Les wikipediens sont ils des mauvais coucheurs ?
Une équipe de psychologues israéliens dirigée par Yair Amichai-Hamburger a comparé 69 wikipediens avec 70 autres personnes ne contribuant pas à l’ encyclopédie en ligne.
L’étude a utilisé deux questionnaires en ligne : le BFI (Big Five Inventory Questionnaire) et le Real-Me.
Le BFI est une version courte du Big Five Questionnaire; il évalue cinq traits de personnalité : l’extraversion (être bavard, plein d’énergie…), l’agréabilité (être sympathique, amical…), la conscience (être organisé, planificateur…), la stabilité émotionnelle (anxiété, stress) et l’ouverture à la nouveauté (avoir des intérets divers, être imaginatif)
Le Real-Me est composé de quatre questions qui évaluent la facilité avec laquelle les participants communiquent sur Internet comparativement avec le monde hors ligne.
L’hypothèse testée est la suivante : les wikipediens ont davantage tendance à exprimer leur « vrai moi» sur l’Internet comparativement aux autres internautes. La seconde hypothèse était que les wikipediens auraient un score d’extroversion plus faible que les autres.
Les résultats
Les résultats montrent que les wikipédiens ont tendance à être davantage eux-même sur l’Internet mais ils sont aussi moins agréables à vivre et ouverts (agreeableness and openness) que la population contrôle. Les auteurs rendent compte de la contradiction qui existe entre ce dernier résultat et le fait que Wikipédia soit un espace de socialisation en avançant l’hypothèse que la sociabilité wikipédienne est alimentée par « des motivations égocentriques comme l’expression personnelle, l’augmentation de la confiance en soi ou l’identification au groupe»
Les auteurs notent une différence liée au sexe : les femmes semblent utiliser l’Internet comme un « outil compensatoire»
Critiques
J’ai tendance a me méfier lorsque les résultats d’une étude collent si parfaitement à un stéréotype : les wikipediens sont des geeks/nerds [mettez votre étiquette préférée] avec de faibles compétences sociales. Ils utilisent l’Internet comme un espace de compensation car leur est difficile d’avoir des relations sociales dans l’espace géographique.
Comme dans toutes les études de psychologie, le choix des outils est crucial. Le questionnaire Real-Me est basé l’idée d’une différence en/hors ligne qui est plus que questionnable. Jusqu’à présent en effet, rien n’a jamais prouvé que nous soyons différents en ligne et hors ligne.
Pour ce qui est du BFI, il s’agit plus d’une mesure de la représentation que la personne a d’elle même que d’un test de personnalité. Il aurait fallu pour cela utiliser un test projectif de personnalité, c’est à dire un test qui permet de recueillir des éléments de la vie inconsciente de la personne. Pour donner une idée des différences, la version en ligne du BFI se passe en 5 ou 10 minutes tandis que la passation d’un Rorschach ou d’un TAT dure entre 20 et 60 minutes et l’interprétation des résultats prend entre une et trois heures de travail !
Il y a également les critiques habituelles que l’on fait au BFI : les facteurs ne sont pas tous indépendants; le BFI n’exprime pas toute la psychologie humaine; il est auto-administré.
Enfin, tout processus social met en jeu le narcissisme de chacun. Toute construction sociale est un délicat partage entre le bien commun et les besoins pulsionnels et narcissique des individus
Reste ce mystère si wikipediens sont si peu agréables et ouverts à la nouveauté, comment ont-ils pu construire Wikipédia ?
(via Nicholas Carr via NewScientist.com)
L’étude : Personnality Characteristics of Wikipedia Members.
L’art du RT
Une des choses passionnante avec Twitter, c’est que l’on voit un espace social en construction. Ce sont les utilisateurs qui ont inventé la syntaxe @nom et Twitter a suivi en transformant cette adresse en lien cliquable ; ce sont encore les utilisateurs qui ont inventé le RT et les règles qui président a sa construction.
Dana Boyd, Scott Golder et Giliad Lotan du Microsoft Rechearch se sont penchés sur les usages de Twitter. L’usage de ce service de micro-blogging a peu à peu imposé plusieurs signes pour baliser les conversations. L’arobase suivi du nom d’une personne est une adresse directe, les hashtag marquent des sujets de conversation, tandis que le RT (re-tweet) correspond au faire suivre du mail.
L’équipe du Microsoft Research aétudié comment et pourquoi est ce que les messages sont re-twittés.Ils montrent comment l’usage du RT être etre compris « à la fois comme une forme de diffusion de l’information et une structure grace à laquelle les individus peuvent prendre part à une conversation» L’utilisation du RT pose en effet des questions sur la source du message original et sur le message lui même. Qu’est ce qui peut être l’objet d’un RT et quelles sont les bonnes façons de RT, voilà ce que l’étude tente de cerner.
Deux sondages dans la timeline publique ont été effectués.
1. Le premier sondage a été effectué du 26 janvier au 13 juin 2009 en capturant des messages au hasard toutes les cinq minutes dans la timeline. Les tweets proviennent de 437.708 utilisateurs.
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22% des tweets comportent une URL
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36% des tweets mentionnent un utilisateur (@utilisateur). 86% de ces tweets commencent par @utilisateur
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5% des tweets comportent un hashtag et 41% d’entre eux comportent une URL
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3% des tweets sont des RT (comportent RT, via ou retweet)
2. Le second sondage a été effectué du 20 mars au 13 juin 2009. 203.371 tweets émis par 107.116 utilisateurs ont été capturés. Les tweets comportant RT ou via ont été recherchés
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52% des retweet comportent une URL
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18% des retweets comportent un hashtag
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11% des retweets comportent un retweet (RT @utilisateur1 RT @utilisateur 2 … message)
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9% des retweets contiennent un @utilisateur qui fait référence à la personne qui fait le retweet
Les pratiques du RT : préserver ou conserver le message original ?
Pour comprendre les pratiques, un compte avec 12.000 followers a posé quelques questions : Quelles sont les raisons pour lesquelles un RT est fait [99 réponses]; Si, lorsque vous retweetez, vous modifiez un tweet pour qu’il tienne dans la limite des 140 caractères, comment décidez vous de ce qui doit être modifié du tweet original ? [96 réponses]; Quel contenu avez vous tendance à retweeter ? Pourquoi ? [73 réponses]
Il n’y a pas de syntaxe fixée. Les abréviations RT, via, HT, thx, r sont utilisées de même que les expressions retweeting ou retweet. Le RT est perçu comme un analogue du faire suivre du mail. Certains ajoutent un commentaire dans le RT (LOL RT @utilisateur… ou RT @utilisateur [Moi : LOL]
Le RT implique un choix : va-t-on laisser le message tel quel ou va-t-on le modifier ? Ce choix est d’autant plus prégant que la limite des 140 caractères fait que parfois le message doit ^tre modifié pour être retweeté. Certains préférent ne pas faire de retweet si le message orignal doit être modifié. Ce serait à l’emetteur du message de l’écrire de telle façon que les autres aient la place de faire le retweet.
Ceux qui font usage du retweet peuvent être des Préservateurs ou des Adaptateurs. Les Préservateurs tentent de maintenir l’intention, le contexte et le contenu original. Les Adaptateurs modifient le message original en supprimant des parties et en ne conservant que ce qui leur semble important.
La modification du message modifie bien évidement la lecture que l’on peut en faire. Par exemple, il peut ne plus être possible de savoir ou est la source comme le montre l’exemple suivant
A: Hawai is beautiful
B: RT @A Hawaii is beautifull
C: RT @A Hawaii is beautifull (via @B)
Les lecteurs de C ne peuvent savoir si B retweet A ou A retweete B
Certains utilisateurs considèrent qu’il est important de garder la chaîne des messages, d’autres suppriment quelques utilisateurs, d’autres ne gardent que le premier référent, et enfin d’autres ne gardent que le dernier référent !
Les pratiques du RT : pourquoi retweeter.?
Les motivations au RT sont variées
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Amplifier ou faire connaître le tweet à de nouveaux publics
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Amuser ou informer un public particulier
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Commenter le tweet de quelqu’un
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Faire connaître sa présence
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Faire savoir que l’on est d’accord avec quelqu’un
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Valider les pensées d’autrui
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Par amitié, loyauté ou hommage envers quelqu’un qui demande un RT
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Pour faire connaître des contenus ou des personnes peu connus.
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Par intérêt personnel (augmenter ses followers)
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Pour se souvenir d’un tweet
Les pratiques du RT : ce qui est RTé
Les tweets appelant à une action sociale sont très RTé de même que les messages de demande d’aide ou d’information. La topologie est ici importante car ce sont les personnes qui ont les réseaux sociaux les plus étendus qui ont le plus de chance de voir leurs RT aboutir. De l’avis des auteurs de l’étude, le contenu de ce qui est RTé est en lien avec l’image de soi qu’ils souhaitent donner et les conversations qu’ils mènent. Enfin, les RT sont aussi une façon de faire passer à ses followers un contenu susceptible de les intéresser.
Et vous, comment utilisez vous le RT ?
Survivre à Twitter 1/2
Twitter est le service qui a explosé en 2009. C’est en gros 12 millions d’utilisateurs et une croissance à 2500%. Même si le service se tasse un peu, et que l’on est loin des 200 millions de comptes de Facebook, il reste encore très dynamique. J’ai remarqué depuis peu que la majorité de mes nouveaux followers étaient des nouveaux venus. Ce guide de survie à Twitter leur est destiné mais peut être est ce que des utilisateurs plus avancés y trouveront également deux ou trois choses intéressantes ?
Un peu de vocabulaire
On distingue sur Twitter les followers (ceux qui vous suivent) et les following (ceux que vous suivez). Lorsque la relation est réciproque, on parle de friends (amis). Les termes ne sont pas encore tout à fait fixés puisque certains services parlent aussi de fans pour distinguer les personnes qui vous suivent et que vous ne suivez pas. Vous trouverez sur le twictionary quelques définitions supplémentaires.
Premiers pas
La première question à se poser est le nom que l’on va se donner. D’une façon générale, il est préférable d’avoir le même nom sur tout le web 2.0. Si vous voulez utiliser Twitter dans le cadre de votre travail, ou si vous avez une profession qui souffre mal le mélange avec la vie publique, pensez y avant de vous inscrire. Peut être est-il préférable de ne pas s’inscrire. Même si les updates de Twitter sont protégés, c’est à dire que seuls vos followers peuvent les lire, si suffit que l’un d’eux le redistribue sur son propre réseau pour qu’il devienne public. Sur Internet, la seule chose qui soit privée, c’est ce que vous n’écrivez pas.
Prenez le temps de renseigner soigneusement votre compte. Les champs bio et ville sont importants car ils sont utilisés par les moteurs de recherche et la ville permet une géolocalisation. Changez également l’avatar donné par le site et faites vous représenter par une image de votre choix. Si vous avez un forfait qui vous permet de surfer avec votre téléphone portable, n’oubliez pas d’ajouter votre numéro de téléphone. Vous trouvez des facilement des clients pour votre iPhone ou votre blackberry. Si vous avez Windows Mobile, jettez un oeil sur ceTwit, PockeTwit, Quakk ou Twobile
Une fois les formalités d’inscription effectuées, vous pouvez quittez votre navigateur. La vie sur Twitter ne commence en effet qu’avec une application dédiée.
Les clients twitter
Les clients vous donneront une interface beaucoup plus lisible et une bien meilleur ergonomie que la page du site.Faites votre choix entre Twitter Deck, Twirl et Seesmic Desktop.Elles ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients. Testez les trois et choisissez celui avec lequel vous vous sentez le plus à l’aise. Je n’ai pas de Mac, mais il semble que Tweetie soit un bon choix.
Qui suivre, où trouver des followers ?
Il y a deux façons de trouver des followers : une façon automatique et une façon manuelle
Je conseille aux débutants de commencer par ajouter les followers manuellement. D’une part parce que la gestion du réseau twitter à ses commencements ne nécessite aucune procédure automatique. D’autre part parce que cela permet de sentir la vie sociale de Twitter et de faire connaissance avec ses followers un à un.
Les répertoires comme Twitseeker et TweetCloud permettent de trouver des followers. Les recherches se font par mot clé ou par géolocalisation (avez vous soigneusement renseigné votre profil ?). Ces deux services recherchent dans les messages envoyés par les utilisateurs de Tweeter. Si vous vous intéressez à un sujet, vous serez sans doute intéressé par les personnes qui parlent de ce sujet. Twitseeker et TweetCloud permettent de les retrouver. Regardez les profils et les derniers tweets. S’il y en a au moins un qui vous intéresse, followez !
D’autres services permettent de créer des répertoires d’utilisateurs. C’est le cas de Twibes. You trouverez par exemple un Twibe sur la psychologie et si le sujet ne vous passionne pas, vous trouverez sans doute votre bonheur dans un des groupes qui existent déjà. A moins que vous ne préfériez créer le votre ?
Twitter Grader est une autre bonne adresse pour trouver des followers. le service donne une note de 1 à 100 aux utilisateurs de Twitter. Plus la note est élevée, plus il serait bon de suivre la personne
Gérer son réseau social
Faut-il construire un réseau social symétrique c’est à dire ne suivre que ceux qui vous suivent ? Faut il supprimer de son réseau tous les comptes qui sont inactifs ? Chacun se fera ici se religion. Mon avis est que la symétrie obligatoire conduit a quelque chose d’artificiel. Il est normal d’être suivi par des personnes que vous ne souhaitez pas suivre et il est normal de suivre des personnes qui ne vous suivront pas. Cela amène un peu d’hétérogénité dans le réseau. C’est là un point important car cette hétérogénéité est porteuse de zadigacité. C’est elle qui vous permettra d’etre au contact avec des informations que vous auriez eu peu de chance de trouver par vous même. Et si vous êtes entouré que de personnes qui vous ressemblent, qui vous portera cet inattendu ?
Certains préféreront cependant la réciprocité.
ReFollow, Tweeter Grader, Friend or Follow ou Twitter Karma sont des services de festion et de visualisation. Ils offrent des filtres qui permettent de visualiser ses followers, ceux que vous suivez et qui vous suivent pas ou l’inverse et les amis. Des filtres par nom, ville, pays ou âge sont parfois disponibles
Twinfluence a une interface austère loin des boutons glossy du web 2.0 et c’est exprès. L’approche est basée sur l’analyse des réseaux et le service donne des chiffres intéressant comme le réseau de second ordre, la vélocité, le capital social et la centralisation. Plus le réseau de second ordre est étendu, plus on a de chance de capter l’information qui circule dans Twitter. La vélocité est une mesure de la croissance du réseau social du compte. Plus elle est élevée, plus le réseau croit rapidement. Le capital social donne une indication sur la qualité du réseau de premier ordre. Plus il est étoffé, plus ce capital social est important La centralisation permet de se situer à l’intérieur du réseau twitter. Plus la valeur est élevée, plus on se trouve au centre du réseau.
