Sans doute parce qu’il est un phénomène aussi vieux que le cyberesapce lui même, et parce qu’il est très visible, le cyber-harcèlement a fairt l’objet de beaucoup d’attention de la part des  chercheurs. Il existe un nombre considérable de d’articles sur le sujet

Dans leur évaluation préliminaire du cyber-harcèlement, Paris et Robert STROM  définissent le cyber-harcèlement par l’utilisation de médium électronique pour menacer ou blesser les autres. Comparativement au harcèlement, le cyber-harcèlement est plus psychologique que physique, les agresseurs peuvent être plus faibles que les victimes et l’anonymat joue un rôle important

Au delà des exemples de cyber-harcèlement, l’article de Paris et Robert STROM est surtout intéressant parce qu’il donne des conseils concrets pour lutter contre les intimidations en ligne comme

  • Les adultes doivent s’assurer que les élèves réalisent que les identités en ligne peuvent être fictives
  • Les adolescents ne doivent pas rencontrer une personne avec laquelle ils ont discuté en ligne sans la supervision de leurs parents
  • Il faut éviter d’envoyer des messages lorsque l’on est en colère
  • La police doit être avertie des situations de harcèlement en ligne
  • Les victimes doivent s’abstenir de répondre aux agressions mais conserver les messages comme des preuves

Paris et Robert STROM cartographient les domaines dans lesquels la recherche doit progresser avec les questions suivantes: 1°) quelle est la fréquence du phénomène ; 2) quels sont les effets à long terme du harcèlement en ligne pour les harceleurs ? 3) les harceleurs en ligne sont ils différents des agresseurs habituels ? 4) quel est l’effet des programmes de réhabilitation; 5) comment fonctionne les familles des harceleurs en ligne ?

La revue de TOKUNAGA synthétise les résultats de la recherche quantitative sur le harcèlement en ligne.La revue englobe 25 articles articles sur le harcèlement en ligne publiés depuis 2009. Basées sur le questionnaire, les recherches sont ont un design transversal (“cross sectionnal study) ce qui ne permet pas de mettre en évidence des relations causales

Le cyber-harcèlement est défini par TOKUNAGA comme une action exécutée grâce à un média électronique ou numérique par des personnes ou des groupes qui comporte de manière répétée des messages agressifs ou hostiles avec l’intention de nuire ou de blesser

L’anonymat, l’absence de surveillance et la facilité avec laquelle il est possible d’atteindre la victime différencient le cyber-harcèlement du harcèlement classique. L’anonymat facilite les  agressions opportunistes puisqu’il est possible de blesser sans contact physique, sans planifier l’action tout en réduisant les risques d’être réprimandé. L’absence d’agents qui régulent les comportements et interdisent les agressions est aussi un facteur facilitateur du cyberharcèlement. Enfin, en ligne, il est possible d’accéder à la victime sur son téléphone, son agresse e-mail ou ses comptes-sociaux

La prévalence du cyber-harcèlement est importante puisqu’elle est est estimée entre 20 et 40% par TOKUNAGA. L’âge et le sexue ne semblent pas être des facteurs qui prédisent le la victimisation en ligne. Quelques études pointent le genre comme étant un prédicteur de la victimisation en ligne mais elles sont minoritaires

La littérature est plus affirmatives en ce qui concerne les conséquences du harcèlement en ligne. Celles ci dépendent de la fréquence et de l’intensité du harcèlement mais d’une façon générale, les études montrent un lien entre le harcèlement en ligne, la baisse des performances scolaires, des problèmes psychosociaux et affectifs. La dépression est souvent associée au harcèlement en ligne  tout comme la colère, la détresse ou la colère

Les victimes utilisent les moyens apportés par la technique pour se défendre du harcèlement en ligne : réglages concernant la vie privée sur les réseaux sociaux ou modifications des identités en ligne. Un quart de victimes attendent simplement que l’agression cesse mais cette stratégie peut être inefficace lorsque le cyber-harcèlement gagne en intensité. La menace de dénoncer les harceleurs aux adultes est une stratégie identifiée par les chercheurs, mais ceux ci le font encore trop rarement soit parce que les enfants pensent qu’ils doivent se débrouiller seuls, soit parce qu’ils craignent les mesures restrictives des parents.

TOKUNAGA note que les auteurs utilisent des définitions différentes ce qui multiplie les possibilités de biais. Au final, les caractéristiques intrinsèques du cyber-harcèlement restent encore mal définies. Par ailleurs, plusieurs théories sont en concurrence pour expliquer le cyber-harcèlement. Les auteurs ont utilisent la théorie des conduites planifiées (AZJEN), l’absence d’indices sociaux et l’anonymat, la théorie sociocognitive (BANDURA), la théorie du buffer (COHEN et WILLS, 1985)

Pour TOKUNAGA, la recherche sur le cyber-harcèlement en est encore à ses débuts. Un effort de conceptualisation de d’opérationnalisation doit être fait par les chercheurs pour produire des résultats cohérents qui permettent de faire des comparaisons entre les études

Même si les problèmes notés par TOKUNAGA sont sérieux, la recherche sur le harcèlement en ligne a progressé. Nous avons une meilleure idée de la fréquence du phénomène. Les conséquences du harcèlement en ligne sont identifiées. Les moyens de répondre au harcèlement en ligne sont également connues. Mais il reste encore des points noirs sur la carte. Les questions posées par les STROM sont encore sans réponse car peu de chercheurs sondent les coeurs et les âmes des trolls. Pourtant, si leurs motivations, leurs profils et leurs parcours ne sont pas connus, le traitement du cyberharcèlement restera à jamais partiel.

REFERENCES  :

Strom PS, Strom RD. Cyberbullying by adolescents: a preliminary assessment. The Educational Forum. 2005;70:21–36.

Tokunaga R. Following you home from school: A critical review and synthesis of research on cyberbullying victimization. Computers in Human Behavior. 2010;26(3):277–287.

Le cyberharcèlement

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