Je découvre dans le Joystick 221 un dossier “Addiction et jeux vidéo, un débat plein de fausses notes“. Je trouve un peu dommage que Joystick, qui a longtemps eu des postures de leader de la presse vidéo ludique, se lance dans le débat pratiquement après la bataille. Il aura fallu que les éditeurs commencent à communiquer sur la question avec des initiatives comme celle du SNJV pour que Joystick réagisse sous la forme de brêves allusions puis avec ce dossier. On y trouve Marc Valleur, Jean Claude Larue (SELL), Christine De Fretay (E-Enfance), Eric Bouhanna (Adictel) et Michael Stora

“il existe une quantité de grilles de lecture de l’addiction et l’attitude des gros consommateurs de jeu vidéo ne correspond à aucune d’entre elle.Marc Valleur

Voilà, c’est Marc Valleur qui le dit : il n’y a pas d’addiction aux jeux vidéo.Marc Valleur a longtemps soutenu le contraire comme dans Les nouvelles formes d’addiction et l’on est heureux de lire autre chose de lui sur le sujet. Bien sûr, il reste quelques adhérence qui apparaissent dans’iinterview in extenso : on ne change pas de position sans difficultés.

A lire les propos rapport, un consensus apparaît tout de même : pas d’addiction, mais des usages problématiques qui s’expliquent par des troubles psychopathologiques ou des difficultés d’éducation. Le jeu vidéo comme objet-drogue semble finir sa vie médiatique.

De toutes les personnes interrogées, seul Eric Bouhanna semble encore croire à l’idée d’une addiction aux jeux vidéos et en appelle à la régulation de l’état. On en arrive alors a de positions qui sont cul-par-dessus-tête : les jeux sont trop attrayants, les campagnes de publicité trop réussies et il faudrait que les édteurs de jeu vidéo baissent un peu la qualité de leurs produits.

Michael Stora est interrogé sur son coté “le-jeu-vidéo-qui-soigne”. Il aurait peu être interrogé sur ce qu’il entend par “risque de cyberdépendance”. Je serais heureux de discuter avec lui du cadre qu’il met en place (1/2 discussion, 2 heures jeu vidéo, 1/’4 de discussion) car le dispositif que j’utilise est très différent. Des comparaisons et des retours d’ expérience seraient sans doute intéressant. La courte interview fait allusion à un dispositif qui sera mis en place sur http://www.metaboli.fr qui me laisse très circonspect : un outil en ligne proposera des jeux en fonction de la personnalité de l’enfant. Ainsi, un enfant introverti sera orienté vers un FPS Je ne connais pas l’outil en question, et je réserve donc mon jugement, mais le principe en lui même est

D’abord parce que ce l’outil fonctionne sur le modèle de la prescription médicale, et de ce que je sais, le jeu vidéo n’est pas un médicament. D’autre part parce que une personne met en jeu ses traits de caractère dans le jeu vidéo : une personne introvertie se retrouvera dans un FPS en arrière du front ou a l’abris du premier mur. Enfin, parce que la fonction première du jeu, jeu vidéo compris, est de jouer. Lancer une partie de CS pour ne plus être introverti est la meilleure façon de manquer une expérience de jeu plaisante et de rester introverti.

 

Le dossier aurait été mieux ficelé avec une mise en perspective de l’histoire de la notion d’addiction aux jeux vidéo et des rapports de force institutionnels.

La fin du jeu vidéo comme objet-drogue ?
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