Ces derniers jours, des professionnels de la santé ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’utilisation des écrans par les petits enfants. Dans une tribune du journal Le Monde, sur France Inter et sur RMC, ils ont lié l’utilisation des écrans à des troubles du développement. Les écrans ont été rapprochés de troubles de l’attention et de la relation et même de troubles autistiques. Mais qu’en est-il exactement ? Que font les écrans aux enfants ? Avons-nous des raisons de penser que la fréquentation des écrans a des conséquence négatives pour les enfants ? Pouvons-nous dire que les écrans provoquent des troubles du développement chez les enfants ?

  • QU’EST CE QU’UN RETARD de DEVELOPPEMENT ?

On appelle “retard de développement” tout  retard dans les acquisitions normales réalisées pendant l’enfance. Les causes de ces retards ont génétiques, natales ou périnatale, ou environnementales. Un enfant peut naître avec une déficience qui ralentit son développement ou l’arrête à un certain moment. La souffrance fœtale ou les difficultés qui surviennent autour de la naissance comme une infection sont aussi des causes de retard dans le développement des enfants comme les situations de maltraitance ou de délaissement.

  • QUE FONT les JEUNES ENFANTS avec les ECRANS ?

Le constat est assez unanime : l’utilisation des écrans par les enfants par les jeunes enfants est banale. Différents sondages montrent que les jeunes enfants sont très souvent des utilisateurs d’écrans. Par exemple, la Kaiser Family montre que les enfants de 0 à 6 ans sont en moyenne deux heures par jour devant les écrans. Le principal média reste la télévision même si une forte proportion des jeunes enfants utilisent des média numériques. Selon les résultats du sondage, la moitié des enfants de 4 à 6 ans jouent à des jeux vidéo. Les parents voient généralement les écrans d’une manière positive. Ils considèrent que les média sont un outil éducatif important bénéfique pour le développement intellectuel des enfants. Les parents notent une tendance des enfants à imiter ce qu’ils voient sur les écrans mais ils remarquent aussi que  les enfants ont tendance à imiter les modèles positifs

Pour les professionnels de l’enfance, cela est assez étonnant. La recommandation phare  de l’American Academy of Pediatrics  “d’écran avant deux ans “  qui est relayée en France par le 0-3-6-9-12 de Serge Tisseron n’est pas suivie par 18% des familles qui ont un enfant entre 0 et deux ans et par 43% des familles qui ont un enfant entre 3 et 4 ans tandis que 68% des familles laissent leurs enfants devant la télévision. Pour les enfants de 3-4 ans la recommandation “pas plus de deux heures de télévision par jour” est suivie par 56% et par 70% des 5-6 ans

Une recherche menée par CHRISTIA et SEIDL (2015)  montre que la situation en France n’est pas très différente de celle des Etats-Unis. A partir de 450 questionnaires, elles montrent la prévalence de l’utilisation l’utilisation des écrans pour les jeunes enfants (âge moyen 2 ans 2 mois) , précise leurs activités favorites et examine les comportements des enfants lors de  l’utilisation des écrans tactiles.

Selon cette étude, les enfants sont très rapidement au contact avec les écrans si  25% des enfants n’ont jamais utilisé un écran, cette proportion décroît rapidement avec l’âge. la fréquence d’utilisation reste stable quelque soit l’âge.  L’activité la plus fréquente est regarder des photos (78%) ou des vidéo (68%). La moitié  des parents déclarent que leur enfant aime les applications éducatives. La musique ou le jeu libre avec la tablette viennent loin derrière (respectivement 4 et 5%). Regarder des vidéo ou des vidéo est l’activité préférée des enfants. Cette préférence augmente avec l’âge. La moitié des enfants préfère les jeux mais cette tendance n’augmente pas avec l’âge. Peu d’enfants aiment les puzzles, et ils les aiment d’autant moins qu’ils sont jeunes.  Taper du plat de la main (16%) ou du doigt (71%), presser (41%), glisser (20%), pincer (10%) et écarter (15%) sont les gestes plus plus fréquemment effectués avec les écrans. Les gestes dépendent de l’âge de développement de l’enfant.

  • LES ÉCRANS et la PSYCHOPATHOLOGIE

Les jeunes enfants sont massivement au contact des écrans.  Mais cela signifie-t-il que les écrans sont à l’origine de troubles ou de retards de développement. Cela est peu probable au vu des données actuelles de la recherche.

  • Les ECRANS et les TROUBLES de l’ATTENTION

Un lien entre le trouble de l’attention et les jeux vidéo est trouvé chez les adolescents qui jouent plus d’une heure par jour . WEISS et ses collègues trouvent que le Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité est associé à un usage excessif des écrans . Cependant, le design des études ne permet pas de tirer de conclusion sur la direction de la relation. Ce n’est pas. Ce n’est pas le cas pour plusieurs études qui montre que la pratique des jeux vidéo augmente l’attention visuelle des joueurs . Enfin, pour les enfants TDAH, les jeux vidéo peuvent êre un domaine dans lequel ils peuvent être compétents et donc trouver des occasions de renforcer une estime de soi qui est souvent endommagée.

  • LES ECRANS et les TROUBLES du LANGAGE

Il existe de nombreuses preuve d’une relation entre l’exposition à la télévision et les troubles du langage. Cela est surtout vrai pour l’exposition précoce. Par exemple, les enfants qui sont devant la télévision avant un an accusent souvent un retard de langage Mais d’autres études montrent également que certaines émissions de télévision peuvent favoriser l’acquisition de vocabulaire chez les enfants. Pour les jeux vidéo, il existe peu d’étude mais il est possible de penser que là aussi le contexte est roi. Selon que l’enfant est accompagné ou non, selon le contenu des images, le résultat pourra être très différent.

