Walk - Green Man par Dominic's pics

J’ai été interrogé par le Panorama du médecin sur l’addiction aux jeux vidéo.  Les médecins sont souvent les premières personnes vers lesquelles les parents se tournent et il est primordial qu’ils partent sur des faits plutôt que des rumeurs.

Les faits, c’est qu’il n’y a pas d’addiction aux jeux vidéo ou à l’Internet

  • S’agissant d’adolescents et d’enfants, il est primordial de ne pas cristalliser une situation qui peut être difficile en une pathologie : le gameur, même passionné, même excessif, n’est pas un toxciomane.
  • Une méta-synthèse regroupant sur une centaine d’études sur l’addiction aux jeux vidéo a montré qu’elles étaient toutes biaisées
  • L’addiction aux jeux vidéo n’est reconnue par aucune classification internationale.
  • “L’addiction aux jeux vidéo” a la force de la métaphore. C’est un vecteur d’incantation. C’est un même.
  • Le jeu vidéo ne fait pas partie des addictions sans produit (Valleur et Matysiak, 2004)
  • Il n’y a pas d’addiction au jeu vidéo, mais des joueurs compulsifs ou excessifs.
  • Le jeu excessif ou compulsif est toujours le signe d’une souffrance psychologique. Il faut pouvoir évaluer cette souffrance ainsi que les  capacités de la personne et de son environnement à la traiter.
  • Le jeu excessif est parfois le signe d’une souffrance familiale : séparation des parents, secret de famille, violence, alcoolisme peuvent contribuer a faire du jeu vidéo un refuge
  • Le jeu vidéo excessif est un refuge. Il permet de mettre de coté les choses trop difficiles à penser ou à éprouver.
  • Le jeu excessif est un moyen possible pour les adolescents de contenir et traiter les énormes bouleversements de l’adolescence : croissance physique, maturation sexuelle provoquent et entourent des remaniement psychiques importants. Ce sont ces remaniement qui sont mis en jeu dans l’excès de jeu vidéo
  • L’adolescence est le temps par excellence des excès.
Interview Panorama du Médecin
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2 pesnées sur “Interview Panorama du Médecin

  • 8 juin 2010 à 10:16
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    Bonjour,

    Quand vous dites :

    # Le jeu excessif ou compulsif est toujours le signe d’une souffrance psychologique. Il faut pouvoir évaluer cette souffrance ainsi que les capacités de la personne et de son environnement à la traiter.
    # Le jeu excessif est parfois le signe d’une souffrance familiale : séparation des parents, secret de famille, violence, alcoolisme peuvent contribuer a faire du jeu vidéo un refuge
    # Le jeu vidéo excessif est un refuge. Il permet de mettre de coté les choses trop difficiles à penser

    Ca me rappelle fortement les raisons de sombrer dans la drogue. Alors oui peut être que le gamer n’est pas un toxicomane, mais il y a la dessous, tout comme la drogue ou l’alcool, d’autres problèmes a solutionner.

  • 12 juillet 2010 à 18:43
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    bonjour,
    Addiction ou jeu excessif, ne joue-t-on pas sur les mots ? les causes sont les mêmes, les conséquences (graves) aussi…

    mon fils a 21 ans ; depuis 3 ans il joue 8 à 10 heures par jour à des jeux “massivement multijoueurs”. Il a raté ses études, son permis de conduire, ne fréquente que des joueurs, devient agressif quand il ne peut pas jouer, dort le jour, souffre de cette situation…et voudrait arrêter mais n’y arrive pas ; ça ne ressemble pas aux conséquences d’une addiction ?

    Après 3 ans d’efforts (on ne peut pas soigner quelqu’un qui refuse de se soigner), je l’ai convaincu d’aller voir son médecin généraliste. Ce dernier cherche à l’orienter vers des services spécialisés en addictologie…qui ne veulent pas recevoir mon fils…. parce qu’ils ne s’occupent “que” des toxicomanes et des alcooliques….

    Non, ne pas parler d’addiction, ce n’est pas simplement “jouer sur les mots” ; ça contribue à sous estimer le danger des jeux vidéos, qui sont construits pour inciter les joueurs à jouer le plus longtemps possible, sans parler des problèmes d’argent que ça génère auprès des jeunes ;
    on n’incite pas les parents, le corps médical, voire les jeunes eux-mêmes, à s’attaquer aux causes et à traiter le problème au plus vite. Et là dessus vous avez votre part de responsabilité.

    Il y a environ 2 ans mon fils disait “je m’arrête quand je veux” ; il ne le dit plus.

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