leur énergie. Les chasseurs lancent leurs familiers sur leurs cibles, les sorts de zone font des dégâts considérables, les sorts de peur lancés par les mages font les font courir dans tous les sens. Les hordeux tombent par poignées, et en moins d’une minute l’Alliance a remporté le combat. </p>
<p align="justify"><i>La mort de Fayejin </i>est un des épisodes marquant de l’histoire de World Of Warcraft. Il a été discuté sur les forums un peu partout sur le réseau. Les attaquants avaient ils raison de perturber cette cérémonie ? A-t-on le droit de jouer avec tout ? Dans quel ordre de réalité est ce que un événement de ce type nous projette ? Il met également en lumière un des éléments clé de ce jeu : les dynamiques groupale.</p>
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		<title>Les nuages lieux de l&#8217;extimit&#233; ?</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 10:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous avons une sociabilité intime : tous nos actes, même ceux qui nous semblent les plus naturels, comme marcher, manger ou se torcher, sont des actes sociaux. Ils sont construit collectivement, et ne prennent sens que dans une communauté1. Nous pouvons verser l’extimité au titre des “techniques de soi” de Michel Foucault au sens qu’il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="tweetmeme_button" style="float: right; margin-left: 10px;">
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<p align="justify"><a href="http://www.freemages.fr/album/nature/nuages_2.jpg"><img title="Nuages" hspace="4" alt="Nuages" vspace="4" align="middle" src="http://www.freemages.fr/album/nature/nuages_2.jpg" width="513" height="352" /></a></p>
<p align="justify">Nous avons une sociabilité intime : tous nos actes, même ceux qui nous semblent les plus naturels, comme marcher, manger ou se torcher, sont des actes sociaux. Ils sont construit collectivement, et ne prennent sens que dans une communauté<sup><a href="http://www.psyetgeek.com/les-nuages-lieux-de-lextimit#footnote_0_722" id="identifier_0_722" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cf. les techniques du corps de Marcel Mauss">1</a></sup>. Nous pouvons verser l’extimité au titre des “<em>techniques de soi</em>” de Michel Foucault au sens qu’il s’agit bien là de&#160; techniques par lesquels nous effectuons “seul ou avec d&#8217;autres, des opérations sur [notre] corps, [notre] âme, [nos] pensées” (Foucault M.)</p>
<p align="justify">Les blogues et les réseaux sociaux sont souvent compris comme des dispositifs où cette extimité se donnerait à voir. Le coté “journal intime” de certains blogues, le babillage sur Twitter et sur Facebook, l’exposition de soi que l’on peu y noter que ce soit au travers d’images ou de textes en seraient quelques exemples. C’est un point de vue que l’on peut retrouver sous le clavier de <strong>Serge Tisseron</strong> qui note dans <a href="http://squiggle.be/serge-tisseron/nouveaux-reseaux-des-desirs-vieux-comme-le-monde.html" target="_blank">Nouveaux réseaux : des désirs vieux comme le monde</a> que les réseaux sociaux permettent de se cacher et de se montrer et donc sont des lieux d’expression de l’intime et de l’extime. </p>
<p align="justify">Pour bien comprendre ce qui se passe avec les nuages, il faut prendre en compte ce qu’ils ont de spécifique.Il est évident que parler ce n’est pas écrire, et écrire sur une feuille de papier ce n’est pas écrire avec un ordinateur :</p>
<p align="justify"><strong>“Toute technique s’accompagne […] d’une <em>posture </em>psychique qu’elle induit et qui influe, à son tour, sur le contenu du message […] la pensée se construit dans le va et vient entre les contraintes imposées par la machine, les échappées libératoires qu’elle permet et le projet du texte qui s’en trouve modifié à chaque instant. Ainsi, elle se construit différemment selon qu’on parle, qu’on écrit sur du papier ou qu’on tape sur un clavier devant un écran d’ordinateur”</strong> Serge Tisseron, L’intimité surexposée, 2001.</p>
<p align="justify">La parole, l’écrit et l’écriture électroniques produisent donc des postures différentes. Toujours selon Serge Tisseron, la parole est d’abord retrouvailles avec le sonore originel, l’écrit est en rapport avec les matières scolaires. L’un et l’autre sous sous le régime du surmoi mais différemment. La parole est liée au surmoi maternel – c’est elle qui autorise la prise.&#160; de parole – tandis que l’écrit est lié au surmoi paternel qui veille au respect des normes (la bonne forme des lettres et des mots). Parce qu’il est toujours possible de reprendre ce qui a été écrit, l’écriture électronique est beaucoup plus libre des exigences surmoiques. On le voit avec l’apparition de ces chimères que sont les souriards mais aussi avec l’oralité écrite que de nombreux observateurs ont noté a propos des communications médiatisées par un ordinateur.</p>
<p align="justify">Cette liberté tient à la matérialité du support et aux qualités de l’encre numérique. La page blanche peut s’effacer sans laisser la moindre trace de repentir. Par ailleurs, les lettres sont toujours bien formées, elles s’ordonnent parfaitement sur la ligne, et il est possible d’en modifier facilement la taille et la forme. Sur une feuille de papier, ce que la main écrit est sous la surveillance de l’œil. Ce que la main dessine est comparé à une forme idéale, et le plaisir est en lien avec la proximité de l’idéal. Avec un ordinateur, la bonne formation des lettres est prise en charge par le dispositif.</p>
<p align="justify">Parce qu’ils offrent cette fluidité du numérique et qu’ils sont des ouvertures vers l’autre, les blogues sont de bons candidats pour être des supports de l’extimité. Il y est en effet facile de publier du contenu, qu’il s’agisse d’images ou de textes, ou les deux à la fois, et il y est facile d’y recueillir des commentaires qui vont en retour modifier les représentations de soi qui ont été à l’origine de la mise en ligne du contenu. </p>
<p align="justify">Un blogue est différent d’un carnet intime car il est d’emblée tourné vers les autres. Il nécessite un travail d’explicitation qui n’est pas nécessaire au carnet intime puisque l’on s’écrit à soi-même. Il est également différent du journal car un journal ne contient pas des éléments intimes ou personnels. Mais il est des journaux et des carnets intimes qui utilisent le blogue !</p>
<p align="justify">Il faut aussi se souvenir qu’un blogue est un média. Ce qui est important est donc la forme de relation que la personne entretien avec ce média. Un blogue peut être utilisé comme n’importe quel autre outil en ligne mais il peu aussi être mis au service d’une dynamique psychique. Ainsi, un blogue peut tout aussi bien être au service d’un travail de mémoire ou d’oubli; il peut témoigner d’un désir d’appartenance a un groupe social… ou être le lieu d’expression de l’extimité. Il peut aussi servir … à bloguer !</p>
<p align="justify"><strong><a href="http://ticetsociete.revues.org/412#tocto1n4">Sébastien Rouquette</a></strong> a remarquablement bien repéré les différentes utilisations extimes que l’on peut avoir du blogue : revendiquer sa “vraie” nature, faire valider sa vie, donner son avis et écrire. Chaque utilisation valorise une identité avoir une personnalité propre, témoin, essayiste ou auteur) et soutient un type de désir (reconnaissance, réconfort, débattre, désir d’être suivi)</p>