  • LES ECRANS et l’AUTISME

L’autisme est un trouble neurodéveloppemental caractérisé par des difficultés de la communication dans le domaine verbal et non verbal.  On ne trouve pas de trace dans la littérature de lien causal entre jeux vidéo et autisme.  Par contre on trouve de nombreux éléments qui montre que les écrans (jeux vidéo, applications, environnement virtuels) peuvent être extrêmement utiles pour les personnes du spectre autistiques en leur permettant de construire ou renforcer des compétences sociales ou cognitive.

  • LES ECRANS ne REMPLACENT PAS des INTERACTIONS

Certains ne craignent pas les écrans en soi mais pour ce qu’ils empêchent. Dans ce contexte, les écrans sont problématiques parce que qu’ilremplacent les interactions dont les enfants ont besoin pour grandir. En jouant avec une tablette a deux ans, un enfant n’a pas les échanges de regard, les accordages par les gestes, les mimiques et les émotions qui lui permettent d’intégrer l’expérience vécue. Cependant CRISTIA et SEIDLS mettent en doute l’iédée  selon laquelle les écrans seraient en compétition ou remplacent d’autres activités chez les jeunes enfants. Cela est cohérent avec l’immense corpus de recherche sur les effets de la télévision sur les jeunes enfants qui montre que certaines émissions peuvent encourager les conduites prosociales tandis que d’autres peuvent affecter négativement les fonctions exécutives. Le contexte d’utilisation est ainsi à prendre en compte.Pour le dire autrement, le problème n’est pas l’écran mais le parent. Un parent qui est disponible pour jouer et répondre d’une manière adéquate aux besoin de son enfants saura utiliser une tablette ou un smartphone pour jouer et répondre d’une manière adaptée aux besoins de son enfant. Un parent non disponible du fait de sa situation sociale ou psychologique utilisera l’écran d’une manière inadaptée.  Dire que “les écrans sont dangereux pour les jeunes enfants”est une généralisation qui a peu de sens.

  • PRENDRE en COMPTE le CONTEXTE

La culture donne un contexte dans lequel le développement des enfants est compris et evalué. Ne pas savoir lire à 10 ans est compris différemment selon les périodes et les sociétés. Au 19e siècle cela n’avait pas beaucoup d’importance car la lecture était réservée à une élite . Aujourd’hui savoir lire est tout simplement une nécessité. Plus exactement une nécessité dans les cultures alphabétisées et occidentales car il existe encore des parties du monde ou un homme ou une femme peuvent  vivre honorablement dans leur communauté sans savoir lire.

Dans une culture qui se numérise le travail des adultes n’est pas de priver les enfants des écrans mais de leur présenter d’une manière qui soit respectueuse de leur développement . Imagine t on les Yanomami empêcher les enfants de faire des arcs et des sarbacane pour tuer des animaux ? Les Samis empêchent ils leurs enfants de s’approcher des rennes ? Pourquoi nous, digiborigènes, empêcherions nous nos enfants de s’approcher des écrans ?

SOURCES

Vandewater, E. A., Rideout, V. J., Wartella, E. A., Huang, X., Lee, J. H., & Shim, M. S. (2007). Digital childhood: electronic media and technology use among infants, toddlers, and preschoolers. Pediatrics, 119(5), e1006-e1015.

Cristia, A., & Seidl, A. (2015). Parental reports on touch screen use in early childhood. PloS one, 10(6), e0128338.

Chan, P. A., & Rabinowitz, T. (2006). A cross-sectional analysis of video games and attention deficit hyperactivity disorder symptoms in adolescents. Annals of General Psychiatry, 5(1), 16.

Weiss, M. D., Baer, S., Allan, B. A., Saran, K., & Schibuk, H. (2011). The screens culture: impact on ADHD. ADHD Attention Deficit and Hyperactivity Disorders, 3(4), 327-334.

Pope, A. T., & Bogart, E. H. (1996). Extended attention span training system: Video game neurotherapy for attention deficit disorder. Child Study Journal, 26(1), 39-50

Les jeux vidéo ne causent PAS de troubles du développement

3 pesnées sur “Les jeux vidéo ne causent PAS de troubles du développement

  • 15 juin 2017 à 15:51
    Permalien

    Bonjour à tous,
    J’ai beaucoup lu d’article sur le problème télévisuel et un peut moins sur les différents type d’écran mais je crois que le problème reste le même. Le fait de rester devant quelque chose qui nous accapare de façon exéssive et répété dans le temps nous prive d’un développement dit naturel en référence avec avant.

    Je ne suis pas spécialiste mais nous pouvons le voir avec des ado qui font peut de sport car ils n’ont pas de gratification immédiate de ce côté là et du coup il sont moins à l’aise. La comparaison s’arrête là car pour les enfant il me semble que ces acquis et ces expériences perdu en bas age ne peuvent se faire par la suite et créé un déficit.

  • 15 juin 2017 à 21:33
    Permalien

    Votre propos est bien argumenté, mais quel dommage qu’il soit si mal écrit (beaucoup de répétitions, de phrases mal tournées, de fautes d’orthographe…). Ca en gâche la lecture. Une relecture par un tiers aurait été plus que nécessaire.
    Claire PB

  • 15 juin 2017 à 21:52
    Permalien

    Désolé. Je vais relire ça une nième fois. Si vous voulez je peux vous donner un accès à l’édition pour me donner un coup de main (-:

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :