Library Word Find Puzzle

 

J”étais avant hier au colloque organisé par la Petite Bibliothèque Ronde. Mon intervention était surtout centrée sur les dynamiques psychologique du joueur de jeu vidéo, et je me suis rendu compte en écoutant les interventions venant de orateurs et de la salle qu’il y avait aussi beaucoup d’autres choses à dire.

On sent vis à vis des matières numériques des envies et des hésitations de la part des bibliothécaires. Les envies viennent de ce que beaucoup pressentent que le numérique est une matière intéressante à travailler. Les hésitations viennent principalement d’enjeux de pouvoirs : le service informatique renâcle à ouvrir les accès réseau, la marie veut contrôler la communication de sa bibliothèque etc…

Aucun usage efficace des manières numériques n’est possible dans un tel contexte de contrôle. Les mondes numériques sont des mondes de l’interaction, de la réactivité et de la confiance. Si des personnes ont été embauchées à un poste de bibliothécaire, c’est bien parce que l’employeur considère qu’elles sont compétentes. Retirer cette confiance aux abords des mondes numériques est une erreur qui les empêche de travailler..

Les hésitations viennent de ce que des bibliothécaires ne savent pas par quel bout commencer. Il y a  là une réponse simple : il faut commencer par par le bout que l’on juge être le plus pratique. L’interaction des mondes numériques suppose que l’on puisse se tromper et recommencer. C’est d’ailleurs sans doute l’indulgence vis à vis de l’erreur qui Les nouvelles pratiques culturelles des enfants face au numérique.fait que nous avons en France quelques difficultés avec les usages numériques : notre système éducatif est basé sur l’excellence et toute erreur y est sévèrement sanctionnée.

Les bibliothécaires doivent se rappeler que les matières numériques sont autant d’occasions données à lire. Elles ont là un rôle pédagogique à jouer. Chacune de nos actions en ligne, des Like de Facebook au passant par le choix de notre navigateur ont des conséquences, chacune de nos actions en ligne est un acte politique. Les bibliothèque peuvent apprendre aux utilisateurs à interpréter les résultats d’une requête d’un moteur de recherche. Elles peuvent faire un travail de transmission de l’histoire du réseau et de ses cultures.

Mais peut-être est ce que cela reste encore un peu trop abstrait ? Voilà donc quelques conseils que j’aurais aimé donner aux bibliothécaires..

Prenez place sur le réseau. Cela commence à créer une identité en ligne qui sera utilisée sur les différents services de l’Internet. Le nom en ligne doit vous identifier clairement à la fois comme service (vous êtes une bibliothèque) et comme lieu (vous êtes implantée dans une commune et une ville)

Créez des réseaux de professionnels. Allez au contact d’autres bibliothèques et participez à leur travail en ligne en commentant et en faisant connaitre leurs contenus sur vos propres réseaux. Rapprochez vous d’eux sur Facebook, Linkedin et Viadeo.

Privilégiez votre voisinage. Des services comme Twitter ou Foursquare  et bientôt Facebook vous permettent de trouver des personnes qui sont dans la même zone géographique que vous. Ajoutez les à vos contact et suivez leurs publications. Le voisinage n’est pas que géographique : il peut s’agir de communautés d’intérêt. Rapprochez vous des entités qui vous ressemblent : bibliothèques, médiathèques… mais aussi les lieux que fréquentent votre  public : centres de loisirs, maisons de retraite, centre sportifs, hôpitaux,  etc..

Pensez aux lointains. Le réseau vous permet de toucher bien au-delà de votre zone géographique. Cela peut être utile pour des personnes qui sont de façon temporaire ou durable éloignés d’une bibliothèque qu’ils ont aimé fréquenter. Cela est utile à la bibliothèque car elle se met au contact de pratiques et d’institutions qui lui sont hétérogène. Il y a là matière à enrichissement et à serendipité.

Mettez en place un système de veille pour rester au contact de l’actualité culturelle telle qu’elle se pratique en ligne et la rapprocher de vos usagers. Utilisez des aggrégateurs de flux comme Google Reader ou Netvibes.

Utilisez différents services. Les publics ne sont pas les même sur Twitter, MySpace, Facebook ou Skyblog. Allez chercher le public là ou se trouve, et installez y votre présence numérique. Certains services peuvent diffuser la même information tandis que d’autres nécessiteront de s’adapter au public que l’on souhaite atteindre.

Publiez régulièrement. Une présence en ligne inhabitée est pire que pas de présence du tout. Publiez, publiez, publiez. Vous avez avec une bibliothèque des ressources infinies. Vous pouvez vous appuyer sur la vie de la bibliothèque : l’arrivée d’un nouveau matériel, l’achat de nouveaux documents, ou encore les animations de la bibliothèque sont autant  d’occasions de billets. Appuyez vous sur l’actualité pour proposer des médias qui permettent de la mieux comprendre. Faites des revues de presse. Si vous ne savez pas quoi écrire, parlez des livres qui parlent de la panne de l’écrivain ou des guides d’écriture.