<p align="justify">On retrouve bien ici les deux mouvements de l’extimité : être reconnu comme ayant une identité propre et faire valider sa vie correspondent au mouvement centrifuge qui va de soi vers l’autre tandis que créer des espaces de débat et de rencontre correspond au mouvement centripète de l’extimité.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_722" class="footnote"><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/mauss_marcel/socio_et_anthropo/6_Techniques_corps/Techniques_corps.html" target="_blank">Cf. les techniques du corps</a> de Marcel Mauss</li></ol><img src="http://www.psyetgeek.com/?ak_action=api_record_view&id=722&type=feed" alt="" />]]></content:encoded>
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		<title>Demain a Chatellerault</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jan 2010 09:18:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je serai Mardi 26 Janvier à Châtellerault – de updates à faire sur Foursquare ! – pour un Forum sur les réseaux sociaux. Il y a là deux nouvelles tendances. La première, c’est que l’on me demande de parler à des collégiens. La seconde est que l’intérêt se déplace maintenant des jeux vidéo au réseaux [...]]]></description>
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<p><a href="http://idata.over-blog.com/3/61/81/96/FlyerCyberdependance86.jpg"><img style="display: block; float: none; margin-left: auto; margin-right: auto" alt="FlyerCyberdependance86" src="http://img.over-blog.com/346x500/3/61/81/96/FlyerCyberdependance86.jpg" /></a></p>
<p align="justify">Je serai <strong>Mardi 26 Janvier</strong> à <strong>Châtellerault</strong> – de updates à faire sur <strong>Foursquare</strong> ! – pour un Forum sur les réseaux sociaux. Il y a là deux nouvelles tendances. La première, c’est que l’on me demande de parler à des <em>collégiens</em>. La seconde est que l’intérêt se déplace maintenant des jeux vidéo au <em>réseaux sociaux.</em></p>
<p align="justify">S’agissant d’enfants, je me vois mal leur asséner deux heures sur le thème “Ne faites pas n’importe quoi sur Facebook”. D’abord parce que je pense qu’en général, les adolescents ne font pas “n’importe quoi sur le réseau”; ensuite parce que lorsque quelqu’un fait “n’importe quoi” cela n’a jamais n’importe quel sens, et il faut prendre le temps de comprendre avec lui ce qui se passe; enfin parce que un média prédispose des types de relation (par exemple, des “<em>friends</em>” et des “<em>followers</em>”) mais ce sont toujours des sujets qui en disposent.</p>
<p align="justify">Il y a quelques histoires dans l’histoire du réseau qui je pense intéresseront les enfants. Comment s’est inventé le mail ? Le Jour Où le Rêveur S’est Réveillé, La Mort de Lord British, La Guerre des Miaou Miaou… Le réseau fabrique sa légende en avançant. Ces mythes font lien avec les imaginaires profonds individuels et collectifs, et nous permettent de nous mouvoir sur le réseau. Pour ce qui est des enfants, il me semble important leur faire toucher du doigt que le réseau est quelque chose qui s’est construit, qu’ils en sont les héritiers et les légataires.</p>
<p align="justify">A partir de là, nous pourrons travailler sur des thématiques plus précises : Qu’est ce que l’identité ? Qu’est ce que l’Internet ? Quels sont les risques liés à l’Internet ?. Les enfants réfléchiront en petits groupes. L’idée n’est pas de préparer une vaste dissertation, mais de faire apparaitre une carte des représentations. Les réponses des différents groupes seront collectées et reprises dans une carte générale construite et discutée avec les enfants. En fonction des résultats, nous construirons alors une seconde carte. L’ensemble sera partagé en ligne. Si un des organisateurs pouvait twitter l’atelier ce serait juste parfait !</p>
<p align="justify">Tout cela en… une heure ! </p>
<p align="justify">D’évidence, un tel thème nécessiterait un temps bien plus long et pourrait s’insérer un projet pédagogique !</p>
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		<title>Jeux d&#8217;identites</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 10:15:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mondes Numériques]]></category>
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		<description><![CDATA[Lorsque les premiers observateurs se sont penchés sur les mondes numériques, la question de l’identité est immédiatement apparue comme primordiale. Chacun pouvait s’apercevoir à quel point il était aisé de créer une identité. Mieux, le jeu de masques se complexifiait parce qu’à une personne pouvait correspondre plusieurs identités en ligne ou que plusieurs personnes pouvaient [...]]]></description>
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		</div>
<p align="justify">Lorsque les premiers observateurs se sont penchés sur les mondes numériques, la question de l’identité est immédiatement apparue comme primordiale. Chacun pouvait s’apercevoir à quel point il était aisé de créer une identité. Mieux, le jeu de masques se complexifiait parce qu’à une personne pouvait correspondre plusieurs identités en ligne ou que plusieurs personnes pouvaient se retrouver dans la même identité en ligne.</p>
<p align="justify">Le mythes, puis cette mythologie moderne qu’est la science fiction,a porté dans la culture des fantasmes individuels que l’on retrouve aussi bien dans le registre normal que dans celui de la psychothapthologie.De <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Protée" target="_blank" title="Wikipedia, Definition de  Protée" style="padding-bottom: 2px; border-bottom: 1px dotted #DD0000" >Protée</a><sup style="font-family: Georgia, Times New Roman, Serif; font-weight: bold; color: #AAAAAA" ><em>W</em></sup> aux êtres multiples de la science fiction, le rêve (et parfois les difficultés) d’être plus d’un ont ainsi trouvé une illustration. Avec l’Internet, ce qui n’était finalement que des jeux imaginaires semblait trouver une réalité. Il était devenu possible d’être plusieurs personnes différentes et dans le même espace. Les chat rooms et autres forums étaient devenus les nouveaux théâtres dans lesquels se jouaient de drames et des vaudevilles</p>
<p align="justify">La facilité avec laquelle ces identités étaient construites et surtout le fait qu’elle étaient faites de mots a profondément frappé les premiers observateurs. <strong>Sherry Turkle</strong> voit en ligne prendre forme et sens les théories qu’elle a reçu de <strong>Jacques Lacan</strong> ou <strong>Jacques Derrida</strong>. L’ordinateur lui semble alors être le lieu ou la philosophie semble descendre sur terre.Notre identité est faites de mots, à la fois ceux que nous recevons des autres et ceux que nous utilisons. Sur Internet, cette évidence : “parler, c’est être” n’est plus une théorie. Il suffit de rester silencieux quelques minutes dans une chat room, quelques jours sur un forum pour disparaitre des lieux.&#160; </p>
<p align="justify"><strong>John Suler</strong>, qui a été un des premiers psychologues à s’intéresser au cyberespace, voit dans la <a href="http://www-usr.rider.edu/~suler/psycyber/basicfeat.html#flexibility">flexibilité des identités</a> une de ses caractéristiques de base [<a href="http://www-usr.rider.edu/~suler/psycyber/basicfeat.html">The basic psychological feature of Cyberespace, 1996</a>]. L’idée de <strong>John Suler</strong> est que l’absence de face à face permet à chacun d’exprimer plus facilement des identités imaginaires. L’anonymat du cyberespace a un effet désinhibiteur et pousserait davantage les personnes a se mettre en scène ou à avoir des conduites transgressives. Le cyberespace aurait donc cette qualité de nous permettre d’endosser des identités différentes et de les explorer. Lisa Nakamura((Nakamura, Lisa. 2000. . Race In/For Cyberspace: Identity Tourism and Racial Passing on the Internet. <a href="http://www.humanities.uci.edu/mposter/syllabi/readings/nakamura.html">http://www.humanities.uci.edu/mposter/syllabi/readings/nakamura.html</a>.)) a appelé tourisme identitaire cette façon d’explorer des identités, exprimant par là le fait qu’endosser un rôle permet de mieux comprendre les problématiques qui lui correspondent.</p>
<p align="justify">Ainsi, est il possible d’être “un essaim d’abeille”, un “gaz rare”, un “chevalier jedi”,“personne” ou soi-même ou encore tout cela en même temps. Il est donc possible d’avoir la même forme pour plusieurs identités différentes, ou la même identité dans plusieurs formes différentes. Pour complexifier ce théâtre des identités, il est possible de jouer sur le en/hors ligne en apparaissant présent quand on est absent (AFK), absent quand on est présent, ou encore présent/absent pour les uns et pas pour les autres.</p>
<p align="justify">Pour <strong>Sherry Turkle</strong> comme pour <strong>John Suler</strong>, le cyberespace donne la possibilité de tabuler entre les diverses identités. De la même façon que nous basculons d’une application à une autre, nous pouvons passer d’un jeu d’identité à un autre. En basculant d’un dispositif d’écriture à un autre, ou à l’intérieur d’un même dispositif, il est possible d’être ceci puis cela. Mieux : la rapidité des interactions peut donner l’illusion de la simultanéité.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Le travail des avatars</strong></p>
<p align="justify"><a href="http://www.psyetgeek.com/wp-content/uploads/2009/11/Lesprocessusdelidentitenligne.png"><img style="border-right-width: 0px; display: inline; border-top-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin-left: 0px; border-left-width: 0px; margin-right: 0px" title="Les processus de l&#39;identité en ligne" border="0" alt="Les processus de l&#39;identité en ligne" align="right" src="http://www.psyetgeek.com/wp-content/uploads/2009/11/Lesprocessusdelidentitenligne_thumb.png" width="175" height="181" /></a> Il faut introduire quelques commentaires. S’il est vrai que nous pouvons former et utiliser en ligne des identités différentes, il faut prendre en compte que nous sommes aussi joué par elles, et cela au moins à deux reprises. Nous sommes d’’abordjoués par le jeu des forces sociales qui nous assignent des rôles et des statuts. Nous sommes ensuite joués jusque dans notre intimité puisque nous ne disposons pas librement de ce que nous sommes : “le Moi n’est pas maitre dans sa propre maison”</p>
<p align="justify">Ce que<strong> Lisa Nakamura</strong>, <strong>John Suler</strong> et <strong>Sherry Turkle</strong> ne prennent pas en compte, c’est qu’en ligne aussi le mort saisit le vif. Les identités que nous endossons en ligne s’appuient toujours sur des éléments internes. Ce sont des <em>imagos et des images internes </em>qui sont sélectionnées, combinées, et explorées au travers nos identités en ligne. Ce sont sur elles que portent les opérations psychiques de projection, d’excorporation, d’identification ou d’introjection. Ainsi, une identité en ligne est une façon de mettre au devant de soi des éléments de nos vies psychiques. Par cette projection, chacun perçoit le monde en fonction de ses modèles internes qui à leur tour servent de pôle d’identification auxquels on tente de ressembler. Cette circulation entre les projections et les identifications concerne précisément les imagos, c’est à dire le résultat de fantasmes d’incorporation résultant d’une souffrance psychique et relationnelle. A ces imagos s’opposent les images internes, qui elle résultent de processus d’introjection. Dans le meilleur des cas, il s’instaure une circulation qui permet de réemploi d&#8217;’émotions, de pensées, de fantasmes qui restaient à l’écart du fonctionnement général du psychisme. Les identités en ligne sont des vecteurs potentiels de processus introjectifs.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><a href="http://www.psyetgeek.com/wp-content/uploads/2009/11/Boucleintrojectiveprojective.png"><img style="border-right-width: 0px; display: block; float: none; border-top-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin-left: auto; border-left-width: 0px; margin-right: auto" title="Boucle introjective projective" border="0" alt="Boucle introjective projective" src="http://www.psyetgeek.com/wp-content/uploads/2009/11/Boucleintrojectiveprojective_thumb.png" width="346" height="365" /></a> </p>
<p align="justify"><strong></strong></p>
<p align="justify"><strong></strong></p>
<p align="justify"><strong>Identité-mémoires et identité-projets</strong></p>
<p align="justify">Les identités en ligne sont donc des occasions de travail sur nos mémoires conscientes et inconscientes. A coté de ces identité-mémoires, nous avons également des identité-projets : ce sont les identités que nous prenons avec le but conscient ou inconscient de nous préparer à quelque chose : jouer aux Sims ou se déclarer “en couple” sur Facebook peuvent être des façons de se préparer à la vie de famille. Un projet peut également démarrer avec la mise en ligne d’un nouveau blogue. </p>
<p align="justify">Il est un type d’identité-mémoire qui fonctionne d’une façon un peu particulière : c’est l’identité-crypte. Elle est une identité dans laquelle sont déposés des éléments du Self dont on ne veut pas penser. La différence avec les identités précédentes tient au fait que la boucle de retour ne se fait pas : ce qui est déposé est mis à l’écart du fonctionnement psychique. Si la fiction du “virtuel” est encore maintenue, c’est parce que ce mode de fonctionnement est assez fréquent. Le “virtuel” fonctionne comme une image de cette zone à laquelle nous n’avons plus accès. Les grandes réticences, pour ne pas dire l’angoisse, ou les enthousiasmes excessifs de quelques uns sont liés a cette dynamique : les uns craignent de se retrouver brutalement au contact avec des objets angoissants et les autres s’émerveillent par avance de pouvoir avoir à nouveau accès a la totalité de leur self.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Viscosités</strong></p>
<p align="justify">Nous ne disposons donc pas tout à fait librement des identités que nous prenons en ligne. Aux dynamiques internes, il encore ajouter la viscosité du cyberespace. La simple observation des usages montre que nous avons tendance à assumer une même identité dans les différents lieux où nous nous trouvons. Cela tient au fait que nous attendons ainsi d’être reconnu pas les autres – et nous nous attendons également à les reconnaitre – et au fait que le fonctionnement psychique a cette même viscosité que le cyberespace : nous avons tous tendance a nous rassembler autour d’un centre, d’un noyau, de quelque chose qui nous constitue. L’éparpillement, surtout lorsqu’il devient durable, est&#160; toujours une charge de travail importante. Une des taches de base de l’appareil psychique est de rester soi, quoi que ce “Soi” puisse être, et tout ce qui l’en éloigne, est source d’angoisse </p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">Ainsi, contrairement a ce qui a pu être amené au départ, le passage d’une identité à une autre n’est pas si aisé. Il est le fait d’un travail qui s’effectue pour une grande partie de façon inconsciente. Les identités que nous prenons et maintenons en ligne, celles que nous abandonnons plus ou moins volontairement, tout cela nous travaille de façon souterraine : les enjeux anciens de d’indentification et de séparation y sont réactivés.</p>
