Les adolescents sont sur l’Internet comme à la maison. Il y trouvent, en effet, de quoi mettre au travail les problématiques spécifiques de l’adolescence. Le cyberespace est un espace dans lequel les identités peuvent être dissoutes et recomposées. Il intéresse les adolescents par ce qu’il est un espace autre, un espace de production de soi, un espace communautaire et un espace d’inscription

Un espace autre

Le cyberespace est un espace psychologique dans lequel les désirs peuvent être satisfaits comme dans le rêve  (Suler, 1996). Selon les zones du cyberspace, il est possible de changer d’apparence, de voler, de se téléporter, ou d’être à plusieurs endroits en même temps. Sherry Turkle a été une des premières a superposer le cyberespace et l’espace transitionnel. Par cette expression, le psychanalyste anglais Donald Winnicott une troisième aire entre l’espace interne et la réalité externe. Dans cet espace, il est possible de jouer, de créer et de rêver, c’est à dire d’avoir une activité de pensée qui ne soit pas écrasée par la réalité externe et le fonctionnement des autres, ni envahie par ses propres désirs. Pour Turkle, le cyberespace permet l’ouverture à l’exploration de soi, c’est quoi elle en fait une sorte de matérialisation du cyberespace.

Ce point de vue a été critiqué par Civin comme trop simpliste. Il rappelle que le cyberespace est aussi un espace ou la perversion ou les processus schizo-paranoides fleurissent au moins aussi facilement que l’invention de soi qui séduisait tant Turkle. La transitionnalité n’est pas une caractéristique intrinsèque de l’Internet. Elle doit être trouvée par l’adolescent dans son utilisation du réseau. Il en reste pas moins que le cyberespace est investit par les adolescents comme un espace particulier. Il a été comparé à un tiers-lieu, c’est-à-dire un espace ou les règles du travail ne s’appliquent plus et les règles de la maison ne s’appliquent pas encore

Un espace de production de soi

Depuis les années 2000, la production de documents et leur publication sur Internet a été grandement facilité. Il n’est plus nécessaire de connaitre le langage HTML ni même de comprendre le fonctionnement du réseau Internet pour mettre un contenu en ligne, ou le partager avec d’autres. Des plates formes comme Tumblr permettent de créer en quelques clics des blogs et de joindre des communautés très actives. Par ailleurs, la baisse du coût des smartphones les a mis a la portée des adolescents. Ils sont su alors profiter de ses affordances en prenant des photographies et en les partageant sur le réseau Internet

Les espaces investis par les adolescents et les interactions qu’il y ont contribuent au travail de narration de soi. Cette narration peut être totalement inventée, comme lorsque l’adolescent s’invente une vie nouvelle ou brode sur des éléments de sa biographie. Elle peut aussi être au plus près de ce qu’il vit, comme lorsqu’il poste sur Instragram, Twitter ou Facebook les menu détail de sa vie. Dans les deux cas, il tient journal de son existence. Ce faisant, il mélange les éléments de la culture du livre a ceux de la culture des images (Tisseron). Le mouvement se fait dans les deux sens : il traduit les histoires en images, et il fait des histoires avec des images

L’enjeu majeur de l’adolescence est la production d’une identité suffisamment solide pour tenir le choc des décennies à venir. Pour ce faire, l’adolescent réinterpréte les introjections et les identifications de l’enfance en un nouvel ensemble cohérant et stable. Lorsque l’adolescence est “réussie”, l’individu adulte qui en émerge est moins centré sur lui même, et il accepte librement de soumettre ses désirs aux normes et valeurs de sa société.

Dans le cyberespace, l’adolescent trouve un terrain rêve pour mettre a l’épreuve son identité. Les jeux vidéo fournissent d’abord un premier espace ou il devient possible d’incarner des images de force, de puissance, ou d’habilité. Ce travail autour de l’identité se poursuit au-delà des jeux vidéo. Les productions sur le réseau sont changeantes, en constante négociation. Les textes peuvent être édiités et changés. Les messages sont transmis à plus d’un autre, et les discussions dérivent, se mêlent à d’autres sujets, rebondissent en disputes avant de s’éteindre et de renaitre dans un nouveau fil. En d’autres termes, les productions adolescentes leur donnent un miroir du processus identitaire : eles sont métisssées, hybrides, composites.