Interagissez. Donnez la possibilité au public de vous poser des questions et répondez-y.  De votre coté, n’hésitez pas à solliciter votre public. Demandez lui de participer, suggérez lui vous faire part de se préférences

Bloggez.. Le blog a été une des locomotives du web 2.0. C’est une formidable machine à penser et  créer des liens. Le blog sera le point de départ et d’arrivée de votre présence en ligne. Vous y publierez des informations générales sur la bibliothèque (heures et jours d’ouverture, … le blog permet de construire une relation avec une audience. Les bibliothécaires pourront y faire valoir leur coups de cœurs

Utilisez Twitter. Avec Twitter, vous pouvez diffuser très rapidement des informations sur votre réseau social. Il est aussi possible de faire des actions flash, limitées à xxxx. Enfin, en jouant sur les hastags, ils est possible d’aggréger des communautés d’intéret et de constituer des mémoires de l’activité en ligne de la bibliothèque.

Créez une page Facebook. Avec 500 millions de comptes, et une progression constante, vous êtes assuré de trouver sur Facebook personnes intéressées par votre travail. Les pages Facebook sont des pages publiques, elle sont indexées par les moteurs de recherche. Votre audience a partir de cette page ira donc au delà de Facebook.

Donnez le choix à vos utilisateurs. Offrez leur la possibilité choisir entre plusieurs navigateurs, le choix de s’identifier ou non, le choix dans la modalité de l’identification. Donnez leur le choix dans la façon dont il souhaitent prendre connaissance du contenu que vous publiez. Publiez intégralement le contenu dans votre flux RSS afin qu’il puisse être lu en situation de mobilité ou à partir d’un lecteur de flux

Bookmarkez les pages web. Utilisez les services comme Delicious ou Diigo pour faire apparaitre les pages web qui vous semblent intéressantes. N’oubliez pas d’ajouter des mot-clés et un commentaire.

Créez des comptes sur YouTube et Dailymotion.  Repérez les vidéo intéressantes et mettez les en valeur en les commentant, ou en les embarquant sur votre Facebook et/ou votre blogue. Liez les à d’autres contenus.

Créez des podcast. Vous pouvez créer des posdcast que vous mettrez à la disposition de votre public sur iTunes et les autres plateformes de podcasting. Privilégiez un format court (3 minutes) afin de  faciliter le téléchargement et l’écoute. Vous pourrez également proposer en podcast les animations qui ont eu lieu dans la bibliothèque.

Jouez. Jouez avec les dispositifs numériques. Essayez. Partagez votre expérience sur votre blogue. Sélectionnez ce qui marche et abandonnez ce qui ne marche pas. Jouez aussi avec les jeux vidéo. Proposez des moments de découverte des jeux ou d’un type de jeu. Créez des équipes de gamers. Inspirez vous de l’exemple de la bibliothèque de Saint Raphael qui joue à Dofus. Inventez : vous pouvez par exemple collecter tous les lieux de Dofus qui parlent de bibliothèque et les rapprocher d’autres bibliothèques passées ou existantes

Encouragez l’utilisation des téléphones cellulaires dans la bibliothèque. Engagez les utilisateurs à utiliser les texto plutôt que la voix dans leurs communication personnelles. Faites en sorte que vos contenus en ligne soient accessibles facilement depuis un téléphone.

Mettez en avant vos usagers. Certains d’entre eux ont sans doute des compétences qu’ils souhaitent partager. Qu’il s’agisse du jardinage, du scrabooking, de la programmation, des voyages, d’une langue étrangère… vous avez sans doute quelques livres sur le sujet. Profitez en pour rapprocher les personnes et les livres.

N’ayez pas peur d’échouer. Dans ce que vous tenterez, certaines choses ne marcheront pas. Ne vous en inquiétez pas trop. Les mondes numériques sont des mondes construits par essai erreur. Profitez en pour essayer différentes solutions et construire votre votre présence en ligne en fonction de vos goûts, de vos habilités, et de vos objectifs.

Gardez en vue un plan d’ensemble. Votre communication sera d’autant mieux comprise qu’elle permet d’avoir un point de vue général sur une question. On pourra ainsi par exemple accéder aux musiques d’un polar sur Deezer, aux lieux sur Google Map, aux sites qui parlent du livre sur Diigo ou Delicious

 

Crédit photo : Library Word Find Puzzle par herzogbr

20 conseils pour les bibliothèques et les bibliothécaires.
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8 pesnées sur “20 conseils pour les bibliothèques et les bibliothécaires.