<p align="justify">il ne nous est pas possible d’endosser durablement une multitude d’identités, à la fois pour des raisons externes, et pour des raisons internes. Mieux, la liberté avec laquelle nous pensons nous choisir une identité en ligne est en fait le résultat d’un travail dont la plus grande partie se passe de façon inconsciente. Dans le cyberespace non plus, le Moi n’est pas maitre. </p>
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		<title>Identit&#233; et Internet</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Feb 2009 16:17:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
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<p align="justify">Je fais ce soir &#224; P&#233;rigueux, dans le cadre des journ&#233;es d&#8217;&#233;tudes organis&#233;es par le Centre M&#233;dico Psycho P&#233;dagigue A. Boulat, une intervention sur l&#8217;identit&#233; num&#233;rique. J&#8217;interviendrais apr&#232;s une coll&#232;gue qui parlera du travail du psychoth&#233;rapeute en CMPP, et la liaison ne sera pas commode. D&#8217;une part il faudra faire la transition entre le ce qu&#8217;une relation peut avoir de plus personnalis&#233; : la relation psychoth&#233;rapeutique, et d&#8217;autre part il faudra . J&#8217;ai choisi de reprendre une partie de mon intervention a CarmMEd en la raccourcissant un peu et en apportant un nouveau cas&#160; : <strong><a href="http://www.diigo.com/user/yannleroux/boxxy" target="_blank">Anonymous vs Boxxy</a>&#160; et de parler des jeux d&#8217;identit&#233;</strong></p>
<p align="justify"><strong>Anonymous </strong>est vraiment un ph&#233;nom&#232;ne &#233;tonnant : comment un lien social peut-il &#234;tre maintenu dans un tel anonymat ? Comment un groupe peut il survivre dans un tel climat de m&#233;fiance, de parano&#239;a, de tels d&#233;sirs de ma&#238;trise et d&#8217;omnipotence ? Plonger dans la caverne de /b c&#8217;est plonger dans le <em>claustrum </em>d&#233;crit par Donald Meltzer. C&#8217;est s&#8217;immerger dans un monde de tyrannie dans lequel le sadisme, la violence, la tyrannie et la soumission sont les ma&#238;tres mots. &quot;Religion satanique&quot; disait Meltzer dans lequel chacun v&#233;n&#233;r&#233; le &quot;grand p&#233;nis f&#233;cal&quot;. C&#8217;est un univers domin&#233; par la &quot;mentalit&#233; de groupe&quot; (Bion, 1961). L&#8217;omnipotence, la grandiosit&#233;, l&#8217;id&#233;alisation y sont les principaux processus. Anonymous est sans aucun doute une des faces noire de l&#8217;Internet.</p>
<p align="justify"><strong>Les jeux autour de l&#8217;identit&#233; </strong>sont &#233;galement int&#233;ressants, parce qu&#8217;il jettent une lumi&#232;re sur ce que nos identit&#233;s en ligne mettent en jeu. Nous jouons tous avec nos identit&#233;s en ligne. Nous sommes tous jou&#233;s par elles. Par elles, une partie de notre fonctionnement inconscient peut transpara&#238;tre. Les anglosaxons &#233;tudient ces jeux surtout sous l&#8217;angle de la tromperie (<em>deception) </em>et s&#8217;appuient sur la figure du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trickster" target="_blank" title="Wikipedia, Definition de  Trickster" style="padding-bottom: 2px; border-bottom: 1px dotted #DD0000" >Trickster</a><sup style="font-family: Georgia, Times New Roman, Serif; font-weight: bold; color: #AAAAAA" ><em>W</em></sup> : c&#8217;est &#224; dire un personnage qui joue des tours pendables. Le troll que tous les forums connaissent serait donc un <em>trickster </em>tout comme toute personne comme qui s&#8217;invente une vie en ligne et trompe ses lecteurs. La figure du <em>plaisantin </em>est tout a fait int&#233;ressante car elle laisse la porte ouverte a des interpr&#233;tations positive. Elle ouvre aussi sur la sexualit&#233; infantile dans ce qu&#8217;elle a de tumultueux et d&#233;rangeant. Les jeux d&#8217;identit&#233; auxquels on assiste sur le net, qu&#8217;ils prennent la forme de cas aigus comme <strong><a href="http://www.diigo.com/user/yannleroux/kaycee?tab=250" target="_blank">Kaycee Nicole</a> </strong>ou <strong><a href="http://www.diigo.com/user/yannleroux/meier?tab=250" target="_blank">Megan Meier</a></strong>&#160; ou plus banalement les questions que nous avons quant &#224; ce que nous mettons en ligne sont en lien avec notre fonctionnement psychique. Nos comptes flickr, facebook, twitter et autres sont pour notre fonctionnement psychique &quot;des caves et des greniers&quot;. Nous leur confions des &#233;motions, des souvenirs, des fantasmes, avec l&#8217;espoir qu&#8217;ils y soient mis &#224; l&#8217;&#233;cart, voire m&#234;me sc&#233;ll&#233;s a jamais, ou au contraire mis d&#233;pos&#233;s pour &#234;tre r&#233;install&#233;s &#224; l&#8217;int&#233;rieur de la psych&#233;.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">Le propos g&#233;n&#233;ral est donc de montrer une part du travail psychique que la pr&#233;sence sur Internet n&#233;cessite. Cette charge de travail est celle auquel nous confronte l&#8217;environnement non-humain et les multitudes.</p>
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		<title>Psychologie de l&#8217;avatar</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jan 2009 14:55:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Jeux vidéos]]></category>
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		<category><![CDATA[projection]]></category>

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		<description><![CDATA[Les processus et les fonctions psychologiques de l'avatar]]></description>
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<blockquote><p align="justify"><img alt="Anonymous" src="http://www.xtremesystems.org/forums/image.php?u=38183&amp;dateline=1161052915" align="left" /> Dans un texte qui a d&#233;ja 13 ans, <strong><a href="http://www-usr.rider.edu/~suler/psycyber/psyav.html" target="_blank">The Psychology of Avatars and Graphical Space in Multimedia Chat Communities</a> (mai 1996)</strong>, John Suler a donn&#233; quelques cl&#233;s de compr&#233;hension &#224; propos de l&#8217;usage des avatars. Son analyse se basait sur les avatars utilis&#233;s dans <strong>The Palace </strong>qui &#233;tait un chat graphique, mais elle reste toujours un point de d&#233;part solide pour qui veut s&#8217; aventurer sur ces questions.</p>
</blockquote>
<p align="justify">Les avatars fonctionnent comme le test projectif des t&#226;ches d&#8217;encre de Rorschach nous dit John Suler ; on peut y trouver des &#233;l&#233;ments de la vie consciente et inconsciente de chacun. Chaque avatar peut dire ce que l&#8217;on est, ce que l&#8217;on souhaite &#234;tre, ce que l&#8217;on aurait aim&#233; &#234;tre , ce que l&#8217;on redoute.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Les processus : projection, identification et d&#233;p&#244;t</strong></p>
<p align="justify">Contrairement &#224; ce que pensait John Suler, le m&#233;canisme sous jacent est plus celui du d&#233;p&#244;t des parts inconscientes de soi que la projection. La projection est d&#233;finie par l&#8217;op&#233;ration inconsciente selon laquelle <strong>&quot;le sujet expulse de soi et localise dans l&#8217;autre, personne ou chose, des qualit&#233;s, des sentiments, des d&#233;sirs, voire des &quot;objets&quot;, qu&#8217;il m&#233;connait ou refuse en lui&quot;&#160; </strong>(Vocabulaire de psychanlayse, 1988) Or, il arrive assez souvent que les personnes soient tout &#224; fait capables de dire &#224; quel d&#233;sir correspond leur avatar. Certains changement m&#234;me d&#8217;avatar en fonction de leur humeur du moment, faisant de ceux-ci des sortes de panneaux indicateurs de leur humeur.</p>
<p align="justify">L&#8217;identification &#224; deux versants. Le premier correspond &#224; l&#8217;action d&#8217;identifier au sens de reconna&#238;tre. Le second sens correspond &#224; l&#8217;acte par lequel un individu devient identique &#224; un autre. C&#8217;est alors le &quot;p<strong>rocessus psychologique par lequel un sujet assimile un aspect, une propri&#233;t&#233;, un attribut de l&#8217;autre et se transforme, totalement ou partiellement, sur le mod&#232;le de celui-ci</strong>&quot; (Vocabulaire de psychanalyse, 1988). L&#8217;avatar utilis&#233; en ligne est bien ce qui nous permet d&#8217;&#234;tre reconnu et diff&#233;renci&#233; des autres mais il n&#8217;est aucunement ce &#224; quoi la personne s&#8217;identifie. On ne devient pas son avatar, de m&#234;me que l&#8217;idenfication n&#8217;est pas au centre de l&#8217;activit&#233; vid&#233;o ludique (1)</p>
<p align="justify">L&#8217;avatar surtout un espace de <strong>d&#233;p&#244;t</strong>.&#160; Il est le support de cette s&#233;rie de m&#233;canismes qui consistent en une p&#233;riph&#233;risation d&#8217;une partie de soi. Ce qui est ainsi d&#233;pos&#233;, ce sont des fantasmes narcissiques, sexuels, ou agressif, des sensations ou des &#233;motions. Il s&#8217;agit bien de mettre &#224; l&#8217;ext&#233;rieur de soi, mais pas dans le sens d&#8217;une simple projection. Ce qui est ainsi d&#233;pos&#233;, est d&#233;pos&#233; avec le d&#233;sir inconscient d&#8217;une transformation. L&#8217;avatar est un <strong>conteneur</strong> : il contient, isole, diff&#233;rentie des parties du self. L&#8217;avatar est un espace de transformation. Pr&#233;cisons : la transformation en question n&#8217;est pas obligatoire. Elle passe par un travail psychique qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours facile de faire</p>
<p align="justify">Le m&#233;canisme prinicipal de la mise en d&#233;pot est <strong>l&#8217;identification projective</strong>. Il a &#233;t&#233; d&#233;crit par Melanie Klein d&#8217;abord comme un processus pathologique (<i>Notes sur quelques m&#233;canismes schizo&#239;des</i>) puis comme processus constitutif de la personnalit&#233; (<i>L&#8217;identification</i> (1955), in Envie et gratitude et autres essai). En s&#8217;appuyant sur <em>Si j&#8217;&#233;ais vous, </em>le roman de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Green" target="_blank">Julien Green</a>, elle rend finement compte des actions que l&#8217;introjection et l&#8217;identification exercent l&#8217;un sur l&#8217;autre : on peut s&#8217;identifier &#224; ce qui a &#233;t&#233; introject&#233;; on projet&#233; ce qui a &#233;t&#233; pr&#233;alablement introject&#233;. Ainsi, lorsque Julien regarde sa montre pos&#233;e sur une table, qu&#8217;il en aime le tic-tac, qu&#8217;il pense a son p&#232;re qui la portait avant lui, et que toute la pi&#232;ce prend un air d&#8217;ordre et de s&#233;rieux, c&#8217;est parce que la montre repr&#233;sente le bon p&#232;re int&#233;rioris&#233; de Julien tandis que le tic-tac rappelle sa &quot;joyeuse vie&quot;</p>
<p align="justify">L&#8217;id&#233;e g&#233;n&#233;rale est que la projection n&#8217;est jamais faite a fonds perdus. Ce qui est projet&#233; doit &#234;tre, t&#244;t ou tard, r&#233;introject&#233; dans le moi</p>
<blockquote><p align="justify">&quot;Dans les Notes sur quelques m&#233;canismes schizoides, j&#8217;ai formul&#233; l&#8217;hypoth&#232;se suivante : la r&#233;introjection d&#8217;une partie projet&#233;e de soi implique l&#8217;int&#233;riorisation d&#8217;une partie de l&#8217;objet dans lequel la projection a eu lieu d&#8217;une partie qui peut &#234;tre, selon les fantasmes du patient, hostile, dangereuse, et &#233;minemment ind&#233;sirable. De plus, &#233;tant donn&#233; que la projection d&#8217;une partie de soi comprend la projection des objets internes, ceux-ci doivent &#234;tre r&#233;-introject&#233;s. Tout cela d&#233;termine la mesure dans laquelle les parties projet&#233;es de soi sont &#224; m&#234;me, dans l&#8217;esprit du patient, de conserver leur force a l&#8217;int&#233;rieur de l&#8217;objet o&#249; elles ont p&#233;n&#233;tr&#233;&quot; <strong>Klein M., 1955 : p. 180</strong></p>
</blockquote>
<p align="justify">On retrouve ces m&#234;me mouvements d&#8217;identifiation projective, de p&#233;riph&#233;risation (projection, excorporation) et ensuite d&#8217;introjection avec leurs consc&#233;quences en termes d&#8217;identification et de d&#233;sidentification.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">On peut distinguer le fonctions suivantes :</p>
<p align="justify">&#160;<strong>L&#8217;avatar soutient. </strong>L&#8217;avatar a une double fonction de soutient. Il est ce sur quoi nous nous appuyons pour trouver une repr&#233;sentation dans les mondes num&#233;riques.&#160; Par lui, nous sommes identifi&#233;s par d&#8217;autres. Il est aussi une mani&#232;re de renfoncer en soi des images int&#233;rieures.Par l&#224;, il est soutient du narcissime&#160; puisque chaque action que l&#8217;on fait en ligne est associ&#233;e a la belle image que l&#8217;on s&#8217;est donn&#233;. Il est aussi un lieu de renforcement des images et des positions de symbolisation ou de d&#233;symbolisation interrnes. </p>
<p align="justify"><strong></strong></p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;avatar contient. </strong>L&#8217;avatar a une fonction de contenance. Il contient des &#233;l&#233;ments de la vie psychique consciente et inconsciente. Avec eux nous disons nos mouvements de d&#233;sir et de d&#233;go&#251;ts conscients. Nous disons nos appartenances.&#160; Mais ils contiennent &#233;galement des parts de notre vie inconsciente. Il contient au sens d&#8217;&#234;tre un espace dans lequel peuvent &#234;tre d&#233;charg&#233; des &#233;lements trop excitants ou douloureux. Il contient au sens d&#8217;&#234;tre <em>contener</em>, espace ferm&#233; dans lequel&#160; peuvent &#234;tre d&#233;pos&#233;s en toute s&#233;curit&#233; les &#233;l&#233;ments toxiques de la psych&#233;. Dans les cas les plus favorables, ces &#233;l&#233;ments seront aussi transform&#233;s. Cette mise en d&#233;p&#244;t permet de mieux comprendre l&#8217;utilisation d&#8217;avatar &quot;n&#233;gatifs&quot; rep&#233;r&#233;s par John Suler. L&#8217;avatar est une mani&#232;re de se pr&#233;senter aux autres, mais c&#8217;est aussi une fa&#231;on de se confronter a l&#8217;image que l&#8217;on s&#8217;est donn&#233;. Chaque message post&#233; sur un forum, chaque twitt, chaque mise a jour sur un r&#233;seau social confronte &#224; cette image. Cet insalable retour du m&#234;me participe beaucoup dans la dynamique psychologique sous-jacente de l&#8217;avatar. Il permet, petit &#224; petit, message apr&#232;s message, morceau apr&#232;s morceau, de r&#233;cup&#233;rer des parties du self &#233;pars</p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;avatar prot&#233;ge. </strong>Il est le masque avec lequel on se pr&#233;sente &#224; d&#8217;autres. En ce sens, il se rapproche de la persona, le masque que l&#8217;on se donne pour entrer dans le th&#233;atre social. Il pr&#233;sente aux autres un visage public et tient &#224; &#224; l&#8217;&#233;cart du social les parts priv&#233;es, intimes, du self.</p>
