http://3.bp.blogspot.com/_wOjmXF1hOAI/SRnVI1DcBGI/AAAAAAAAAJE/S_HlXIJSdGo/s400/ph1_jpg.jpgDu Premier Viol dans le Cyberespace en passant par Le Grand Renonmage ou Un coup parfait, le cyberespace regorge de Grandes Histoire qui sont maintenues sur le réseau et transmises comme des biens précieux.

C’est précisément le cas : ce sont des biens précieux, car ce sont les mythes par lesquels les digiborigènes donnent une origine a leur monde et des explications à ce que qu’ils vivent.

Le mythes ont pour propriété de fonctionner comme une colle sociale : ils agrègent des individus en des groupes sociaux. Toute personne partageant avec une autre un mythe fait partie avec elle d’un groupe.

Relisant René Kaës, Mireille Fognini1 donne une autre piste de travail. Dans La polyphonie du rêve, René René Kaës avait relu la théorie freudienne du rêve à la lumière de Mikhaïl BakhtineW. Il a montré que le rêve est doublement polyphonique. Il l’est de façon interne en mélangeant des voix, des souvenirs, des personnages selon les processus dégagés par Freud (condensation, déplacement, multiplication du semblable…) . Il l’est aussi de façon externe car le rêve se produit dans des espaces psychiques communs et partagés avec d’autres.

René Kaës donne trois ombilic aux rêves, trois “mycéliums” mystérieux dans lesquels le rêve se fomente : 1. Le corps est le contenant dans lequel l’expérience onirique s’origine et se développe. Des lointains événements corporels sont transformés en sensations, puis en représentations avant d’êtres prises en charge par le travail du rêve qui produit les images que l’on (se) racontera au réveil. 2. Les espaces intra et interpsychique. Le rêve n’est pas seulement un effet de la confictualité interne. Il met aussi en jeu la conflictualité intersujective : on rêve des autres, mais aussi à cause et parfois même pour les autres.3. Le mythe est le troisième ombilic du rêve. Il en est souvent un embrayeur, comme le montre l’expérience groupale. René Kaës et Didier Anzieu dans leurs expériences premières avec les groupes avaient remarqué combien le récit d’un mythe pouvait faire redémarrer l’activité onirique du groupe.

Mireille Fognini propose une réflexion intéressante : l’accrochage aux mythes serait d’autant plus important que les deux autres mycéliums seraient mis à mal par l’époque actuelle. Les individus comme les groupes qu’ils composent  font l’objet de modifications profondes. Le statut symbolique et imaginaire du corps est en débat. Les familles et les groupes d’affiliations se sont modifiés. Dans ce contexte, le recours au mythe garanti aux psychismes

 

Est-ce que la quête insistante d’un sens identificatoire au travers de nouvelles figurations mythiques, symboliques des grands changements culturels de notre monde actuel, ne proviendrait pas du refoulé actif d’un troisième ombilic des rêves ? Par exemple la quête généralisée dans les médias de figures idéalisées de « dieux », d’étoiles (« stars » de tout genre et en tous domaines), de thème de films et de bandes dessinées où se cultivent exploits et épopée de « héros » passés et futurs, pourrait en effet témoigner d’une recherche de creuset commun pour fabriquer une mythification nouvelle pour penser la vie humaine, même au prix de la mystification. Mireille Fognini

 

La production de mythes dans le cyberespace correspondrait alors à la même logique. La mise en sourdine des symbolisations “en corps” et  le bruit provoqué par les multitudes rendraient le recours au mythe d’autant plus nécessaire. Ces mythes sont les équivalents numériques des légendes urbaines. Ils exaltent les cœurs, rassemblent les individus et maintiennent dans les mémoires des événements exemplaires.

  1. Fognigni, Mireille, Filigrane : écoutes psychothérapeutiques, vol. 16, n°2, 2007, p. 62-75 []
Mythes et mondes numériques
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4 pesnées sur “Mythes et mondes numériques

  • 15 mai 2010 à 12:30
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    Il faudrait élaborer un peu plus
    il s’agît d’une approche trés solide mais sommaire

  • 3 juin 2010 à 9:50
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    Ce sont deux formations assez différentes. Le mythe est une formation groupale, il est très secondarisé, il explique, il est public. Le fantasme est une formation individuelle, il est construit sur le modèle sujet verbe complément (On bat un enfant), il est intime.

    Il y a cependant des ponts entre ces deux formations : “Des fantasmes du névrosé singulier part un large chemin qui conduit aux créations imaginaires des foules et des peuples telles qu’elles apparaissent dans les mythes, légendes et contes populaires” nous dit Freud. C’est d’ailleurs pour moi la grande découverte de la psychanalyse que d’avoir montré les continuités entre les formations imaginaires collectives (mythes, légendes, épopées…), individuelles (rêves, fantasmes) et les symptômes.

    Ces point de passage ont été travaillé par René Kaës et Didier Anzieu a partir de leur expérience de groupe. Anzieu avait remarqué à quel point le mythe était un embrayeur du travail de rêve. Dans un groupe, lorsque l’activité onirique semblait bloquée, le récit d’un mythe aidait a la reprise du processus associatif.

    C’est également ce point que je cherche dans le cyberespace qui à mon sens est un appareil à mettre en force * des représentations individuelles et collectives. Certes, nous ne rêvons pas dans le cyberespace, mais nous y construisons des mythes, des utopies et des idéologies c’est à dire les trois autres formes de l’imaginaire groupal.

    Je suis désolé de cette réponse un peu confuse, mais les choses sont encore au travail et je n’arrive pas a des formulations plus claires.

    * je laisse le beau lapsus (sens–>force) il y a sans doute à réfléchir sur les voies de forçage qu’impose Internet.

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