Twitter Karma est très efficace pour repérer la nature des liens avec les followers. Il est possible de filtrer son réseau en choisissant les relations symétriques (follow-follow) et non symétriques ( (no)follow-(no)follow).
Marée verte sur Twitter
Les élections iraniennes et leurs conséquences font l’objet de beaucoup de conversations sur Twitter. On peut suivre, twitt après twitt, suivre la montée de la violence, les combats de rue, les réactions des ambassades étrangères, la mise en place d’une google map des ambassades accueillant les blessés, les images de blessés et de rues en feu. Ici, on cherche un médecin, là on annonce la réaction du Président Obama.
Le désarroi, la panique, le tumulte sont dramatiquement palpables jusque sur Twitter.
Le gouvernement américain aurait invité Twitter à repousser la maintenance de ses serveurs.. . Twitter aurait été d’autant plus importants que d’autres services comme FriendFeed ont été fermés par les autorités irannienes (source Le Soir). Je ne suis pas un expert en politique, mais il me semble peu probable que l’administration américaine comptait sur Twitter pour s’informer. Par contre, le fait qu’un service de réseau social puisse être utlisé comme source de pression indirecte doit faire réfléchir.
Le tag #IranElection permet de suivre plus précisément les messages consacrés au ce sujet.. Il est également possible de suivre la situation iranienne sur Wikipedia ou sur iran.twazzup.com.
Depuis quelques jours, les avatars verdissent comme signe de soutien au peuple iranien. L’initiative en revient à Arik Fraimovich qui a mis en ligne helpiranelection.com. En France, les avatars avaient déjà été modifiés pour protester contre la loi Hadopi. Mais la marée verte qui colore les avatars de twitter est sans commune mesure avec le images noires qui avaient endeuillés les avatars français.
Le cyberespace est il politisable ?
Devant une telle mobilisation, on hésite. D’un coté, on se dit que les mondes numériques ont ouverts d’autres espaces de protestation et de contestation. On savait déjà que des manifestants altermondialistes utilisaient le réseau et les SMS pour s’organiser dans les rues. Nous voyons maintenant une forme de manifestation étendue aux cybermondes.
De l’autre, la rapidité avec laquelle ces informations sont transmises l’ impossibilité de le vérifier font que l’on est très sensible à la contagion des émotions qui caractérisent les foules. Enfin, il faut ajouter le fait que sur Twitter les informations les plus tragiques se superposent a des twitts qui leur sont totalement étrangères. Voir à coté de la répression sauvage qui a lieu à Téhéran des liens vers une sextape ou un message Make money fast est quelque peu décourageant.
Chez Ubisoft
J’ai été invité hier par Isabelle Mallet et Célia Villaman de Ubisoft. Grands open spaces, cafétaria agréable avec deux consoles de jeux (et non, je n’ai pas eu le temps de jouer), population plutôt jeune, ambiance feutrée et travailleuse, et puis quelques vitrines dans lesquelles ont peut voir les icones d’Ubisoft. Les figurines d’Assasin Creed étaient en bonne place et faisaient très envie.
Isabelle Mallet et Célia Villaman font partie du Strategic Innovation Lab, qui est un think tank interne à Ubisoft. Le laboratoire fait de la prospective et de la recherche sur des questions que se pose la société. Cela permet de mettre les différentes équipes aucontact de nouvelles façons de penser et de travailler. Sa fonction est d’explorer de nouvelles idées, de nouvelles méthodes et de soutenir les processus d’innovation de l’entreprise
Un des projets du Strategic Innovation Lab concerne la fameuse question de l’addiction aux jeux vidéo. En toute immodestie, je dois dire que je suis heureux d’avoir contribué à dégonfler cette baudruche. Nous avons eu une réunion de travail de plusieurs heures ou j’ai pu exposer mes positions, et, la discussion aidant, approcher quelques nouvelles formulations. Je ferais sans doute une série de billets sur la série de problèmes qui font que l’addiction aux jeux vidéo est juste une chimère.
Je ne sais pas ce que donnera cette réunion de travail, mais je suis toujours heureux de rencontrer et de penser avec des personnes qui partagent un de mes intérêts . Il y a tout un travail à faire sur les jeux vidéo. La théorisation et la compréhension des pratiques en milieu naturel et celles qui utilisent le jeu vidéo comme une médiation thérapeutique ou éducative n’en est qu’ a ses balbutiements. Il y a aussi une histoire du jeu vidéo à faire : les machines, les entreprises, les jeux, les communautés. Et puis, il y a le travail qui est mené outre atlantique sous le nom de game studies qu’il serait bon de faire connaître ici. La position qui consiste à ignorer ce qui se passe de part et d’autre de l’atlantique est très coûteuse pour la communauté de chercheurs. Pourquoi la prolonger ? Bref, les choses bougent ! Même les ÜberActeurs comme Ubisoft sont maintenant dans l’arène.
