Une des choses passionnante avec Twitter, c’est que l’on voit un espace social en construction. Ce sont les utilisateurs qui ont inventé la syntaxe @nom et Twitter a suivi en transformant cette adresse en lien cliquable ; ce sont encore les utilisateurs qui ont inventé le RT et les règles qui président a sa construction.

Microsoft ResearchDana Boyd, Scott Golder et Giliad Lotan du Microsoft Rechearch se sont penchés sur les usages de Twitter. L’usage de ce service de micro-blogging a peu à peu imposé plusieurs signes  pour baliser les conversations. L’arobase suivi du nom d’une personne est une adresse directe, les hashtag marquent des sujets de conversation, tandis que le RT (re-tweet) correspond au faire suivre du mail.

L’équipe du Microsoft Research aétudié comment et pourquoi est ce que les messages sont re-twittés.Ils montrent comment l’usage du RT être etre compris “à la fois comme une forme de diffusion de l’information et une structure grace à laquelle les individus peuvent prendre part à une conversation” L’utilisation du RT pose en effet des questions sur la source du message original et sur le message lui même. Qu’est ce qui peut être l’objet d’un RT et quelles sont les bonnes façons de RT, voilà ce que l’étude tente de cerner.

Deux sondages dans la timeline publique ont été effectués.

1. Le premier sondage a été effectué du 26 janvier au 13 juin 2009 en capturant des messages au hasard toutes les cinq minutes dans la timeline. Les tweets  proviennent de 437.708 utilisateurs.

  • 22% des tweets comportent une URL
  • 36% des tweets mentionnent un utilisateur (@utilisateur). 86% de ces tweets commencent par @utilisateur
  • 5% des tweets comportent un hashtag et 41% d’entre eux comportent une URL
  • 3% des tweets sont des RT (comportent RT, via ou retweet)

 

2. Le second sondage a été effectué du 20 mars au 13 juin 2009. 203.371 tweets émis par 107.116 utilisateurs ont été capturés. Les tweets comportant RT ou via ont été recherchés

  • 52% des retweet comportent une URL
  • 18% des retweets comportent un hashtag
  • 11% des retweets comportent un retweet (RT @utilisateur1 RT @utilisateur 2 … message)
  • 9% des retweets contiennent un @utilisateur qui fait référence à la personne qui fait le retweet

 

Les pratiques du RT : préserver ou conserver le message original ?

Pour comprendre les pratiques, un compte avec 12.000 followers a posé quelques questions : Quelles sont les raisons pour lesquelles un RT est fait [99 réponses]; Si,  lorsque vous retweetez, vous modifiez un tweet pour qu’il tienne dans la limite des 140 caractères, comment décidez vous de ce qui doit être modifié du tweet original ? [96 réponses]; Quel contenu avez vous tendance à retweeter ? Pourquoi ? [73 réponses]

Il n’y a pas de syntaxe fixée. Les abréviations RT, via, HT, thx, r sont utilisées de même que les expressions retweeting ou retweet.  Le RT est perçu comme un analogue du faire suivre du mail. Certains ajoutent un commentaire dans le RT (LOL RT @utilisateur… ou RT @utilisateur [Moi : LOL]

Le RT implique un choix : va-t-on laisser le message tel quel ou va-t-on le modifier ?  Ce choix est d’autant plus prégant que la limite des 140 caractères fait que parfois le message doit ^tre modifié pour être retweeté. Certains préférent ne pas faire de retweet si le message orignal doit être modifié. Ce serait à l’emetteur du message de l’écrire de telle façon que les autres aient la place de faire le retweet.

Ceux qui font usage du retweet peuvent être des Préservateurs ou des Adaptateurs. Les Préservateurs tentent de maintenir l’intention, le contexte et le contenu original. Les Adaptateurs modifient le message original en supprimant des parties et en ne conservant que ce qui leur semble important.

La modification du message modifie bien évidement la lecture que l’on peut en faire. Par exemple, il peut ne plus être possible de savoir ou est la source comme le montre l’exemple suivant

A: Hawai is beautiful

B: RT @A Hawaii is beautifull

C: RT @A Hawaii is beautifull (via @B)

Les lecteurs de C ne peuvent savoir si B retweet A ou A retweete  B

Certains utilisateurs considèrent qu’il est important de garder la chaîne des messages, d’autres suppriment quelques utilisateurs, d’autres ne gardent que le premier référent, et enfin d’autres ne gardent que le dernier référent !

 

Les pratiques du RT : pourquoi retweeter.?

Les motivations au RT sont variées

  • Amplifier ou faire connaître le tweet à de nouveaux publics
  • Amuser ou informer un public particulier
  • Commenter le tweet de quelqu’un
  • Faire connaître sa présence
  • Faire savoir que l’on est d’accord avec quelqu’un
  • Valider les pensées d’autrui
  • Par amitié, loyauté ou hommage envers quelqu’un qui demande un RT
  • Pour  faire connaître des contenus ou des personnes peu connus.
  • Par intérêt personnel (augmenter ses followers)
  • Pour se souvenir d’un tweet

 

Les pratiques du RT : ce qui est RTé

Les tweets appelant à une action sociale sont très RTé de même que les messages de demande d’aide ou d’information. La topologie est ici importante car ce sont les personnes qui ont les réseaux sociaux les plus étendus qui ont le plus de chance de voir leurs RT aboutir. De l’avis des auteurs de l’étude, le contenu de ce qui est RTé est en lien avec l’image de soi qu’ils souhaitent donner et les conversations qu’ils mènent. Enfin, les RT sont aussi une façon de faire passer à ses followers un contenu susceptible de les intéresser.

 

Et vous, comment utilisez vous le RT ?

L’art du RT
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6 pesnées sur “L’art du RT

  • 25 juin 2009 à 11:48
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    Pour l’exemple du RT de Hawaii, il me semble que même les lecteurs de C sauront qui est à l’origine de l’info : la mention “via @B” est assez explicite pour indiquer que B n’est que l’intermédiaire ; par déduction c’est donc A le premier émetteur.

  • 25 juin 2009 à 14:27
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    Les lecteurs de C doivent comprendre que C retwittent ce que dit A (qu’ils ne suivent peut-être pas) grâce à B.

  • 25 juin 2009 à 14:32
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    Pour ma part, quand je retweete, je n’hésite pas à faire une petite coupe ou à modifier légèrement le tweet original (corriger une faute, l’adapter à ma propre marche typographique…), à condition que cela ne dénature en rien le tweet original. J’utilise l’abréviation RT.

    En revanche, si je modifie davantage le message du tweet original, si j’en change l’angle, etc., j’utilise non pas « RT » mais « via ». Je ne sais si cette distinction est courante, mais j’ai cru la percevoir quand j’ai commencé à utiliser activement Twitter.

  • 25 juin 2009 à 23:21
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    Tout à fait d’accord avec Monsieur Kaplan ; pour ma part également j’ai saisi la distinction entre “RT” et “via” de la même manière.

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