<p><strong>L&#8217;avatar diff&#233;rencie. </strong>L&#8217;avatar est le lieu de la diff&#233;renciation et de l&#8217;individuation. Il permet l&#8217;identification rapide de chacun par les autres. Tous le spectre de la diff&#233;renciation est ici balay&#233;, de l&#8217;avatar extr&#234;mement typique sp&#233;cifique a une personne et ne pouvant &#234;tre port&#233; que par elle, jusqu&#8217;a l&#8217;avatar commun &#224; tous (Anonymous). D&#8217;un cot&#233;, l&#8217;avatar permet l&#8217;identification, de l&#8217;autre il permet la fusion de l&#8217;identit&#233; dans l&#8217;anonymat de la foule. D&#8217;un cot&#233; la plus grande diff&#233;renciation, de l&#8217;autre la plus grande indiff&#233;renciation.</p>
<p align="justify"><strong></strong></p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;avatar est une m&#233;moire. </strong>Chaque avatar comm&#233;more pour son propri&#233;taire un moment. Cela peut &#234;tre simplement le moment ou la personne choisit l&#8217;image qui va la fonder aupr&#232;s des autres et d&#8217;elle m&#234;me. Mais cela peut aussi &#234;tre un moment anniversaire de sa biographie personnelle ou encore de son groupe d&#8217;appartenance. Certains anniversaires sont idiosyncrasiques : ils ne sont connus que de la personne et fonctionnent comme un secret que l&#8217;on donne a voir aux autres avec l&#8217;espoir ou la terreur de le voir deviner. D&#8217;autres sont d&#8217;embl&#233;e communautaires, et sont destin&#233;s &#224; &#234;tre partag&#233;s.</p>
<p align="justify"><strong></strong>&#160;<strong>L&#8217;avatar &#233;taye l&#8217;identit&#233;. </strong>Nous sommes nos avatars. Nous les choisissons ou nous acceptons ceux qui nous sont donn&#233;s. Nous les revendiquons comme n&#244;tres et nous les portons comme on peut porter des v&#234;tements. Nous en changeons au gr&#233; de nos humeurs et de nos besoins. L&#8217;avatar pour un r&#233;seau professionnel ne sera pas le m&#234;me que pour celui du xbox live , et l&#8217;on l&#8217;on changera d&#8217;avatar &#224; des moments cl&#233; d&#8217;une vie. Cela peut &#234;tre un mariage, la naissance d&#8217;un enfant, un changemement d&#8217;occupation.Nous disons avec eux nos peaux communes : nos appartenances&#160; l&#8217;appartenance a un clan, un groupe, une soci&#233;t&#233; ou a des communaut&#233;s de d&#233;sir (les fans de&#8230;) peuvent &#234;tre marqu&#233;s par des avatars. Les avantars sont des signes, des &#233;tendards et des drapeaux de nos diff&#233;rentes identit&#233;s.</p>
<p align="justify">
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		<title>L&#8217;identit&#233; dans tous ses &#233;tats</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Dec 2008 10:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yann Leroux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les explorateurs du web]]></category>
		<category><![CDATA[Mondes Numériques]]></category>
		<category><![CDATA[gisela pankow]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[introjection]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[oubli]]></category>
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		<category><![CDATA[serge tisseron]]></category>

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		<description><![CDATA[Nos identit&#233;s en ligne sont nos ambassades. Elles nous repr&#233;sentent dans des territoires &#233;trangers et nous attendons d&#8217;elles que leur souverainet&#233; soit &#224; la fois reconnue et respect&#233;e. Ces ambassades peuvent avoir des formes diverses. Elles peuvent &#234;tre le nom que l&#8217;on utilise sur Usenet ou sur une liste de diffusion. Cela peut aussi &#234;tre [...]]]></description>
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<p align="justify">Nos identit&#233;s en ligne sont nos ambassades. Elles nous repr&#233;sentent dans des territoires &#233;trangers et nous attendons d&#8217;elles que leur souverainet&#233; soit &#224; la fois reconnue et respect&#233;e. Ces ambassades peuvent avoir des formes diverses. Elles peuvent &#234;tre le nom que l&#8217;on utilise sur Usenet ou sur une liste de diffusion. Cela peut aussi &#234;tre une image que l&#8217;on associe &#224; son identit&#233; en ligne. Cette identit&#233; est composite : certains &#233;l&#233;ments sont enti&#232;rement construits par l&#8217;utilisateur (nom, login, signature succession de caract&#232;res &#224; la droite du signe @), d&#8217;autres d&#233;pendent d&#8217;un tiers (adresse IP, suffixe de l&#8217;adresse email). Tous d&#233;pendent des sp&#233;cificit&#233;s des espaces en ligne consid&#233;r&#233;s : certaines listes de diffusion n&#8217;acceptent que le texte brut; certains noms peuvent &#234;tre interdits comme dans le MMO City of Heroes qui bannit tout joueur prenant le nom d&#8217;un super h&#233;ro existant.</p>
<p align="justify">L&#8217;identit&#233; en ligne ne se limite pas &#224; ces &#233;l&#233;ments. Le fond que l&#8217;on son mail, les couleurs et les caract&#232;res avec lesquelles on &#233;crit, leurs variations sont autant d&#8217;&#233;lements avec lesquels l&#8217;identit&#233; se dit et se transmet. Enfin, l&#8217;identit&#233; en ligne passe par les autres : leurs commentaires, leurs r&#233;ponses, leurs silences valident ou invalident</p>
<p align="justify">Je ne m&#8217;int&#233;resse ici qu&#8217;&#224; la partie sur laquelle l&#8217;utilisateur &#224; une libert&#233; totale. L&#8217;identit&#233; en ligne est alors le support et le contenant de tout un travail psychique. Ce travail est un travail de symbolisation qui aboutit &#224; l&#8217;&#233;largissement du Moi. Ce travail met en jeu <strong>l&#8217;environnement non-humain</strong>, comme l&#8217;ont montr&#233; <strong>Harold Searles</strong> (1986) et <strong>Serge Tisseron</strong> (1995). Pour ce dernier, le rapport aux objets met en jeu une&#160; double circulation entre le monde externe et le monde interne. Une premi&#232;re boucle est constitu&#233;e par projection dans le monde non-humain d&#8217;exp&#233;riences qui ne peuvent &#234;tre sur le moment suffisamment int&#233;gr&#233;es. D&#8217;une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, le monde est prend la teinte de nos projections, et qu&#8217;il semble morne et triste lorsque l&#8217;on est d&#233;prim&#233;.&#160; Ces exp&#233;riences sont dans un second temps r&#233;install&#233;es &#224; l&#8217;int&#233;rieur de du psychisme par introjection. Cette r&#233;installation se fait par petites touches, banalement, au contact des objets qui ont &#233;t&#233; d&#233;positaires des projections : on se sentira plus beau dans ce v&#234;tement particulier; le contact de tel objet rassurera. Cette r&#233;installation d&#8217;exp&#233;riences pr&#233;alablement mises en d&#233;p&#244;t dans le monde ext&#233;rieur peut se faire sur plusieurs g&#233;n&#233;rations. Les enfants ou les petits enfants int&#233;riorisent alors ce qui ce qui &#233;tait rest&#233; en souffrance chez un parent ou un grand parent via un objet laiss&#233; en h&#233;ritage. Des &#233;motions, des pens&#233;es ou des fantasmes peuvent &#234;tre pris dans cette circulation psychique.</p>
<p align="justify">L&#8217;environnement humain joue bien entendu &#233;galement un r&#244;le. Il appara&#238;t dans la succession des identifications et des d&#233;sidentifications associ&#233;es aux usages que l&#8217;on a de l&#8217;objet. Mettre le costume de Robin des Bois, c&#8217;est aussi s&#8217;identifier &#224; Robin des Bois. Ce principe n&#8217;est pas limit&#233; &#224; l&#8217;enfance. Pour beaucoup, le costume professionel permet d&#8217;entrer dans le r&#244;le qui lui correspond. Il permet de s&#8217;identifier &#224; un personnage&#160; et d&#8217;incarner une fonction- cela peut &#234;tre une personne que l&#8217;on a connu ou un id&#233;al &#8211; et d&#8217;&#234;tre identifi&#233; comme tel par les autres. Les identifications fonctionnent &#233;galement au coeur de la relation que l&#8217;on a avec les objets. Ne pas se s&#233;parer d&#8217;un objet, c&#8217;est rejouer dans la relation avec cet objet la question d&#8217;une s&#233;paration qui s&#8217;est jou&#233; avec un autre. Mais c&#8217;est aussi se donner l&#8217;occasion de la rejouer diff&#233;rement puisque l&#8217;on peut &#234;tre alternativement celui qui se s&#233;pare et celui dont on se s&#233;pare.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">Ces m&#233;canismes existent &#233;galement pour les objets num&#233;riques en g&#233;n&#233;ral et pour les identit&#233;s en ligne en particulier. Le fait que les objets num&#233;riques soient facilement rempla&#231;ables parce que duplicables ne nous emp&#234;chent pas de les investir fortement. Certains ont besoin d&#8217;un environnement particulier pour pouvoir se sentir &#224; l&#8217;aise avec l&#8217;ordinateur. Cela va du r&#233;glage des pr&#233;f&#233;rences du navigateur a l&#8217; utilisation de logiciels sp&#233;cifiques. Bien &#233;videment, certains choix sont reli&#233;s &#224; des positions id&#233;ologiques &#8211; on est MAC ou PC, linux ou Window&#8230; &#8211; mais ces positions sont toujours aussi r&#233;f&#233;rables &#224; des &#233;l&#233;ments personnels . Avoir besoin de telle page d&#8217;accueil pour son navigateur Internet est par exemple en lien avec les accueils que l&#8217;on estime &#234;tre en droit de recevoir</p>
<p align="justify">&#160; </p>
<p align="justify"><strong>Identit&#233;s</strong></p>
<p align="justify">La fa&#231;on dont les identit&#233;s se disposent sur le r&#233;seau attir&#233; l&#8217;attention des observateurs. L&#8217;un des premiers d&#8217;entre eux a &#233;t&#233; John Suler qui a mis l&#8217;accent sur la &quot;labilit&#233;&quot; des idenit&#233;s en ligne. John Suler entend par l&#224; qu&#8217;il nous est facile de changer d&#8217;identit&#233; sur le r&#233;seau, puisque celle ci n&#8217;est plus attach&#233; &#224; des constantes physiologiques. Lisa Nakamura est all&#233; jusqu&#8217;a parler de &quot;tourisme identitaire&quot; pour d&#233;crire la fa&#231;on dont nous pouvons &quot;visiter&quot; d&#8217;autres identit&#233;. d&#8217;autres Soi. Mais ce sont surtout les &quot;Gender studies&quot; qui s&#8217;y sont int&#233;ress&#233;es de pr&#232;s : l&#8217;Internet semblait &#234;tre une sorte de gigantesque bac &#224; sable ou leurs les rapports entre l&#8217;identit&#233; et le corps pouvaient &#234;tre mis &#224; l&#8217;&#233;preuve.</p>
<p align="justify">Aujourd&#8217;hui, la tendance semble plut&#244;t &#234;tre invers&#233;e : chacun veille sur <em>son</em> identit&#233; en ligne. L&#224; o&#249; Suler observait un mouvement de diffraction, on note aujourd&#8217;hui une tendance &#224; la concentration. Les diff&#233;rents espaces d&#8217;&#233;criture sont per&#231;us comme des espaces de comp&#233;tition o&#249; inscrire son identit&#233; permet de r&#233;server son espace, et partant, son influence. Un outil comme <a href="http://usernamecheck.com/" target="_blank">usernamecheck.com</a> montre bien les besoins que nous avons de v&#233;rifier l&#8217;&#233;tat de disponibilit&#233; de notre identit&#233; en ligne.</p>
<p align="justify">Il s&#8217;agit l&#224; des deux faces d&#8217;un travail sur l&#8217;identit&#233; que les mondes en ligne permettent ou imposent. Le m&#233;canisme pr&#233;valent de ce travail est l&#8217;identification c&#8217;est &#224; dire le<strong> &quot;processus psychologique par lequel un sujet assimile un aspect, une propri&#233;t&#233;, un attribut de l&#8217;autre et se transforme, totalement ou partiellement, sur le mod&#232;le de celui-ci&quot;</strong> (Laplanche et Pontalis, 1988). Cette identification comportent deux volets. Le premier est de &quot;reconna&#238;tre pour identique&quot;. Le second est l&#8217;acte par lequel on devient identique &#224; quelque d&#8217;autre. La psychanalyse s&#8217;est plus &#233;tendue sur le seconde sens du mot identification. Freud y voit le processus &#224; la base de la sympathie, de l&#8217;imitation et de la contagion mentale : <strong>&quot;l&#8217;identification n&#8217;est pas simple imitation, mais appropriation fond&#233;e sur la pr&#233;tention &#224; une &#233;tiologie commune; elle exprime un &quot;tout comme si&quot; et se rapporte &#224; un &#233;l&#233;ment commun qui demeure dans l&#8217;inconscient&quot;</strong> (Freud, 1900 : 115)</p>
<p align="justify">L&#8217;identification est un m&#233;canisme charni&#232;re. Elle est en jeu &#224; la fois dans ce que nous avons de plus singulier et de plus priv&#233;&#160; et dans le lien que nous avons avec l&#8217;autre (Ka&#235;s, Un singulier pluriel). Le travail de l&#8217;identit&#233; est ce qui nous permet de nous sentir jour apr&#232;s jour identiques &#224; nous m&#234;me. Il doit &#234;tre suffisament souple pour nous permettre des changements au fil du temps ou lorsque nous sommes confront&#233;s a des traumatismes sans que ces changements n&#8217;introduisent de trop grandes ruptures dans le sentiment de continuit&#233; d&#8217;exister. Identitiques &#224; nous m&#234;mes, nous le sommes aussi &#224; plusieurs autres : en chaque un, plusieurs identifications peuvent se cotoyer : <strong>&quot;le fait de l&#8217;identification autorise peut-&#234;tre un emploi <em>litt&#233;ral</em>&#160; de l&#8217;expression : pluralit&#233; des personnes psychiques&quot; </strong>(Freud, 1887,1902).</p>
<p align="justify">Ces deux versants du travail de l&#8217;identit&#233; se retrouvent dans nos usages en ligne. Lorsque nous utilisons diff&#233;rentes identit&#233;s en ligne, ou une identit&#233; en ligne diff&#233;rente de ce que nous nous sentons &#234;tre hors ligne, nous explorons les diff&#233;rentes identifications qui nous composent. Lorsque nous utilisons la m&#234;me identit&#233; en ligne dans des environnements diff&#233;rents, nous mettons &#224; l&#8217;&#233;preuve le sentiment de continuit&#233; de notre identit&#233;. Dans le premier cas, nous sentons les diff&#233;rentes parties qui nous composent, alors que dans le second nous nous vivons plut&#244;t comme uniques</p>
<p align="justify">C&#8217;est ainsi que l&#8217;on pourra changer sans que son identit&#233; en ligne ne change. Par exemple, garder le m&#234;me nom en ligne apr&#232;s un divorce, ou maintenir une photo li&#233;e &#224; un profil qui ne correspond plus &#224; ce que l&#8217;on est hors ligne. On pourra aussi avoir des identit&#233;s en ligne tr&#232;s diff&#233;rentes de son identit&#233; hors ligne&#160; que ces identit&#233;s soient dans des lieux diff&#233;rents (<a href="http://eu.wowarmory.com/search.xml?searchQuery=rastofire&amp;searchType=all" target="_blank">Rastofire</a> sur World of Warcraft, Lacan sur City of Heroes) ou dans le m&#234;me lieu (<a href="http://twitter.com/rastofire" target="_blank">Rastofire</a> ou <a href="http://twitter.com/yannleroux" target="_blank">yannleroux</a> sur Twitter). De premier cas, nous exp&#233;rimentons des changements d&#8217;identit&#233; sans changement d&#8217;apparence, et dans le second des changements d&#8217;apparence sans changement d&#8217;identit&#233;. </p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>L&#8217;identit&#233; comme forme, comme contenu et sens.</strong></p>
<p align="justify">Nos identit&#233;s en ligne sont investies tant&#244;t comme des formes, tant&#244;t comme des contenus et du sens. </p>
<p align="justify">Le num&#233;rique est la derni&#232;re &#233;tape en date d&#8217;une &#233;volution qui a vu peu a peu les objets s&#8217;&#233;loigner du corps de l&#8217;homme : d&#8217;abord prolongement d&#8217;une de ses fonctions avec l&#8217;outil, puis automatisation de ces fonctions avec la machine, les objets sont maintenant d&#233;mat&#233;rialis&#233;s. Ils ne sont accessibles que dans un espace num&#233;rique avec des interfaces particuli&#232;res. Cela n&#8217;emp&#234;che pas que nous ayons avec eux les m&#234;me rapports que nous avons avec les objets en g&#233;n&#233;ral.</p>
<blockquote><p align="justify"><strong>&#171; Tous les objets sont &#224; la fois des supports de relation et de communication, des poteaux indicateurs de nos r&#234;ves, avou&#233;s ou secrets, et des outils pour nous assimiler le monde &#187; S</strong>. TISSERON, Comment l&#8217;esprit vient aux objets, Aubier, 1999, p. 22</p>
</blockquote>
<p align="justify">En ligne, nous faisons fonctionner de notre identit&#233; de deux fa&#231;ons. Nous pouvons choisir une identit&#233; diff&#233;rente pour chaque lieu ou d&#8217;avoir la m&#234;me identit&#233; dans des lieux diff&#233;rents. En d&#8217;autres termes, nous pouvons choisir de garder la m&#234;me forme pour plusieurs identit&#233;s, o&#249; garder la m&#234;me identit&#233; sous plusieurs formes. Ce capacit&#233; a &#233;t&#233; jusqu&#8217;&#224; pr&#233;sent interpr&#233;t&#233;e dans le sens d&#8217;une explorations des diff&#233;rentes parties du Self. Une autre interpr&#233;tation est possible. Ces jeux d&#8217;identit&#233; renvoient aux deux grandes fonctions de l&#8217;image inconsciente du corps telles que les a d&#233;finie Gisela Pankow</p>
<blockquote><p align="justify">&quot;<strong><em>La premi&#232;re fonction de l&#8217;image du corps</em> concerne uniquement sa structure en tant que forme ou <em>Gestalt,</em> c&#8217;est &#224; dire en tant que cette structure exprime un lien dynamique entre les parties et la totalit&#233;</strong> (&#8230;) <strong><em>La seconde fonction de l&#8217;image du corps</em>&#160; ne concerne plus la structure comme forme, mais comme contenu et sens. C&#8217;est ici que l&#8217;image comme repr&#233;sentation ou reproduction d&#8217;un objet, ou m&#234;me encore comme renvoi &#224; autre chose joue un r&#244;le consid&#233;rable</strong>&quot;&#160; Gisela Pankow, Structure familiale et psychose Flammarion<strong>,</strong> Champs, 2005 p. 27-28</p>
</blockquote>
<p align="justify">Comme <em>forme, </em>l&#8217;identit&#233; num&#233;rique autorise les changement d&#8217;apparence sans changement de d&#8217;identit&#233;, et les changements d&#8217;identit&#233; sans changement de forme. Il est possible d&#8217;avoir plusieurs avatars dans des mondes persistants et un compte peut &#234;tre partag&#233; par plusieurs personnes. Comme <em>contenu </em>et <em>sens, </em>ce qui est en cause, c&#8217;est moins la fonction contenante que le sens donn&#233; au contenu.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Identit&#233; comme support de m&#233;moire et d&#8217;oubli.</strong></p>
<p align="justify">Nous avons deux types de relations avec nos identit&#233;s en ligne. Celles ci peuvent &#234;tre des <strong>supports de m&#233;moire. </strong>Elles comm&#233;morent alors un &#233;v&#233;nement, heureux ou malheureux. L&#8217;identit&#233; rappellera alors une naissance, un lieu, une langue. Ce rappel peut &#234;tre manifeste dans sa forme et visible pour tous ou cach&#233; et connu du sujet seul. C&#8217;est le cas, par exemple, du mot de passe qui est souvent compos&#233; de dates anniversaires ou de lieux <em>que l&#8217;on ne peut pas oublier</em>.&#160; Elles peuvent aussi &#234;tre des <strong>supports d&#8217;oubli. </strong>L&#8217;identit&#233; en ligne est alors comme un placard dans lequel on enferme une id&#233;e, un affect, un souvenir avec lequel on ne souhaite plus &#234;tre en contact. Elle sont alors d&#233;sinvesties consciemment et parfois inconsciemment. L&#8217;important est moins l&#8217;objet &#8211; l&#8217;identit&#233; en ligne &#8211; que le processus &#8211; le d&#233;sinvestissement &#8211; dans lequel il est pris. Ce d&#233;sinvestissement est le signal que d&#8217;autres d&#233;sinvestissements sont possibles et/ou en cours. Il faut a ce propos remarquer que sur Internet, le d&#233;sinvestissement est tr&#232;s souvent pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; la destruction d&#8217;un compte&#8230; un peu &#224; la mani&#232;re des inconscients individuels ou collectifs dans lesquels les contenus ne sont jamais d&#233;truits, mais r&#233;prim&#233;s, d&#233;plac&#233;s, refoul&#233;s ou forclos.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify"><strong>Conclusion</strong></p>
<p align="justify">De la m&#234;me fa&#231;on que les objets constituent des enveloppes pour l&#8217; identit&#233; de chacun (Tisseron, 1995), nos identit&#233;s en ligne constituent des supports d&#8217;inscription, de protection et de communication. Chaque pseudo, chaque adresse email, chaque &#233;l&#233;ment mis en ligne, dans sa forme comme dans son contenu, sont des occasions donn&#233;es pour un travail psychique qui va soit dans le sens d&#8217;une plus grande symbolisation. Il s&#8217;agit alors d&#8217;une introjection r&#233;ussie qui permet de mettre en mot et de partager avec un autre des &#233;l&#233;ments psychiques. Ce travail peut aussi rencontrer des avatar et &#234;tre mis, temporairement ou durablement entre parenth&#232;se. L&#8217;identit&#233; en ligne est alors une occasion de d&#233;p&#244;t &#8211; comme on se d&#233;barasse un moment d&#8217;un fardeau trop lourd pour soi &#8211; et le traitement de ce qui ne peut &#234;tre imm&#233;diatement en charge passe par des processus qui vont du non advenu au d&#233;ni en passant par la d&#233;n&#233;gation.</p>
<p align="justify">&#160;</p>
<p align="justify">
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