Comme le chantait Sylvebarde : Nous venons, nous venons au roulement des tambours : tarounda rounda rounda rom !
psychologie x.0
Le rendez-vous avait été pris banalement en ligne. Un court message : "je souhaiterais un rendez-vous." Il provenait de mon compte Facebook. Je sais qu’il existe des réseaux sociaux de psychothérapeutes. Les psychothérapeutes s’y présentent, et les patients peuvent faire leur choix en fonction d’une série de clés : proxmimité géographique, background théorique annoncé, notation des autres patients, étiquettes, commentaires… J’y ai des comptes sur quelques uns, mais ils sont plutôt inactifs. Je n’ai jamais aimé la foule, et je l’aime encore moins lorsqu’il s’agit de psychothérapie.
J’ai renvoyé au patient une proposition de rendez-vous par mail sécurisé. J’y ai joint un fichier expliquant le pourquoi du cryptage, et comment se procurer une clé PGP. Le patient m’a répondu assez rapidement, par mail sécurisé également, ce qui laisse penser qu’il a les compétences techniques pour ce genre de travail. Il existe en effet toute une série de pré-requis au travail psychothérapeutique en ligne. Malheureusement, ils sont trop souvent insuffisamment pris en compte. Connaître l’Internet, ses plis et ses recoins, en est un, et ce n’est certainement pas le moindre
Le jour dit, et à l’heure proposé, le patient est là. C’est une patiente, du moins est-ce ainsi qu’elle a choisit de se présenter. Elle se prénomme Nina. Le canal vidéo reste éteint, mais l’image n’aurait pas été une preuve identifiante. On trouve dans l’open source toute une série de programmes qui capturent le flux vidéo de la webcam et qui superpose à son visage un visage que l’on s’est choisit. Les adolescents adorent ce dispositif qui leur permet de se donner à voir avec la tête de leur idole du moment. Mais les adultes l’utilisent aussi pour consulter incognito. Ils choisissent alors dans une bibliothèque d’ image celle qui leur semble le plus s’approcher du visage d’un homme sans qualité, ou ils utilisent des images de visage de leur famille.
Pendant l’échange, Nina envoie quelques bots sonder les répertoires du bureau en ligne et leurs contenus. Elle ne s’arrête donc pas à l’apparence que j’ai donné au cabinet, mais va à la racine du serveur. Pour autant, les bots sont très précautionneux, preuve d’une grande délicatesse de leur programmeur. Ils ne cherchent pas à outrepasser les limites qui leur sont données. Ils prennent connaissance du robot.txt et téléchargent quelques docs. Il s’agit d’une première exploration, un peu comme quand un patient explore du regard le cabinet dans lequel il est entré. Quelques bots filent à l’extérieur du cabinet et je les perds rapidement de vue. Sans doute sont ils en train d’explorer la googlospère à la recherche de données me concernant. Mes qualifications sont en évidence dans le bureau, mais je suppose que Nina est une jeune femme prudente. Elle va sans doute questionner quelques registres, comme les archives des université mentionnées dans mon CV et les Délégations Régionales de la Santé pour vérifier la validité de mes diplômes. En quelques secondes, tout mon cursus universitaire sera rapatrié dans un de ses espaces personnels.
La sécurité est vraiment un point important du travail en ligne. Certains adolescents passent leur psychothérapie à tenter de rompre les défenses de leur psychothérapeute. Et il est vital que ces défenses tiennent le choc. J’ai chosi d’utiliser un bureau par patient. Chaque bureau garde une trace des échanges. Si un patient laisse traîner un document, il le retrouvera à sa prochaine visite. S’il le modifie, il retrouvera également les modifications. Et s’il le détruit, il ne le retrouvera pas. C’est une position qui n’est pas sans poser quelques difficultés lorsque par exemple, le patient utilise l’espace thérapeutique comme lieu de stockage ou d’élevage de programmes malveillants. Mais qui a dit qu’une psychothérapie devait être facile ?
Un autre point important est l’identification. Qu’importe la forme que prend le patient pour consulter. Mais il est important que chacun puisse être différencié de tous les autres par le psychothérapeute. Le nombre de jaloux pathologiques qui prennent une identité fictive pour pénétrer l’espace psychothérapeutique dans l’espoir d’y trouver des éléments pour nourrir leur jalousie est proprement étonnant !