  • 25 septembre 2010 à 16:09
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    J’étais également au colloque organisé par la PBR, merci de votre intervention claire, limpide et détonante. Aujourd’hui alors que je rédige un compte-rendu de cette journée, je tombe sur votre post. Très heureux que la Médiathèque de Saint-Raphaël(là où je bosse)soit citée. Merci pour cette fiche conseil à destination de la profession. Je vais la poster sur le blog ou la mettre en lien sur le blog. Serez-vous lu ? entendu ? tous les espoirs (de bibliothécaires) sont permis !!!! Merci encore
    Thierry
    Lj83

  • 26 septembre 2010 à 19:08
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    D’excellents conseils qui gagneraient sans le moindre doute a être entendus. J’étais en 2007 a Edinburgh en Écosse et j’ai été impressionne de voir comment ils mêlaient leur jeunesse a leur musée nationale.

    Je pense qu’ici il s’agit de procéder de la même manière pour au final tenter d’arriver au même résultat. Faire que nos enfants et leurs parents comprennent la puissance des outils qu’ils ont entre leur mains.

    Merci pour cet excellent article

    Mohamed Semeunacte

  • 27 septembre 2010 à 12:46
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    Voilà un article synthétique très riche qui a l’avantage de lister l’essentiel des présences numériques et autres investissements qu’une bibliothèque peut proposer sur le net. Ces différents points permettent de faire un rapide inventaire de tout ce que pourrait mener une bibliothèque, et les outils ne manquent pas ! Vos exemples donnent de plus des idées sympathiques à décliner.

    Je tenais cependant à compléter vos propos en insistant sur la nécessité selon moi d’avoir un fil directeur et une cohérence dans l’ensemble des outils internet utilisés par la bibliothèque afin de ne pas se disperser. Créer et alimenter une présence numérique est long et requiert beaucoup d’investissement en temps et en moyen humain. Il faudrait avant d’ouvrir de multiples comptes être sûrs de pouvoir et de savoir s’en servir. Certes, il est très intéressant d’utiliser de multiples outils pour diversifier son offre et mettre tout en oeuvre pour proposer des contenus riches et variés, mais il ne faut pas oublier de produire un contenu cohérent et pas uniquement destiné à tester tous les nouveaux outils.

    Mis à part ce point, merci de cette liste qui, je l’espère, va inspirer pas mal de bibliothécaires et leur faire repenser l’intérêt d’être sur Internet et de proposer des expériences multiples.

  • 28 septembre 2010 à 9:45
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    tout à fait d’accord avec le précédent commentaire sur l’importance de garder à l’esprit la cohérence de ce que l’on souhiate (et peut) faire dans le cadre d’une bibliothèque. Sinon bien sur je partage l’idée qu’il ne faut pas se priver de ces nouveaux “outils” et que la bibliothèque ne doit pas oublier son rôle dans ce domaine

  • 28 septembre 2010 à 10:13
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    @livre-arbitre et @Michèle Garagnon : C’est vrai que construire une présence numérique est long. Il n’est pas possible de tout faire d’un seul coup. Le plus simple est de commencer par le bout ou l’on est le plus à l’aise et le reste se construira peu à peu.

    Bienvenue sur Psy et Geek ;-) !

  • 28 septembre 2010 à 10:53
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    @Mohamed Semeunacte, @Lj83 : merci de ces encouragements ! et bienvenue sur Psy et Geek ;-)

  • Ping : Colloque : « Y aura-t-il encore des enfants lecteurs au 21ème siècle ? Les nouvelles pratiques culturelles des enfants face au numérique.  « Lecture jeunesse 83

  • 20 octobre 2010 à 19:13
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    Je souscris évidemment à ton programme et tes conseils. Mais je crois que tu sous-estimes :

    1. ceci = “le service informatique renâcle à ouvrir les accès réseau, la marie veut contrôler la communication de sa bibliothèque etc…
    Aucun usage efficace des manières numériques n’est possible dans un tel contexte de contrôle. ” Beaucoup des collègues-bibs qui veulent être présents sur les réseaux se heurtent à ça, et s’y heurtent durement, d’autant plus que nombre d’entre les bibs n’ont pas les connaissances techniques de base qui permettent d’éviter de se faire rouler dans la farine.

    2. le fait que nombre de collègues bibs n’ont pas encore compris ce qui se passe sur le Net…. et n’ont pas vraiment envie d’y aller, ou alors très très lentement.

    Cela dit, les obstacles techniques et le manque d’énergie des autres n’empêche pas de se bouger. Comme je dis souvent (ça va te plaire) : “Aide-toi, ça t’aidera” :-)

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