Mizuko Ito qualifié les productions adolescentes sur Internet de “media mix”. La présentation de soi le mélange les images et le texte. Les images sont un pêle-mêle de photographies, de vidéo, d’images de comics ou de manga. Les texte sont des texte empruntés à l’autres. Ce sont des sentences définitives  – “l’amiétié c’est…” ou des propos prêtés à des figures idéales de la communauté adolescentes. Certaines sont d’évidence des parodies qui transmettent avec humour la nécessité de garder un esprit critique

Un espace communautaire

Le travail de construction de soi de l’adolescence se traduit par le passage du groupe familial au groupe de pair. L’adolescent se crée et investi des personnes différentes du groupe qui l’a vu naitre. Il rejoint une culture qui n’est plus la culture de son groupe familial. Les liens d’amitié peuvent alors être extrêment forts et être investis par dessus tout. Dans le cyberespace, les adolescents retrouvent des groupes et leurs cultures. Il s’abonnent à des pages qui traitent de leurs héros ou de leur quotidien avec leur langage et leurs codes.  Il chahutent sur les réseaux sociaux et flirtent dans messages privés. Ils officialisent leurs relations amoureuses par des statuts sur Facebook. L’internet est une espace dans lequel les relations sociales et intimes sont mises en scène à l’intention des amis et des proches

Un espace d’inscription

Les mattières numérique sont facilement manipulables, transformables et adressables. Les adolescents utilisent ces propriétés pour produire quantité d’objets qui reflètent leurs préoccupations adolescentes. D’une certaine manière, le reseau offre aux adolescents une nouvelle surface d’inscription. Les productions adolescentes ont des liens complexes avec le marketting. D’une part, ils sont la cible de toute une série de produits qu’ils intégrent comme des marques de leur identité adolescentes. D’autre part, les cultures juvéniles détournent les codes et les identités dans lesquelles les campagnes de marketing tentent de les enfermer.

Les productions adolescents sur Internet sont des identités en action. Elles sont mouveantes, changeantes, en interaction avec d’autres agents. Les hastag en sont un bon représentant. Sous un mot clé, les adolescents se regroupent, se reconnaissent, s’interpellent ou se désidentifient. Un mot clé peut avoir une durée de vie très brêve ou se poursuivre pendant plusieurs jours. En les re-connaissant, l’adolescent fait la preuve d’une connaissance suffisante de la la culture de son groupe

Les pages personnelles ou les blogs sont continuellement reconstruits, réaménagés, ré-arrangés pour s’approcher le plus possible des attentes de la personne. Le but de aménagements continuels est d’apporter le plus d’interactions possibles. On sait la soif d’interactions de l’adolescent. On connait aussi les difficultés que ces interactions peuvent susciter chez l’adolescent. L’internet offre a l’adolescent de regler la distance a l’autre. Il a tout le temps pour choisir la manière dont il va se présenter à l’autre, pour expérimenter et pour évaluer les interactions qu’il a en ligne.

Les productions adolescentes concernent le suivi de leurs pages et de leurs statuts en termes de “hits” du nombre de commentaires.

Les pratiques adolescentes du numérique permet une appropriation des codes de l’Internet. Les adolescents apprennent quelques rudiments dans la manipulation du code HTML pour pouvoir changer la couleur de fond des pages de leur blog, ou la taille de la police de caractère.

Les blogs sont également des espaces d’expression de la masculinité et de la féminité. Les garçons font utilisent de davantage de sarcasme que les filles. Les contenus qu’ils partagent  sont plus souvent sexuellement connotés. Les pages personnelles sont également plus austères, plus noires que celles des adolescentes. Les jeunes filles ont de leur côté plus tendance à faire part de leur enfance et utilisent des couleurs qui sont davantage pastlel

  1. Turkle, Sherry. The second self. London: Granada, 1984.Turkle, Sherry. The second self. London: Granada, 1984.
  2. Suler, John. “Cyberspace as Dream World.” The Psychology of Cyberspace (1996).
  3. Tisseron, Serge. “Une nouvelle culture des images.” Mutations (2008): 126-138.
  4. SOURCE Interaction narration livre images
Les adolescents et l’Internet
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7 pesnées sur “Les adolescents et l’Internet

  • 24 février 2015 à 17:48
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    Mal écrit ou mal traduit ? Je ne sais pas, mais en tout cas c’est pénible à lire.

  • 27 février 2015 à 13:25
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    No pain, no gain (-:
    Vous avez des conseils ?

  • 27 février 2015 à 16:29
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    Bonjour
    Vous avez des suggestions pour améliorer l’article ?

  • 29 mars 2015 à 14:35
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    à la lecture de votre texte, je suppose que B. Pivot (ou l’amoureux de la langue française qui utilise ce nom) a été heurté par quelques fautes d’orthographe qui traînent par çi par là …

  • 29 mars 2015 à 17:23
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    Je lui conseillerais de prendre quelques popo (pardon : des potions de soin)

  • 3 mars 2016 à 11:26
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    Vous abordez ici l’enjeu pour les adolescents de se mettre en scène sur les réseaux sociaux : s’afficher sous son meilleur jour, et ainsi avoir le maximum de suiveurs (followers). Faites-vous un lien entre fait de se réinventer sur les réseaux sociaux avec le processus de construction identitaire? En somme, les adolescents essaient-il de se construire en fonction de ce que pensent les autres d’eux? Votre article est intéressant, et suscite ma curiosité car je travaille aussi sur ces questions et notamment sur le type de relations que les jeunes construisent à l’intérieur des réseaux sociaux. je suis crée actuellement une application collaborative destinée aux adolescents qui va les aider à construire leurs projets.

  • Ping : Les Adolescents Et L’Internet | Dietrich Loreleï

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