Je lis dans Le dictionnaire des sciences humaines à l’entrée Paysage :

Pour que l’on puisse à bon escient parler de "paysage", il faut, par ordre de discrimination décroissante qu’existent dans la société concernée : 1/ des traités de paysage, telle l’introduction à la peinture de paysage de Zong Bing, écrite vers 440, premier exemple du genre; 2/ un ou des mots signifiants "paysage"; 3/ des représentations picturales de paysages; 4/ des évocations littéraires de paysages (orales ou écrites); 5/ des jardins d’agrément.

 

Avons nous dans nos mondes numériques des paysages ?

Paysages numeriques
Étiqueté avec :

7 pesnées sur “Paysages numeriques

  • 6 décembre 2008 à 16:57
    Permalien

    L’idée de “paysage numérique” ne peut être, au premier abord, qu’une métaphore. La question du paysage a été largement traitée en esthétique et en philosophie. Le paysage est généralement défini comme le fruit du regard que l’homme projette sur un espace, un territoire, un lieu, qui, du coup, n’est pas forcément la nature.

    Quand je m’arrête pour contempler l’espace urbain comme un ensemble cohérent présentant des traits dignes d’être admirés, je le transforme en paysage. Il en va de même avec — pour ne citer que des clichés — un coucher de soleil ou la montagne Sainte Victoire — peinte par Cézanne — à Aix-en-Provence.

    Parler de “paysage numérique” supposerait donc, au premier abord, qu’on puisse admirer et poser un regard esthétisant sur les compositions spatiales que constitueraient les espaces électroniques des mondes numériques.

    Mais peut-on dire que, dans les jeux vidéos, il y a des espaces à admirer ? J’ai l’impression que l’effort graphique des “game designers” n’est pas très élaboré et que les espaces et les lieux, dans les jeux vidéos, n’ont pas de grande qualité paysagère.

    En revanche, ce qui se cache sans doute mieux derrière tout cela est peut-être plus l’idée d’espace elle-même et de lieu, que de paysage. Avons-nous dans nos mondes numériques des lieux et des espaces, au sens où ce seraient des lieux à habiter ? Là, je dis oui.

  • 7 décembre 2008 à 12:07
    Permalien

    Je peux t’assuer que j’ai eu de véritables chocs esthétiques dans les jeux vidéos. J’aime les paysages des Tarides (WoW) : ils me rappellent les paysages de la Somone (Sénégal). J’aime aussi ForgeFer la cité des nains alors que je hais Fossoyeuse, la capitale des morts vivants dans laquelle je me perds tout le temps.

    Pour moi, c’est bien dans les jeux vidéos que la notion de paysage fait le moins de difficulté.

    Pour le web, c’est plus difficile : nous n’avons généralement pas une vue du web. Sauf si l’on fait appel à des dispositifs qui ont cette fonction (Voir les exemples donnés par http://infosthetics.com/

    C’est vraiment une question difficile, je trouve, et il faudrait sans doute la travailler plus. Il faudrait que je relise un peu quelques textes racine sur la question pour voir les rapprochements que l’on peut faire.

    Tu donnes d’ailleurs des pistes de travail : espace / territoire / lieu / nature / et le regard. Toutes ces notions sont a repenser avec l’Internet : quels sont nos territoires en ligne ? nos lieux – Internet est il un espace sans lieu, comme je l’avais proposé, un espace qui n’a pas de “propre” ? – et puis le rapport à la nature : qu’est ce qui est naturel avec Internet ? Est ce un espace uniquement calculé ? ces calculs font ils nature ?

    Beaucoup de questions et si peu de réponses !

    La bonne nouvelle : Internet est une chance pour les sciences humaines

  • 14 décembre 2008 à 12:28
    Permalien

    J’ai vu aujourd’hui, dans des vidéos du très contesté jeu GTA4, des paysages urbains que j’ai trouvés séduisants et même empreints d’une certaine beauté (lumière couchante sur un pont de Liberty City…).

    Cela me convainc de faire une place à la notion de “paysage numérique”. Mais il faudrait la travailler pour tenter de définir quelles sont les constantes et les spécificités de ces paysages, en tant que résultats d’un procédé numérique. De même, il faudrait étudier le type de répercussions psychique particulières qu’ils sont, en tant que paysages numériques.

  • 1 février 2009 à 17:54
    Permalien

    Je feuillète aujourd’hui, pour des raisons très différentes, quelques pages d’Anne Cauquelin, dans “Le site et le paysage” (PUF). Spécialiste du paysage, elle réfléchit à la notion de “site”, y compris de “site Internet”, en rapport avec celle de paysage. C’est à lire d’urgence.

  • 1 février 2009 à 20:35
    Permalien

    Merci pour la ref. Stephane !
    Euh lire d’urgence, je vais être court, je dois finir L’imaginaire d’Internet de Patrick Flichy et aussi les livres de Turkle, et aussi quelques livres sur la résilience, plus les papiers de Mondes Numériques, et aussi faut il avoir peur des jeux vidéos, et aussi…

  • 9 février 2009 à 18:46
    Permalien

    Datascape, paysage de données, tout cela est intéressant à travailler ! Je vais prendre connaissance du compte rendu du livre de Cauquelin. merci pou le lien !

Commentaires fermés.

%d blogueurs aiment cette page :