Il y a eu une discussion chez les psychothérapeutes. Quelle marge de manoeuvre doit-on laisser au patient ? Des patients souhaitent effacer toute trace de leur passage, et utilisent des robots pour ce faire. Ces robots peuvent ils effacer les entrées concernant le patient jusque sur l’agenda du psychothérapeute ? A qui appartiennent les échanges ? A qui appartiennent l’enregistrement des échanges ? Et quelles sont les données que le psychothérapeute peut avoir de son patient. Certains psychothérapeutes commencent les recherches dès la prise de contact. Les réseaux sociaux, les sites de partage de documents, les blogues, les commentosphères … tout cela est exploré, trié, archivé. Après tout, ces données sont dans l’espace public. Mais doit on les faire entrer dans l’espace psychothérapeutique ? Pour ma part, je préfère m’ abstenir et me contenter de ce que le patient choisit de m’apporter.
Les bots de Nina sont de retour. J’ai le temps de les voir de plus près : ils sont translucides, sortes de méduses du cyberespace qui laissent entrevoir le code qui les constitue. Ce qui me frappe, c’est l’espèce de pureté et de beauté du code. Et aussi le fait que le code, dans sa forme, ressemble lui aussi à une méduse. Il faut vraiment de grands talents de programmation pour pouvoir arriver à cette concordance parfaite.
En ligne, les patient ne viennent jamais seuls. Ils ont quelques bots, certains commerciaux, d’autres faits maison. Ce premier environnement numérique, la forme et les relations que le patient a avec lui est déjà une première source d’information. Mais ils ont surtout toute la poussière des données accumulées pendant leur surfs dans le cyberespace. Les régions qui sont explorées, les mots qui sont le plus souvent frappés au clavier, les images et sons rencontrés, tout cela forme un halo qui est spécifique à chacun. En y regardant de plus près, on peut parfois observer des strates qui correspondent à des périodes de la vie du patient. Ceux qui viennent de familles très nerds ont même des strates qui remontent à avant leur naissance : les conversations des parents, voire même leur enfance apparaissent parfois. Quelques psychologues ont tenté de construire une cybertypologie, mais celle ci ne fonctionne pas très bien. Le problème est la trop grande quantité de données qui font que l’on ne sait plus ou tourner le regard. J’y vois trop clair ! Il faut que je me crêve un oeil, chantaient les surréalistes. Ici aussi, un peu de clair obscur est parfois le bienvenu.
Il faut avouer que Nina ne pose pas ce genre de problème. A la voir, il semblerait qu’elle vient de naître au cyberespace. Pas de strate, pas d’histoire, pas de poussière de navigation. Juste elle.
Visualiser les conversations
Je cherche un programmeur pour construire un outil de récupération de données.
En 1937, Jacob Moreno a commencé à dessiner sur des feuilles de papier les relations qui existent entre les personnes dans les groupes. On avait ainsi d’un seul coup d’oeil les relations amicales ou d’ inimitié qui existent dans un groupe. Pour pouvoir tracer le graphe du groupe, il fallait que chaque membre réponde à un questionnaire. On posait alors des questions du genre : de qui vous sentez vous le plus proche ?
Cela apporte des informations, mais aussi un biais, puisque les réponses sont "contaminées" par l’image que souhaite donner la personne de ses liens avec les uns et les autres.
Avec Internet , ce biais est moins important : le laboratoire est dans la rue. Toute interaction laisse une trace qui peut être recueillie. Mieux : on peut recueillir les interactions passées.
Je travaille sur la façon dont les groupe naissent, vivent et meurent sur Intenet. Mon approche est psychanalytique. Il s’agit de voir si ce que l’on sait des groupes hors ligne fonctionne aussi en ligne. D’évidence, la morphologie des groupes hors ligne est différente de celle des groupes en ligne. D’un coté, on a le face-à-face et l’interdiscusivité et de l’autre l’absence de face-à-face et l’intertexualité. Pourtant, nous connaissons tous des moments ou les groupes flambent. Dans ces moments, la conduite des personnes est tout à fait irrationnelle. La vie affective et imaginaire prend le dessus. Les accusations paranoïaques prennent forme et l’on se trouve parfois un bouc émissaire. Ce sont ces moments qui me donnent à penser que les dynamiques hors et en ligne peuvent être rapprochées.
J’aimerais travailler ces questions en partant d’une autre base que la psychanalyse. Après Moreno, des mathématiciens et des sociologues se sont emparés de la question des groupes. Une nouvelle discipline est néé : l’analyse des réseaux sociaux. Les moments clés de la mise en place de cette discipline sont maintenant généralement connus du public avec des notions comme le nombre de Dunbar ou encore la force des liens faibles. Des logiciels comme Pajek ou GUESS permettent de faire des analyses et de visualiser les graphes de réseaux sociaux.
Le problème reste la collection des données. Récolter les données d’une année de discussion sur une liste de diffusion ou un groupe USENET apporterait une quantité d’information importante, mais la tache est immense !
J’ai donc besoin d’automatiser le recueil de ces données
Il me faudrait un programme qui récupère les headers d’archives mail ou de groupes USENET : nom, nom du fil, date, et surtout en réponse à qui. Ce dont j’ai besoin c’est : qui parle ? A qui ? et quand. Le fichier de sortie de ce programme peut être au format fichier CSV, Guess ou PAJEK.
Cela permettrait de visualiser à l’interieur d’un groupe les interactions et comment elles se modifient. Par exemple, quelle place est faite à un nouveau ? Comment le groupe se modifie-t-il pour l’accueillir, l’ignorer ou le rejeter ? Comment naissent les flames wars ? Comment passent elles de groupe en groupe ?…
Ayant comme talent en programmation un malus de – 20, il ne m’est pas possible de réaliser ce programme. D’ou ce billet-lettre-à-la-mer
De tels progammes existent. Les laboratoires Microsoft ont produit People Garden, Netscan ou SNARF qui permettent de visualiser la croissance d’un groupe. Nathalie Henri a écrit NodeTrix [pdf]. Mais, curieusement, ces programmes ne sont pas partagés dans la communauté académique. Mon hypothèse est qu’il y a là des enjeux économiques forts : le savoir sur les relations en ligne peut se négocier auprès des marques.
Si vous avez des talents de programmeur et que ce travail vous intéresse, contactez moi ! Si vous connaissez un programmeur qui serait intéressé par ce travail, donnez lui l’adresse de ce billet !
Quand l’addiction aux jeux video s’invite a table
La journée de mardi du colloque jeu Vidéo au croisement du social, de l’art et de la culture s’est terminée par une sympathique soirée au restaurant. Trois tablées bruissantes de désir d» échanger sur les jeux vidéo.
La question de l’addiction aux jeu vidéo a bien entendu fini par s’inviter à la table ou j’étais. Ce que je constate, c’est que les non-psychologues restent souvent en retrait parce qu’ils considèrent qu’ils n’ont pas les compétences pour trancher dans le débat. Ils le suivent cependant. La discussion m’a opposé à Thomas Gaon,psychologue clinicien, président de l’OMNSH et je me vante d’avoir son amitité. Thomas a écrit une courte mais vigoureuse critique de la notion d’addiction1. Sa conclusion est claire
La captation des usages problématiques du jeu en ligne par l’addictologie amène ainsi au fait accompli : s’il existe une offre de soins spécialisée il y a donc bel et bien une maladie relevant de cette spécialité. Thomas Gaon
On peut lire ici la conclusion dans son ensemble.
Si l’on déclare l’ existence d’une addiction aux jeux vidéo, on aura les toxicomanes du jeu vidéo. Est ce que je trahis sa pensée ?. Est-on prêts, nous, psychologues et psychothérapeutes, à continuer de créer cette chimère ?
Il ne faut pas se méprendre : ce ne sont pas que des mots. Avec eux viennent des politiques de santé publique, de l’argent et la vie d’enfants, d’adultes et de leurs familles. Il faudra alors pour chaque "dépendant au jeu vidéo" faire une déclaration à la MDPH ou, s’il s’agit d’adulte, faire une demande d’AAH. Je suis persuadé que c’est la pire façon de faire.
Dans la discussion que j’ai eue avec lui, Thomas part d’un constat général sur la culture pour finir sur la description d’un individu qui serait enclin à utiliser les processus de négation. Ce "néosujet", comme il l’appelle, partagerait des manières d’être avec ce que décrit Joyce Mc Dougall. On peut bien entendu suivre ce raisonnement. Il n’est pas si différent de ce que l’on peut lire dans Un monde sans limites de Jean-Pierre Lebrun.
So What ? Il manque l’essentiel : l’articulation de cela avec l’addiction aux jeux vidéo. D’un point de vue intellectuel, on peut tout à fait faire des liens sur des choses tellement rabachées par les psychologues et les psychanalystes qu’elles sont souvent acceptées sans plus de réfléxion : le déclin de l’imago paternelle, la monoparentalité, l’enfant non-séparé de sa mère, la demande d’illimité, la demande d’une satisfaction immédiate, les fonctionnements de type limite, narcissique et faux-self. le brouillage généalogique. Si son raisonnement est juste, on devrait trouver une catégorie spécifique de dépendants au jeux vidéo. Cela serait facile à vérifier avec des tests projectifs comme le Rorschach, par exemple. Mais, dans les entrefilets cliniques que l’on peut lire chez Michael Stora, rien ne le laisse supposé : l’addiction aux jeux vidéo y est comme une auberge espagnole, et on y trouve toutes les structures. En forçant le trait, on aurait comme raisonnement : les enfants deviennent dépendants au jeux vidéo parce qu’ils manquant de pères.
J’avais écrit : les enfants deviennent accro. Et j’ai changé le mot par dépandants. C’est vrai que l’on dit souvent "accro aux jeux vidéos". C’est une image, on comprend immédiatement ce que cela veut dire, on en partage l’évidence. Et l’on passe sous silence que l’on s’accorde précisément sur cela : une image. C’est comme si. C’est une métaphore. Rien de plus.
- elle est publiée dans un numéro de la revue Quaderni composé par Sebastien Genvo [↩]
Hier à Limoges
Est-on en train de voir la naissance d’une communauté scientifique sur le jeu vidéo ?
Hier, à Toulouse Limoges, des chercheurs et des praticiens des jeux vidéo avaient répondu à l’appel de Sebastien Genvo. Pendant trois jours, ils ont échangé des idées sur cet objet déjà vieux de quarante ans. Le thème du colloque – Le jeu vidéo au croisement du social, de l’art et de la culture est assez large pour permettre beaucoup d’angles différents. Je ne peux malheureusement pas participer a la troisième journée qui est consacrée à des ateliers, mais le programme fait envie : aujourd’hui, on travaille sur le Héros, sur l’ apprentissage dans les jeux vidéo, frontière et… hélas ! addiction.
On peut y croiser les québécois que l’on avait déjà l’habitude de visiter en ligne : Bernard Perron, Maud Bonnenfant, Julien Rueff et Martin Picard. Les québecois bénéficient de leur proximité avec le grand frère américain et de leurs affinités avec le continent européens. Ils sont en bonne position pour faire un travail de passeur des idées américaines sur la question. Mais ils font bien plus que cela. Ils offrent des points de vue uniques sur le jeu vidéo.
On pouvait aussi y rencontrer les éditions Fyp qui ont déjà publié de très bons livres sur les mondes numériques. Cultures d’Univers, coordonné par Frank Beau est toujours une aussi bonne introduction aux problématiques numériques. Ils viennent de publier L’évolution des cultures numériques et personnellement j’attends beaucoup des Objets bavards de Bruce Sterling.
Jauss et l’horizon d’attente, Marc Augé et les non-lieux, Csikszentmihalyiflow et le flow… on trouve chez les uns et les autres les même références. C’est vraiment un plaisir d’entendre chez les autres frayer des voies de recherches similaires à celles que l’on explore soi même. Cela fait comme une polyphonie : ce sont les même auteurs, les même références, mais elles sont utilisées différemment.
Une communauté ne se crée par en un seul moment – sauf fait exceptionnel. Mais il est évident que des événements comme ce colloque de Limoges est une étape dans la constitution d’un corpus de savoirs sur le jeu vidéo.
Vivement le level suivant !
P.S. J’ espère que les discussions toujours trop courtes pourront profiter de l’illimité qu’offrent les nuages et se poursuive en ligne. Et surtout, surtout, que les contributions et le matériel de présentation puisse être aussi mis en ligne.
Conference Internationale sur l’utilisation de l’Internet en santé mentale
En Mai s’est tenue à Montréal une Conférence Internationale sur l’utilisation de l’internet en santé mentale
Depuis les première listes de diffusion, l’internet a été utilisé par des patients pour trouver information, aide et soutien. A partir des années 80, des professionnels ont commencé à utiliser le média pour effectuer un travail clinique. Beaucoup de problèmes et d’ obstacles ont été rencontré. D’abord, les psychothérapeute sont collectivement très peu enclin aux changements. Ensuite, les mondes en ligne ont leurs logiques propres qui peuvent les rendre difficilement compatibles avec un travail clinique : l’anonymat relatif du patient et du thérapeute, l’absence de la communication non verbale, le stockage des échanges, la question de la confidentialité…
Ces questions ont été travaillées par un groupe de psychothérapeutes réunis au sein de l’International Society fo Mental Helth Online. Ils ont fait y travail remarquable et ont mis en place les éléments de base de toute psychologie sur Internet : l’identité, les échanges, leurs dynamiques, les questions posées par l’anonymat et la confidentialité y ont trouvé des élaborations et parfois des solutions.
Le Web 2.0 a aussi rebattu les cartes dans le domaine de la santé mentale. Des réseaux sociaux comme Facebook sont utilisés à des fins de soutien ou psychothérapeutique. SecondLife est aussi utilisé dans ce sens. Des expérimentations ont lieu avec des enfants autistes avec des résultats similaires a ce qui avait été observé avec KidTalk : la technique peut être pour ces enfants une médiation efficace. Les questions se reposent également : peut on faire un travail psychothérapeutique sur Facebook ? Est ce possible ? Est ce souhaitable ?
Lorsque l’on voit le dynamisme de ces psychothérapeutes, on ne peut que se demander pourquoi rien n’en transpire en France ? Les sites de psychothérapie en ligne que j’ai pu visiter montrent en effet que la plupart des psychothérapeutes ignorent le travail fait par les collègues anglosaxons. Pire, certains, d’évidence, n’ont de psychothérapeute que le nom.
A la Conférence Internationale sur l’utilisation de l’internet en santé mentale beaucoup de membres de l’ISMHO étaient présents. John Grohol a été un des pionniers de la psychologie en ligne, et son site, psycentral.com a été primé par le Times. Miihelle Blanc est aussi membre de l’ISMHO et son introduction au colloque est une vraie leçon de tolérance. Combient de psychothérapeutes pourraient, en France, se présenter de cette façon ?
Les interventions sont accessibles ici http://bcooltv.mcgill.ca/ListRecordings.aspx?CourseID=2133 Elles sont en anglais, mais cela reste très accessible.



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